
À Shanghai, la Chine structure une gouvernance de l’IA tournée vers le Sud global
L’Organisation mondiale de coopération sur l’intelligence artificielle (WAICO) a été officiellement lancée, avec l’Indonésie parmi les fondateurs, tandis que Pékin promet 5 000 formations pour les pays en développement.
La conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) de Shanghai, du 17 au 20 juillet 2026, a été le théâtre de la création officielle de l’Organisation mondiale de coopération sur l’intelligence artificielle (WAICO), une enceinte multilatérale placée sous l’égide des Nations unies et destinée, selon les autorités chinoises, à empêcher l’apparition d’un « nouveau fossé numérique ». Le président chinois Xi Jinping y a annoncé l’ouverture de 5 000 possibilités de formation en IA pour les nations en développement sur cinq ans, ainsi que l’établissement de centres de coopération avec l’ASEAN, l’Union africaine, la Ligue arabe, la CELAC, l’OCS et les BRICS. L’Indonésie, représentée par le ministre coordinateur de l’Économie Airlangga Hartarto, a signé l’acte fondateur de WAICO, une décision qui, selon Jakarta, doit permettre au pays d’accéder en priorité aux discussions sur les normes internationales et d’attirer des investissements technologiques.
Les positions exprimées lors du sommet dessinent une fracture entre, d’un côté, les puissances établies de l’IA et, de l’autre, les économies émergentes qui réclament un accès non discriminatoire aux données, à la puissance de calcul et aux modèles. Pour la partie chinoise, le président Xi a plaidé pour une « symphonie de la coopération internationale » et mis en garde contre l’extension abusive du concept de sécurité nationale qui entraverait les échanges technologiques – une allusion aux restrictions américaines et européennes sur les semi-conducteurs avancés. La Russie, par la voix du vice-chef de l’administration présidentielle Maxim Oreshkin, a exigé que l’IA ne devienne pas un « club fermé » et a réclamé des garanties d’accès équitable aux ressources. Les délégations africaines, latino-américaines et asiatiques ont, selon les organisateurs, insisté sur la nécessité d’une gouvernance qui ne bride pas les stades précoces de développement, l’ancien président mongol Nambaryn Enkhbayar rappelant que « la gouvernance ne consiste pas à réglementer dès le début ».
L’initiative chinoise s’inscrit dans une stratégie plus large de structuration d’un écosystème d’IA alternatif, appuyé sur des atouts industriels et énergétiques. D’après les données relayées par la presse d’État chinoise, la consommation quotidienne de « tokens » a été multipliée par mille en deux ans, et la capacité de production électrique du pays – plus du double de celle des États-Unis – lui confère un avantage compétitif pour alimenter les centres de données géants. En marge de la conférence, le ministre indonésien Airlangga Hartarto a rencontré les dirigeants de Huawei et de ByteDance pour élargir la coopération dans le cloud, l’IA générative et la formation de talents numériques, tout en sollicitant un environnement d’affaires « juste et équitable » pour les entreprises chinoises en Indonésie, selon le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. Jakarta projette que l’IA pourrait contribuer à hauteur de 366 milliards de dollars à son économie d’ici 2030, un chiffre qui motive son engagement dans WAICO et sa volonté d’accélérer le transfert de technologies.
La conférence de Shanghai intervient dans un contexte de compétition technologique aiguë entre Washington et Pékin, les États-Unis ayant réaffirmé en mai 2026 leurs restrictions sur les exportations de puces avancées vers les filiales d’entreprises chinoises à l’étranger. En réponse, la diplomatie chinoise a mis en avant le caractère inclusif de WAICO, conçue, selon Wang Yi, pour « les pays du Sud global » et pour empêcher que l’IA ne creuse de nouvelles inégalités historiques. Les prochaines étapes incluent le déploiement des centres de coopération régionaux promis par Pékin, le lancement des programmes de formation et la présentation par Airlangga Hartarto d’un rapport au président indonésien Prabowo Subianto, qui devrait définir la feuille de route nationale en matière d’IA et de robotique. La première réunion plénière de WAICO est attendue dans les mois à venir, avec pour enjeu la définition de standards communs de gouvernance.
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.30 | aligned |
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| Presse chinoise | +0.50 | aligned |
| Presse africaine subsaharienne | +0.80 | aligned |
L'Indonésie se positionne comme un acteur en rattrapage, cherchant à tirer parti de la coopération avec la Chine pour combler le fossé technologique.
En mettant l'accent sur les projections économiques et les partenariats concrets, le discours indonésien transforme la dépendance technologique en opportunité de croissance.
Il omet toute discussion sur les risques de dépendance technologique vis-à-vis de la Chine ou sur les implications pour la souveraineté des données.
La Chine se présente comme le leader naturel du Sud global, promouvant un accès équitable à l'IA pour prévenir une nouvelle fracture numérique.
En utilisant le langage de la coopération et du consensus international, la Chine universalise ses propres intérêts comme un bien commun mondial.
Il omet les critiques occidentales sur la gouvernance de l'IA et l'utilisation potentielle de l'organisation pour étendre l'influence chinoise.
L'Afrique accueille la Chine comme un bienfaiteur, reconnaissant les initiatives de formation comme un pas vers la souveraineté technologique.
En rapportant les promesses de Xi Jinping sans critique, la presse africaine légitime le leadership chinois comme altruiste et nécessaire.
Il omet les préoccupations concernant le contrôle chinois sur les données et le manque de transparence dans les initiatives de formation.
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