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Géopolitique et Politiquejeudi 25 juin 2026

Kenya : commémorations sous blocus policier pour le deuxième anniversaire des manifestations anti-taxes

Malgré une décision de justice interdisant les barrages sans préavis, les forces de l’ordre ont verrouillé Nairobi, ravivant les tensions entre le gouvernement Ruto et une jeunesse en quête de justice.

Au matin du 25 juin 2026, la capitale kényane s’est réveillée quadrillée par des barrages de barbelés et des contrôles policiers, paralysant les transports et l’activité économique. Les commémorations du deuxième anniversaire des manifestations de la « Génération Z » contre le projet de loi de finances de 2024, qui avaient conduit à l’invasion du Parlement et à une répression meurtrière, ont été accueillies par un déploiement massif des unités anti-émeutes et des services généraux. Selon les médias locaux, des heurts ont éclaté dans le quartier de Githurai, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes, tandis que plusieurs arrestations étaient signalées dans le centre-ville.

Les autorités kényanes, par la voix du président William Ruto et du ministre de l’Intérieur Kipchumba Murkomen, ont affirmé respecter le droit constitutionnel de manifester tout en mettant en garde contre tout « chaos ou destruction de biens ». Le chef de l’État, qui avait annoncé une semaine plus tôt un fonds d’indemnisation de près de 15 millions de dollars pour les victimes de violences policières entre 2017 et 2025, a justifié ce dispositif comme un geste sans précédent. Toutefois, les organisations de défense des droits humains, citées par la presse, ont rejeté ce plan, dénonçant l’exclusion de certaines victimes et un manque de transparence. L’ancien vice-président Rigathi Gachagua, devenu opposant, a pour sa part appelé les jeunes à rester chez eux, évoquant une « terreur organisée par l’État ».

Face au verrouillage sécuritaire, l’opposition parlementaire et les familles des victimes ont mené une marche silencieuse depuis l’hôtel Serena jusqu’au Parlement, déposant des gerbes et allumant des bougies. Des figures comme Kalonzo Musyoka et Martha Karua ont exhorté les forces de l’ordre à la retenue. La Commission kényane des droits de l’homme a exigé le démantèlement immédiat des barrages, rappelant que la Haute Cour avait, en 2025, interdit de telles entraves sans préavis. À Kisumu, dans l’ouest du pays, la journée a pris une tout autre tournure : des centaines de jeunes ont préféré s’inscrire sur les listes électorales plutôt que de descendre dans la rue, illustrant, selon les organisateurs, une volonté de « s’armer de documents pour voter en 2027 ».

Ces commémorations s’inscrivent dans un climat de défiance persistante envers le gouvernement, accusé par une partie de la société civile de n’avoir pas tenu ses promesses économiques et de recourir aux enlèvements de critiques. Les manifestations de 2024 et 2025 ont fait, selon un organisme de contrôle policier, au moins 127 morts, et les appels à la réforme des forces de sécurité restent sans réponse. À l’approche des élections générales d’août 2027, l’exécutif mise sur des programmes sociaux ambitieux, tandis que l’opposition, fragmentée, peine à proposer une alternative. Le sort des barrages illégaux et la mise en œuvre du fonds d’indemnisation constituent les prochains points de friction, alors que la jeunesse kényane continue de redéfinir les formes de la contestation politique.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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L'État kenyan a répondu aux manifestations commémoratives par une démonstration de force massive, bloquant les routes principales et déployant d'importantes forces de sécurité autour du parlement. À Mombasa, en revanche, les jeunes se sont rassemblés pacifiquement, vêtus de noir, pour un office religieux en mémoire des victimes des manifestations anti-impôts de 2024. Les survivants portent encore des cicatrices physiques et émotionnelles, tandis que la réponse musclée de la police ravive le souvenir des brutalités passées.

Presse européenne continentale
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Le Kenya marque le deuxième anniversaire des manifestations meurtrières contre la loi de finances de 2024, dans un climat de crainte de nouvelles violences. La répression policière d'il y a deux ans a fait plus de 60 morts et des centaines de blessés, et les groupes de la société civile redoutent désormais la réponse du gouvernement aux nouvelles mobilisations. Les observateurs notent que le recours à la violence d'État s'est largement banalisé au Kenya ces dernières années.

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jeudi 25 juin 2026

Kenya : commémorations sous blocus policier pour le deuxième anniversaire des manifestations anti-taxes

Malgré une décision de justice interdisant les barrages sans préavis, les forces de l’ordre ont verrouillé Nairobi, ravivant les tensions entre le gouvernement Ruto et une jeunesse en quête de justice.

Au matin du 25 juin 2026, la capitale kényane s’est réveillée quadrillée par des barrages de barbelés et des contrôles policiers, paralysant les transports et l’activité économique. Les commémorations du deuxième anniversaire des manifestations de la « Génération Z » contre le projet de loi de finances de 2024, qui avaient conduit à l’invasion du Parlement et à une répression meurtrière, ont été accueillies par un déploiement massif des unités anti-émeutes et des services généraux. Selon les médias locaux, des heurts ont éclaté dans le quartier de Githurai, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes, tandis que plusieurs arrestations étaient signalées dans le centre-ville.

Les autorités kényanes, par la voix du président William Ruto et du ministre de l’Intérieur Kipchumba Murkomen, ont affirmé respecter le droit constitutionnel de manifester tout en mettant en garde contre tout « chaos ou destruction de biens ». Le chef de l’État, qui avait annoncé une semaine plus tôt un fonds d’indemnisation de près de 15 millions de dollars pour les victimes de violences policières entre 2017 et 2025, a justifié ce dispositif comme un geste sans précédent. Toutefois, les organisations de défense des droits humains, citées par la presse, ont rejeté ce plan, dénonçant l’exclusion de certaines victimes et un manque de transparence. L’ancien vice-président Rigathi Gachagua, devenu opposant, a pour sa part appelé les jeunes à rester chez eux, évoquant une « terreur organisée par l’État ».

Face au verrouillage sécuritaire, l’opposition parlementaire et les familles des victimes ont mené une marche silencieuse depuis l’hôtel Serena jusqu’au Parlement, déposant des gerbes et allumant des bougies. Des figures comme Kalonzo Musyoka et Martha Karua ont exhorté les forces de l’ordre à la retenue. La Commission kényane des droits de l’homme a exigé le démantèlement immédiat des barrages, rappelant que la Haute Cour avait, en 2025, interdit de telles entraves sans préavis. À Kisumu, dans l’ouest du pays, la journée a pris une tout autre tournure : des centaines de jeunes ont préféré s’inscrire sur les listes électorales plutôt que de descendre dans la rue, illustrant, selon les organisateurs, une volonté de « s’armer de documents pour voter en 2027 ».

Ces commémorations s’inscrivent dans un climat de défiance persistante envers le gouvernement, accusé par une partie de la société civile de n’avoir pas tenu ses promesses économiques et de recourir aux enlèvements de critiques. Les manifestations de 2024 et 2025 ont fait, selon un organisme de contrôle policier, au moins 127 morts, et les appels à la réforme des forces de sécurité restent sans réponse. À l’approche des élections générales d’août 2027, l’exécutif mise sur des programmes sociaux ambitieux, tandis que l’opposition, fragmentée, peine à proposer une alternative. Le sort des barrages illégaux et la mise en œuvre du fonds d’indemnisation constituent les prochains points de friction, alors que la jeunesse kényane continue de redéfinir les formes de la contestation politique.

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L'État kenyan a répondu aux manifestations commémoratives par une démonstration de force massive, bloquant les routes principales et déployant d'importantes forces de sécurité autour du parlement. À Mombasa, en revanche, les jeunes se sont rassemblés pacifiquement, vêtus de noir, pour un office religieux en mémoire des victimes des manifestations anti-impôts de 2024. Les survivants portent encore des cicatrices physiques et émotionnelles, tandis que la réponse musclée de la police ravive le souvenir des brutalités passées.

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Le Kenya marque le deuxième anniversaire des manifestations meurtrières contre la loi de finances de 2024, dans un climat de crainte de nouvelles violences. La répression policière d'il y a deux ans a fait plus de 60 morts et des centaines de blessés, et les groupes de la société civile redoutent désormais la réponse du gouvernement aux nouvelles mobilisations. Les observateurs notent que le recours à la violence d'État s'est largement banalisé au Kenya ces dernières années.

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