
Royaume-Uni : une enquête accablante révèle des centaines de décès évitables dans des maternités du NHS
Le rapport Ockenden, plus vaste investigation jamais menée sur les services d’obstétrique du système public britannique, documente des défaillances systémiques ayant conduit à plus de 500 issues dramatiques entre 2012 et 2025.
La publication, mercredi, du rapport de l’enquête indépendante sur les maternités du Nottingham University Hospitals NHS Trust a mis au jour un bilan de plus de 500 mères et nouveau-nés ayant subi un préjudice potentiellement évitable ou étant décédés. L’investigation, la plus étendue de l’histoire du National Health Service, a examiné plus de 2 500 dossiers sur treize ans et recensé au moins 156 décès de bébés — dont 94 mortinaissances — ainsi que six décès maternels directement liés à des manquements dans les soins.
Le mécanisme de cette crise obstétricale, décrit dans un document de 401 pages, repose sur une « culture d’intimidation et toxique » entretenue par une minorité de responsables, selon les termes de la sage-femme Donna Ockenden, qui a dirigé l’examen. Les défaillances incluent des retards dans la prise en charge des hémorragies du post-partum, une gestion inadéquate du travail, des infections nosocomiales et une communication défaillante, en particulier envers les femmes allophones. Le rapport souligne que les dirigeants de l’établissement étaient informés de longue date de problèmes graves sans intervenir, et que les incidents étaient systématiquement minimisés, tandis que les voix des patientes étaient « systématiquement rejetées ».
L’impact humain est illustré par le cas de Harriet Hawkins, mort-née en 2016 alors que ses deux parents étaient cliniciens au sein du trust. Le couple a dénoncé une « campagne de dix ans » pour obtenir la vérité, marquée par une dissimulation systémique et des enquêtes internes conçues pour induire en erreur. D’autres familles, comme celle de Wynter Andrews, ont rapporté avoir été dissuadées d’exprimer leurs inquiétudes. Le personnel, dont 80 % des effectifs interrogés estimaient la charge de travail excessive, a décrit un environnement de peur et de harcèlement, avec des infirmières en néonatalogie parfois responsables de neuf bébés simultanément.
Face à ces révélations, le ministre britannique de la Santé, James Murray, a qualifié les conclusions de « glaçantes » et dénoncé une régulation davantage préoccupée par la protection des cliniciens que par l’obligation de rendre des comptes. Il s’est engagé à présenter un plan d’action d’ici la fin de l’année et à étendre la « règle Martha » — qui garantit un deuxième avis médical indépendant — à toutes les maternités d’Angleterre. Le rapport s’inscrit dans une série d’enquêtes sur des trusts hospitaliers britanniques, de Morecambe Bay à Shrewsbury et Telford, et intervient alors qu’un autre examen national rapide de quatorze services de maternité est attendu dans les prochains jours.
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Une enquête indépendante au Royaume-Uni a documenté plus de 500 cas de préjudices ou de décès évitables parmi les mères et les bébés dans les hôpitaux de Nottingham. L'enquête, la plus vaste de l'histoire du NHS, couvre une période de 13 ans. Les résultats sont présentés de manière neutre et factuelle, sans condamnation explicite.
Un rapport accablant dénonce une culture toxique et méprisante au sein d'un trust hospitalier britannique, entraînant des centaines de décès et de blessures évitables. Le scandale est présenté comme un échec systémique du NHS à protéger les femmes, avec des récits déchirants de familles ignorées. Le ton est à l'indignation et exige un changement urgent.
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