
Quand l’ennui forgeait la résilience : leçons d’une génération sans écrans
Des études en Amérique latine et ailleurs montrent que l’hyperconnexion actuelle contraste avec l’autonomie et la créativité nées de l’ennui chez les enfants d’hier.
Courir pieds nus dans les rues du quartier jusqu’à ce que la voix d’une mère, portée par le crépuscule, annonce la fin du jour. Cette scène, familière à des millions d’enfants latino-américains des années 1960 à 1990, n’avait rien d’un abandon : elle constituait un apprentissage. Aujourd’hui, un enfant qui pleure ou s’impatiente reçoit souvent, en guise d’apaisement, un téléphone portable. Ce geste, que les spécialistes argentins nomment le « chupete digital » (la tétine numérique), illustre un basculement générationnel dont les conséquences commencent à être mesurées.
Les recherches en psychologie de l’enfant, notamment une méta-analyse publiée dans la Review of Education, suggèrent que l’ennui, loin d’être un vide stérile, agit comme un moteur de la créativité lorsque les enfants ne disposent pas de distractions immédiates. En Amérique latine, des études relayées par la presse argentine rappellent que les jeux de rue, les disputes résolues sans adulte et les petites éraflures aux genoux ont fonctionné comme un « entraînement précoce à l’autonomie et à la confiance ». Selon des travaux cités par le quotidien La Nación, cette exposition modérée au stress, qualifiée d’« inoculation », a favorisé le développement de la tolérance à la frustration et de la résilience chez toute une génération.
Ce tableau contraste avec l’hyperconnexion contemporaine. Une enquête de la société de cybersécurité NordVPN, menée au Brésil, révèle que le Brésilien moyen passera l’équivalent de cinquante-deux ans de sa vie en ligne, soit plus des deux tiers de son existence. Dans le même temps, la Société argentine de pédiatrie alerte sur les effets d’une exposition quotidienne aux écrans supérieure à deux heures chez les jeunes enfants : troubles de l’attention, retards de langage et difficultés de régulation émotionnelle. À Buenos Aires, 44 % des parents interrogés déclarent que leur enfant utilise des appareils électroniques entre deux et cinq heures par jour. L’omniprésence des écrans ne touche pas seulement les plus jeunes : des psychologues argentins observent que de nombreux adultes allument la télévision en rentrant chez eux non par ennui, mais pour éviter de se retrouver seuls avec leurs pensées, un comportement d’évitement émotionnel qui s’est installé dans les routines domestiques.
Cette immersion numérique permanente ouvre aussi la voie à de nouvelles vulnérabilités. En Argentine, neuf personnes de plus de 60 ans sur dix ont déjà été exposées à des tentatives de fraude en ligne, et 63 % d’entre elles éprouvent de la peur ou de la méfiance lorsqu’elles utilisent des applications bancaires. Les escroqueries se sophistiquent : aux États-Unis, de faux courriels de Booking.com promettent des avoirs de voyage pour dérober des données personnelles ; en Russie, des fraudeurs menacent des étudiants d’annuler leurs résultats d’examen pour extorquer de l’argent. L’organisme public argentin ANSES a dû multiplier les avertissements contre les appels et messages falsifiés qui imitent son identité visuelle.
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour réhabiliter des espaces de déconnexion. Durant les vacances d’hiver australes, des spécialistes de la citoyenneté numérique plaident pour un « reset digital », une reconnexion avec le jeu libre, le mouvement et les interactions sans écran. L’enjeu n’est pas de diaboliser la technologie, mais de préserver ces moments où l’imagination, privée de stimuli immédiats, invente ses propres règles. L’image des genoux écorchés et des courses au crépuscule demeure, pour beaucoup, le souvenir d’une liberté qui a forgé des adultes capables d’affronter l’incertitude avec humour et résilience.
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.30 | aligned |
L'individu contemporain marche avec le smartphone à la main, submergé par une avalanche de sollicitations, plein d'amis virtuels et illusoires. La crise de l'écoute est causée par les technologies numériques qui captent l'attention et éliminent le réel.
Il utilise un langage dramatique et l'autorité d'un anthropologue français pour présenter la situation comme un cauchemar collectif, rendant la critique indiscutable.
Il ne mentionne pas les solutions potentielles ni les avantages de la connectivité numérique.
Les experts recommandent de retrouver l'ennui comme moyen de se retrouver soi-même. La santé mentale des étudiants montre des signes d'anxiété et d'isolement. La fatigue chronique est un symptôme clinique courant.
Il transforme le problème en une question de santé publique, utilisant des études et des avis d'experts pour légitimer l'inquiétude.
Il ne prend pas en compte les facteurs économiques ou sociaux qui poussent à l'hyperconnexion.
Dans le chaos numérique, la lecture est un raccourci vers une vie plus profonde. Refuser l'ennui signifie choisir la lecture plutôt que le défilement sans fin.
Il présente la lecture comme une solution simple et accessible, en la contrastant avec la passivité des vidéos courtes.
Il n'aborde pas les causes profondes de la dépendance numérique, comme la conception des plateformes.
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