
Hongrie : le président Sulyok cède et signe la fin de son propre mandat
Sous la pression du nouveau premier ministre Péter Magyar, le chef de l’État a entériné une réforme constitutionnelle qui l’écarte du pouvoir, ouvrant une nouvelle phase de démantèlement de l’héritage Orbán.
Le président hongrois Tamás Sulyok a signé samedi l’amendement constitutionnel qui met fin à son mandat, a-t-il annoncé dans une vidéo diffusée sur Facebook. Ce texte, adopté le 14 juillet par le Parlement où le parti Tisza de Péter Magyar dispose d’une majorité des deux tiers, prévoit la cessation immédiate des fonctions du chef de l’État. Dès lundi, la présidente du Parlement, Ágnes Forsthoffer, assumera l’intérim, et les députés disposent de trente jours pour élire un successeur. La réforme impose également une limite d’âge de 70 ans pour les juges constitutionnels, ce qui entraîne le départ du président de la Cour, Péter Polt, réputé proche de Viktor Orbán, et instaure un mandat maximal de douze ans pour les parlementaires.
Selon les déclarations du gouvernement Magyar, cette révision constitutionnelle constitue une étape clé du « changement de régime » promis lors de la victoire électorale d’avril, qui a mis fin à seize années de pouvoir du Fidesz. Pour le premier ministre, cité par plusieurs médias d’Europe centrale, il s’agit de « rendre au peuple hongrois la certitude que le pouvoir peut être limité, que les biens publics peuvent être récupérés et que l’État peut de nouveau servir ses citoyens ». M. Sulyok, élu en 2024 avec les voix du Fidesz, a pour sa part dénoncé une procédure « sans précédent » et « honteuse », affirmant que les valeurs fondamentales de l’État de droit, de la démocratie et de la séparation des pouvoirs avaient été « piétinées au nom du pouvoir politique ». Il a toutefois indiqué n’avoir aucun recours juridique pour s’opposer à un amendement constitutionnel déjà voté.
Du côté de l’opposition, Viktor Orbán, qui se trouve actuellement aux États-Unis, a réagi en estimant que « la tyrannie n’est plus une menace, mais une réalité », tandis que son parti Fidesz a qualifié la réforme d’« autocratique ». Des organisations internationales de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont exprimé des réserves, jugeant que ces ajustements rappellent « l’ère du Fidesz ». Dans les capitales européennes, on observe avec attention ce processus de « désorbanisation » mené par un gouvernement qui se revendique pro-européen et entend restaurer l’accès aux fonds européens conditionnés au respect de l’État de droit. La Commission de Venise avait été saisie par le président sortant pour examiner la conformité du texte aux normes démocratiques, mais son avis n’a pas suspendu la procédure.
Au-delà du sort du président, l’amendement prévoit la création d’un Office national de recouvrement et de protection des avoirs, doté de pouvoirs étendus pour lutter contre la corruption, un phénomène que des organismes de surveillance avaient jugé endémique sous le précédent gouvernement. Le nouveau pouvoir annonce par ailleurs l’élaboration d’une Constitution entièrement nouvelle d’ici un an, destinée à remplacer la Loi fondamentale adoptée en 2011 sous l’impulsion de Viktor Orbán. D’ici là, le Parlement devra désigner un nouveau président de la République, pour un mandat transitoire de cinq ans ou jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau texte suprême.
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
| Presse européenne continentale | +0.70 | aligned |
The Hungarian president signed an unconstitutional amendment under pressure, denouncing the trampling of democratic values.
By centering the president's moral condemnation and framing the amendment as a violation of the constitution, the narrative creates a victimhood that delegitimizes the new government.
The Russian press omits the context that the new government is pro-European and that the president was a close ally of Orbán, as well as the fact that the amendment was passed by a large parliamentary majority.
The new Hungarian government's crackdown on the EV sector threatens $20 billion in Chinese investments and risks a geopolitical backlash.
By highlighting the economic stakes and the potential for a Chinese backlash, the narrative constructs a hierarchy of threats that prioritizes economic stability over domestic political changes.
The Atlantic press omits the entire constitutional crisis and the president's resignation, focusing only on the economic and geopolitical implications of the new government's policies.
The pro-Orbán president has been forced out, and the new prime minister is dismantling the nationalist network, restoring European democratic norms.
By framing the events as a democratic renewal and the triumph of European values, the narrative universalizes the change as a positive step for all of Europe, legitimizing the new government's actions.
The continental European press omits the president's own statement that the amendment violates the constitution and the moral dilemma he expressed, as well as the potential economic consequences of the new government's policies.
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