
L’UE désigne Pékin comme défi stratégique, les réalignements s’accélèrent
De la Méditerranée à la mer de Chine méridionale, les rapports de force se redessinent autour des rivalités de puissance et des coopérations régionales.
Le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne a adopté, lundi 16 juillet, un rapport de cadrage stratégique qui qualifie la Chine de « défi stratégique critique à long terme » pour la sécurité européenne. Le document, intitulé « Compréhension commune – Les menaces et défis auxquels nous faisons face », pointe le comportement « de plus en plus affirmé » de Pékin dans les mers de Chine orientale et méridionale ainsi que dans le détroit de Taïwan, et juge qu’un changement de statu quo dans ce dernier aurait « un impact profond sur la sécurité mondiale ». Taïwan, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a « sincèrement salué et apprécié » cette position, y voyant une convergence avec ses propres mises en garde contre les actions coercitives de la Chine continentale, et s’est engagé à coopérer avec l’UE et les « partenaires partageant les mêmes valeurs ».
Dans le bassin méditerranéen, la recomposition des équilibres passe aussi par la capacité de puissances moyennes à jouer de leur autonomie stratégique. Selon un rapport de l’Institut espagnol d’études stratégiques (IEEE), le Maroc s’impose comme une charnière énergétique et diplomatique, au carrefour des routes commerciales, des infrastructures portuaires et des câbles sous-marins. L’étude relève que les échanges entre la Chine et les pays arabes de la région ont atteint près de 394 milliards de dollars en 2023, et que l’influence chinoise s’étend désormais aux financements des nouvelles routes de la soie. Dans ce contexte, Rabat cultive une « prudence stratégique » – illustrée par son abstention lors du vote onusien condamnant l’invasion russe de l’Ukraine – qui lui permet de négocier avec plusieurs partenaires sans dépendre exclusivement de l’Europe ou des États-Unis. Pour Madrid, directement exposée aux tensions entre le Maroc et l’Algérie ainsi qu’à l’instabilité au Sahel, cette interdépendance énergétique et logistique confère à la relation bilatérale une dimension sécuritaire de premier plan.
Au Moyen-Orient, le rapprochement entre l’Égypte et la Turquie illustre une autre facette de ces réagencements. Après une décennie de quasi-rupture, les deux pays ont engagé une coopération militaire et sécuritaire inédite, matérialisée par des manœuvres conjointes et la signature d’une « lettre d’intention » pour approfondir l’intégration de leurs industries de défense. Des analystes turcs, cités par le quotidien An-Nahar, y voient une « nécessité inévitable » face à la posture expansionniste israélienne et aux bouleversements provoqués par la guerre à Gaza et les frappes américano-israéliennes contre l’Iran et ses alliés. Côté égyptien, on insiste sur le refus d’entrer dans des alliances formelles, tout en reconnaissant que ce partenariat bilatéral « causera de l’inquiétude à Israël ». Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des partenariats, Ankara cherchant à la fois à réintégrer les circuits technologiques occidentaux – comme en témoignent les discussions sur la reprise des livraisons de F-35 – et à préserver ses liens avec Moscou.
En Asie du Sud-Est, la priorité affichée par les pays de l’ASEAN est à la stabilisation par le droit. Un membre du Conseil de la mer de Chine méridionale, Anak Agung Banyu Perwita, a ainsi exhorté l’ASEAN et la Chine à accélérer la conclusion d’un Code de conduite (COC), estimant que « la stabilité à long terme ne sera pas déterminée par les débats sur les contentieux passés, mais par la capacité des États de la région à bâtir des mécanismes de gouvernance inclusifs et durables ». Cette approche, qui privilégie la gestion des crises et le refus des blocs géopolitiques, rencontre les préoccupations exprimées à Bruxelles sur l’interconnexion croissante entre sécurité indo-pacifique et sécurité européenne. Le rapport du Conseil de l’UE insiste d’ailleurs sur le fait que « la sécurité de l’Indo-Pacifique et celle de l’Europe sont plus liées que jamais ». Les prochaines étapes de ces différents dossiers – négociations sur le COC, éventuelle levée des sanctions américaines liées au système S-400 turc, approfondissement de la coopération égypto-turque – dépendront de la capacité des capitales concernées à transformer ces rapprochements tactiques en architectures de coopération durables.
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
Regional powers in the Mediterranean and Middle East redefine their alliances, while the EU's focus on China is just one piece of a larger mosaic.
The mechanism shifts focus from the global China-EU confrontation to regional dynamics, presenting the EU report as one element among many in a complex reorganization.
The bloc omits mentioning that the EU report is specifically about China, not about regional dynamics, to avoid prioritizing the European narrative.
ASEAN and China must focus on a procedural agreement to manage disputes, while the EU's alarm about China is secondary to regional stability.
The mechanism reduces the Chinese threat to a matter of negotiation and rules, shifting focus from condemnation to seeking practical solutions.
The bloc omits mentioning that the EU report criticizes China as a systemic challenge, preferring to frame China as a partner to negotiate with.
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