
Le Cachemire entre mobilisation politique à Delhi et contestation sociale au Pakistan
Alors que la National Conference prépare une manifestation à New Delhi pour exiger le rétablissement de l’État du Jammu-et-Cachemire, le Pakistan voisin fait face à une vague de protestations au Cachemire occupé et à des violences meurtrières au Baloutchistan.
Le parti au pouvoir au Jammu-et-Cachemire, la National Conference (NC), a annoncé une manifestation le 20 juillet à Jantar Mantar, à New Delhi, coïncidant avec l’ouverture de la session parlementaire de la mousson. Selon les responsables de la NC, cette mobilisation vise à exiger du gouvernement de l’Union indienne le rétablissement « sans plus attendre » du statut d’État complet, promis par la Cour suprême en décembre 2023 mais non honoré après la tenue des élections locales de 2024. Une résolution adoptée à l’unanimité par plus de 150 représentants de la société civile du territoire, réunis à Srinagar sous la présidence de Farooq Abdullah, a formalisé cette revendication, qualifiant le délai d’« inacceptable » et l’expression « moment opportun » employée par le pouvoir central de « formule vague et intemporelle ».
Parallèlement, de l’autre côté de la Ligne de contrôle, le Pakistan est confronté à une contestation d’une ampleur inédite dans la région du Cachemire sous son administration (PoJK). D’après les organisateurs du Joint Awami Action Committee, les manifestations, entrées dans leur 29e jour, ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes, notamment des femmes et des enfants, contre la vie chère et les restrictions d’approvisionnement. Un ultimatum a été lancé aux autorités pakistanaises pour le 8 juillet, menaçant de transformer les sit-in pacifiques en une marche massive vers Muzaffarabad si une charte de 38 revendications – allant des subventions alimentaires à l’abolition de sièges réservés aux réfugiés – n’est pas acceptée. Les médias locaux rapportent des heurts avec les forces de sécurité et un blocus économique dénoncé comme un « siège » par les protestataires.
Cette double pression s’inscrit dans un contexte régional de fragilité sécuritaire. Au Baloutchistan, province du sud-ouest pakistanais frontalière de l’Afghanistan et de l’Iran, une attaque contre un poste de police protégeant le chantier du barrage de Mangi a coûté la vie à neuf agents, selon les autorités provinciales. Les services de sécurité pakistanais ont imputé l’assaut à des « terroristes » et lancé une opération de ratissage, tandis que les médias d’Islamabad évoquent des frappes de représailles ayant tué quinze membres présumés du Tehreek-e-Taliban Pakistan. Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque, mais les responsables baloutches pointent régulièrement la porosité de la frontière afghane comme un facteur aggravant.
Pour les observateurs européens, ces foyers de tension illustrent la persistance d’une instabilité structurelle dans une zone où les promesses de normalisation institutionnelle, côté indien, et les revendications socio-économiques, côté pakistanais, se heurtent à des logiques sécuritaires. La manifestation de la NC à Delhi, premier test de mobilisation depuis les élections de 2024, intervient alors que le dossier du Cachemire reste un point de crispation entre New Delhi et Islamabad, mais aussi un enjeu de politique intérieure pour les deux capitales. La suite immédiate dépendra de la réponse du gouvernement indien à la résolution de Srinagar et de l’issue de l’ultimatum du 8 juillet au Pakistan, qui pourrait déterminer l’ampleur de la marche annoncée vers Muzaffarabad.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.30 | critical |
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
Indian Kashmir demands statehood restoration and denounces Pakistani repression in PoJK.
The unanimous civil society resolution legitimizes the statehood demands, and the PoJK protests are portrayed as a popular rebellion against Pakistani rule.
It omits the Balochistan attack that killed nine police officers, focusing solely on Kashmir protests.
Pakistani authorities and Gulf media condemn the terrorist attack and praise the security operation.
The term 'terrorist' delegitimizes the attackers and justifies the military response.
It makes no mention of the Kashmir protests in Indian and Pakistani Kashmir, focusing only on the Balochistan attack.
The Pakistani government and security forces report the attack and search operations.
Official sources provide the facts without assigning political blame, maintaining a detached tone.
It does not report the Kashmir protests or statehood demands, limiting itself to the Balochistan attack.
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