
Régulation des plateformes : du Brésil à l’Australie, les pouvoirs publics face aux publicités de paris et à l’accès des mineurs
Enquête du parquet fédéral brésilien sur l’omission présumée du gouvernement Lula dans le contrôle des publicités de paris, tandis que l’Australie assouplit ses règles pour le streaming et que le débat sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans s’intensifie.
Le parquet fédéral brésilien (MPF) a ouvert une enquête civile pour déterminer si le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva a manqué à son obligation de réglementer et de contrôler les publicités pour les plateformes de paris en ligne, notamment lors des retransmissions de la Coupe du monde de football sur la chaîne CazéTV. Selon le MPF, l’investigation vise à vérifier si les actions de l’Union sont conformes à la Constitution concernant la publicité pour des services « nocifs pour la santé et l’économie des familles ». Cette procédure fait suite à des signalements de publicités jugées abusives et trompeuses, et intervient alors que des révélations du quotidien Folha de S.Paulo indiquent que l’exécutif brésilien avait lui-même rédigé en 2023 un amendement supprimant les restrictions horaires et événementielles initialement prévues par le Parlement, pour ne conserver qu’une interdiction de ciblage des mineurs, sans précision sur les moyens de la mettre en œuvre.
En Australie, le gouvernement travailliste a présenté une législation qui, selon des sources gouvernementales, supprimera l’interdiction actuelle des publicités pour les jeux d’argent sur les services de streaming pendant les rencontres sportives. Les plates-formes numériques pourront diffuser des messages publicitaires lors des pauses, à condition que les utilisateurs soient majeurs, enregistrés et n’aient pas explicitement refusé ces annonces. L’opposition libérale et plusieurs élus dénoncent une mesure qui, loin de réduire l’exposition, créerait un nouveau droit pour les services de streaming, alors que les chaînes de télévision restent soumises à des plages sans publicité. La ministre des Communications, Anika Wells, défend un « triple verrou » fondé sur l’enregistrement, la vérification de l’âge et la possibilité de désactiver les publicités, mais les données disponibles montrent que seuls 0,12 % des utilisateurs de la plateforme SBS On Demand ont exercé ce droit d’opt-out.
Le débat sur l’accès des mineurs aux environnements numériques connaît des développements parallèles. Le premier ministre australien, Anthony Albanese, a condamné le renvoi en commission sénatoriale d’amendements visant à renforcer les pouvoirs de la commissaire à la sécurité en ligne, estimant que ce délai de huit semaines permettra aux grandes plates-formes de supprimer des documents compromettants. La loi interdisant l’ouverture de comptes sur les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, en vigueur depuis décembre, peine à produire ses effets : selon l’autorité de régulation, sept enfants sur dix possédant un compte avant l’entrée en vigueur de l’interdiction demeurent présents sur Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok. Les Verts et l’opposition conservatrice jugent le dispositif mal conçu et réclament des mesures plus strictes, tandis que le gouvernement envisage de doubler les amendes, portées à 99 millions de dollars australiens.
Aux États-Unis, une enquête du Pew Research Center publiée en juin 2026 révèle que 56 % des adultes soutiennent une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, un chiffre qui atteint 65 % parmi les parents. L’exigence d’un consentement parental pour créer un compte recueille 85 % d’avis favorables, et la vérification de l’âge ainsi que la limitation du temps d’utilisation sont approuvées par 78 % des sondés. Ce consensus transpartisan alimente une dynamique régulatrice déjà observée au Canada et au Royaume-Uni. En Malaisie, des associations de parents réunies lors d’un atelier sur la sécurité numérique ont toutefois plaidé pour une approche fondée sur l’éducation à la littératie numérique et la communication intrafamiliale, estimant que les interdictions générales ne renforcent pas la résilience des jeunes face aux risques en ligne.
Le dossier brésilien reste au stade de l’instruction, le MPF ayant requis des informations auprès de plusieurs ministères, de la Banque centrale et du Conseil d’autorégulation publicitaire. En Australie, l’examen par le Sénat des amendements relatifs aux réseaux sociaux devrait durer huit semaines, tandis que la législation sur les publicités de paris en streaming poursuit son chemin parlementaire. Ces procédures illustrent la difficulté, pour des exécutifs de bords politiques variés, à concilier les intérêts économiques des plates-formes, la protection des publics vulnérables et la liberté commerciale.
| Presse latino-américaine | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.30 | critical |
Brazil judges regulatory inertia as systemic failure, demanding accountability.
Transforms a political issue into a judicial one, shifting focus to individual blame of authorities.
Omits economic interests of platforms and the Australian context of postponement.
Australia chooses postponement as a balanced solution, defending regulatory flexibility.
Normalizes the delay as a technical choice, defusing criticism with a measured tone.
Does not elaborate on lobby pressures or impact on consumer protection.
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