
Soudan : le Conseil des droits de l’homme ordonne une enquête urgente sur El-Obeid
La résolution adoptée par consensus exige un cessez-le-feu immédiat et l’accès humanitaire, alors que les violences contre les civils s’intensifient et que les ingérences extérieures sont pointées du doigt.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté lundi par consensus une résolution ordonnant une enquête urgente sur les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains à El-Obeid, dans le Nord-Kordofan soudanais. Porté par le Royaume-Uni et soutenu par quatorze autres États, dont l’Allemagne, l’Irlande et la Norvège, le texte condamne les attaques des Forces de soutien rapide (FSR) et de leurs alliés contre les zones civiles, ainsi que les frappes aériennes et les tirs de drones imputés aux deux parties. Il exige une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu immédiat, un accès sans entrave pour l’aide et la protection des civils, tout en dénonçant « toutes les formes d’ingérence extérieure » qui alimentent le conflit.
La résolution a été adoptée malgré l’opposition des autorités soudanaises alignées sur l’armée régulière, qui contestaient le maintien du mandat de la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan. Le Conseil a néanmoins chargé cette mission de mener l’enquête sur El-Obeid et d’en présenter les résultats lors de sa prochaine session, en septembre. La Chine s’est dissociée du consensus, estimant que de telles enquêtes ciblant un pays sans son accord ne devaient pas être soutenues. Des organisations africaines de défense des droits humains, comme DefendDefenders, ont regretté que le texte n’ait pas nommément cité les acteurs extérieurs qui, selon elles, fournissent des armes aux FSR, en particulier les Émirats arabes unis. Abou Dhabi, régulièrement accusé par Khartoum et par des experts onusiens de soutenir militairement les paramilitaires, a démenti à plusieurs reprises et a annoncé, lundi également, une aide humanitaire d’urgence de 30 millions de dollars pour les civils d’El-Obeid.
L’urgence humanitaire est soulignée par plusieurs rapports onusiens. L’Unicef a alerté qu’au moins 330 enfants ont été tués ou blessés depuis le début de l’année, souvent chez eux, sur les marchés ou en tentant d’accéder à des soins. Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme a documenté 546 incidents de violences sexuelles liées au conflit, touchant au moins 838 victimes, majoritairement des femmes et des filles, dans seize des dix-huit États soudanais. Viols collectifs, esclavage sexuel et enlèvements sont utilisés pour terroriser les communautés, et certains actes pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, selon l’ONU. Le siège d’El-Obeid par les FSR, qui rappelle la prise d’El-Facher l’an dernier où 6 000 personnes avaient été tuées en trois jours, fait craindre une nouvelle « catastrophe des droits humains », selon le Haut-Commissaire Volker Türk.
Sur le plan diplomatique, le Conseil réaffirme qu’« il n’existe pas de solution militaire au conflit » et appelle à un règlement négocié inclusif, conduit par les Soudanais eux-mêmes, conformément aux principes de Berlin adoptés lors de la récente conférence sur le Soudan. La résolution insiste sur la responsabilité pénale, salue le rôle de la Cour pénale internationale et demande que les auteurs de violations rendent des comptes. Alors que l’envoyé personnel du Secrétaire général, Pekka Haavisto, poursuit ses efforts de médiation, la perspective d’une désescalade reste tributaire de la pression internationale sur les parties et leurs soutiens extérieurs, dans un conflit qui a déjà fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes depuis avril 2023.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.30 | critical |
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
| Presse israélienne | −0.80 | critical |
Les enfants du Soudan sont tués et blessés chez eux, sur les routes, sur les marchés. La guerre doit cesser ; la communauté internationale doit les protéger.
En citant des chiffres précis de l'UNICEF et des citations directes du chef pour le Soudan, le bloc crée un impératif factuel et moral qui universalise la souffrance des enfants, en faisant une préoccupation mondiale.
Le bloc omet toute attribution de responsabilité pour la violence contre les enfants, évitant de nommer les RSF ou l'armée soudanaise comme auteurs.
La communauté internationale, dirigée par l'ONU et soutenue par les Émirats arabes unis, doit garantir l'accès humanitaire et un cessez-le-feu. Les Émirats sont aux côtés du peuple soudanais.
Le bloc utilise l'autorité de la résolution de l'ONU et l'engagement concret d'aide des Émirats pour présenter un récit d'engagement international constructif, suggérant que les solutions diplomatiques et humanitaires sont la voie à suivre.
Le bloc omet les objections des autorités de Port Sudan à l'enquête de l'ONU et évite d'attribuer la responsabilité de la violence à une partie spécifique.
L'ONU a agi ; la Grande-Bretagne met en garde contre les atrocités. La décision est prise.
Le bloc s'appuie sur l'autorité de Reuters et de l'ONU pour présenter l'information comme un fait objectif, utilisant un style minimaliste qui implique que l'actualité parle d'elle-même.
Le bloc omet le contexte politique, y compris les objections de Port Sudan et les demandes spécifiques de la résolution.
Les RSF commettent des atrocités ; la communauté internationale doit agir pour les arrêter. La Grande-Bretagne et l'ONU prennent position.
Le bloc utilise la motion de l'ONU et la déclaration britannique pour légitimer une condamnation unilatérale des RSF, et invoque le précédent historique d'al-Fashir pour accroître le sentiment de menace et d'urgence.
Le bloc omet toute référence à la violence de l'armée soudanaise ou à la crise humanitaire plus large, se concentrant uniquement sur la culpabilité des RSF.
Élargis ton regard
Pétrole : l’OPEP+ poursuit le relèvement de sa production avec une hausse de 188 000 barils par jour en août
9 langues · 23 sources
Depuis TechnologyWhatsApp contraint de suspendre le déploiement des noms d’utilisateur sous la pression de New Delhi
3 langues · 5 sources
Depuis Science & HealthStress et sédentarité : pourquoi l’exercice régulier change la donne pour le cœur et l’intestin
5 langues · 11 sources