
Quand les refuges ferment leurs portes : un million de femmes privées d’assistance
Sous l’effet des coupes dans l’aide humanitaire et du poids de la dette, les organisations de femmes s’effondrent, laissant des millions de survivantes sans protection ni services essentiels.
Une femme se présente à la porte d’un refuge pour survivantes de violences, dans une zone reculée de la République démocratique du Congo. La porte est close. Le centre a fermé, faute de fonds. Cette scène, rapportée par les travailleuses humanitaires, n’est pas un incident isolé : elle est devenue, depuis janvier 2025, le quotidien d’au moins un million de femmes et de filles à travers le monde, selon un rapport de l’ONU Femmes publié ce vendredi. L’enquête, menée auprès de 855 organisations dirigées par des femmes dans 52 pays en crise ou en conflit, dresse le portrait d’un secteur en état de siège financier.
La contraction des financements ne relève pas d’un seul pays. L’administration américaine a amputé de plusieurs milliards de dollars l’aide extérieure, tandis que des donateurs européens, confrontés à des pressions budgétaires et à la hausse des dépenses de défense, ont également réduit leurs contributions. Mais cette asphyxie s’inscrit dans un mouvement plus vaste. Un rapport de l’Unesco, cité par la presse ghanéenne, révèle qu’en 2025, 113 pays en développement ont consacré davantage de ressources au remboursement de leur dette extérieure qu’à l’éducation. En Afrique subsaharienne, le service de la dette a absorbé 3,6 fois les budgets éducatifs. L’aide à l’éducation, elle, a déjà fondu de 21 % par rapport à 2023 et pourrait chuter de 30 % d’ici 2027. Les pays les plus endettés, comme le Sri Lanka, ont dépensé jusqu’à seize fois plus pour leurs créanciers que pour leurs écoles.
Sur le terrain, les conséquences se mesurent en files d’attente et en portes closes. La moitié des organisations féminines interrogées ont instauré des listes d’attente ou refusent de nouvelles bénéficiaires. Dans les communautés les plus isolées – zones de conflit, régions difficiles d’accès –, 63 % des structures ont déjà réduit leurs services. Pendant ce temps, les violences sexuelles liées aux conflits ont doublé en 2025, alors même que les dispositifs de protection s’effondrent : 62 % des organisations signalent que les espaces sûrs pour les femmes et les filles ont disparu ou se sont considérablement réduits. Pour maintenir un semblant d’activité, 65 % des entités dirigées par des femmes indiquent que leur personnel travaille sans salaire, au prix d’un épuisement professionnel croissant.
Ce délitement ne se limite pas à l’urgence humanitaire. Il s’inscrit, souligne l’ONU Femmes, dans un « recul mondial des droits des femmes et des filles ». Une organisation sur cinq a suspendu ses actions en faveur du leadership féminin et de l’égalité des genres ; plus de la moitié constatent un déclin de la participation des femmes aux instances décisionnelles locales. Dans les salles de classe de la périphérie de Bamako ou de Kaboul, les enseignantes bénévoles, épuisées, finissent par ne plus venir. Les pupitres restent vides, et avec eux s’éloignent les voix de celles qui, hier encore, apprenaient à lire.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
The UN Women report denounces US cuts as the main cause of the humanitarian crisis, accusing the Trump administration of sacrificing women for military spending.
It selects and foregrounds the role of the United States, omitting the context of cuts from other donors, to create a clear political target.
It does not mention that cuts come from multiple donor countries, not just the US.
The numbers speak for themselves: staff at women's organizations work without pay and burnout is widespread, but no culprit is sought.
It reduces political complexity to operational indicators, focusing on internal consequences rather than causes.
It omits the context of US cuts and rising conflicts, focusing only on immediate staff effects.
The humanitarian crisis directly affects women and organizations: survival is at risk, and the context of armed conflicts worsens the situation.
It uses the language of survival and imminent closure to create empathy and urgency, without assigning specific blame.
It does not mention the role of the US or other donors in the cuts, maintaining a general tone.
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