
Trump à Netanyahu : « Tous les Juifs sont excédés par vous »
Un livre dévoile l’appel téléphonique de septembre 2025 où le président américain a menacé de « divorce » avec Israël, révélant une fracture stratégique majeure.
La publication de l’ouvrage « Regime Change » des journalistes Maggie Haberman et Jonathan Swan, le 23 juin 2026, a mis au jour un échange téléphonique d’une virulence inédite entre le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. En septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, M. Trump, qui tentait alors d’imposer un plan de paix en vingt points pour Gaza, a lancé à son interlocuteur : « Tout le monde est excédé par vous, Bibi. Tous les Juifs sont excédés par vous. Même les deux Juifs présents sur cet appel sont excédés par vous », en référence à Jared Kushner et Steve Witkoff. Selon les mêmes sources, il a également évoqué un possible « divorce » entre les deux alliés. Cet accès de colère faisait suite à une frappe israélienne au Qatar visant des dirigeants du Hamas, qui a tué un agent de sécurité qatari et conduit Doha à se retirer de son rôle de médiateur dans les négociations de cessez-le-feu.
Du côté de Washington, plusieurs responsables, cités sous couvert d’anonymat, décrivent une administration déterminée à se désengager d’un nouveau front au Moyen-Orient. La Maison Blanche considère que les opérations militaires israéliennes au Liban et les réticences de M. Netanyahu à accepter un accord avec l’Iran compromettent directement les efforts diplomatiques américains. Selon des analystes proches du dossier, le président Trump privilégie désormais un règlement avec Téhéran, quitte à traiter les objections israéliennes comme des contraintes secondaires. Le département d’État continue d’affirmer un engagement « inébranlable » envers la sécurité d’Israël, mais les services de renseignement américains auraient averti la présidence que M. Netanyahu pourrait prendre des mesures pour entraver un accord de long terme avec l’Iran.
À Tel-Aviv et dans les cercles diplomatiques israéliens, l’épisode est analysé comme l’effondrement d’un capital politique patiemment construit. M. Netanyahu, qui se présentait comme le seul dirigeant capable d’aligner Washington sur les priorités stratégiques d’Israël, se trouve désormais isolé. D’anciens conseillers, comme Aviv Bushinsky, estiment que le premier ministre a « perdu Trump comme ami » et qu’il est enfermé entre une base intérieure hostile à toute concession et un allié américain pressé d’en finir. La guerre contre l’Iran, lancée en février 2026, n’a apporté ni l’effondrement du régime iranien, ni la défaite du Hezbollah, ni le retour des habitants du nord d’Israël, érodant encore davantage sa crédibilité.
Au-delà du face-à-face bilatéral, ces révélations ont des répercussions sur la scène politique américaine. La presse new-yorkaise souligne que la colère de M. Trump intervient alors que le Parti démocrate est traversé par une poussée de candidats pro-palestiniens, comme l’illustre le succès du maire Zohran Mamdani lors des primaires de New York. Pour les stratèges républicains, cette évolution offre un angle d’attaque, tandis que les démocrates redoutent d’être étiquetés comme antisionistes à l’échelle nationale. Le dossier reste ouvert : les négociations américano-iraniennes se poursuivent, et le prochain test pour M. Netanyahu sera sa capacité à gérer simultanément son procès pour corruption, les élections à venir et une relation transatlantique profondément dégradée.
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La guerre incessante menée par Netanyahu et le lourd tribut en vies civiles ont fait d'Israël un État paria, alors même que Trump le qualifie de 'fou' et prend ses distances. Le coût de 80 milliards de dollars de la guerre en Iran et le procès pour corruption de Netanyahu érodent encore sa position, le laissant politiquement isolé.
L'accord entre les États-Unis et l'Iran pourrait faire de Netanyahu sa plus grande victime, démantelant son image politique construite pendant des décennies comme le seul dirigeant israélien capable de plier Washington à sa volonté. Les analystes voient s'effondrer sa stratégie de pression militaire continue sur l'Iran, l'isolant de l'allié même qu'il prétendait contrôler.
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