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Économie & Marchésjeudi 25 juin 2026

Croissance et inflation : les signaux contradictoires des économies émergentes

L’Argentine affiche une expansion tirée par les exportations mais un marché du travail dégradé, le Mexique voit son inflation refluer sans convaincre, et la Russie subit une poussée des prix des carburants.

Le produit intérieur brut argentin a progressé de 2,3 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, porté par les exportations de minerais, d’hydrocarbures et de produits agricoles. Pourtant, ce dynamisme macroéconomique masque une dégradation du marché du travail : le chômage atteint 7,8 %, contre 5,7 % à l’arrivée au pouvoir du président Milei, et l’informalité concerne désormais 44 % des actifs. La consommation privée, en hausse de 2,7 %, s’explique en partie par les dépenses des Argentins à l’étranger et par le renchérissement des services, et non par une amélioration généralisée du pouvoir d’achat. Les économistes de la région soulignent un modèle de redistribution très inégal des revenus, où les secteurs extractifs, peu créateurs d’emplois, prospèrent tandis que l’industrie manufacturière et le commerce de détail se contractent.

Au Mexique, l’inflation générale a ralenti à 3,55 % en rythme annuel durant la première quinzaine de juin, son plus bas niveau depuis octobre 2025, grâce à une chute des prix des produits agricoles comme la tomate. L’inflation sous-jacente reste toutefois à 4,12 %, et celle des services à 4,57 %, alimentée par les hausses salariales et l’activité touristique liée à la Coupe du monde 2026. Les analystes mexicains jugent cette désinflation non généralisée et mettent en garde contre la persistance des pressions dans les services, qui pourrait freiner le retour durable à l’objectif de 3 % de la banque centrale. Parallèlement, l’activité économique a rebondi de 1,2 % en avril, soutenue par la construction et les services, laissant entrevoir une expansion modérée au deuxième trimestre.

La Russie fait face à une dynamique inverse : l’inflation hebdomadaire a accéléré à 0,25 % à la mi-juin, sous l’effet d’une hausse de 3 % des prix de l’essence et de 2,7 % du diesel. Des restrictions de vente de carburant touchent jusqu’à seize régions, en raison de problèmes logistiques. Le discours officiel minimise cette poussée, mais l’inflation annualisée est remontée à 5,85 %, illustrant la vulnérabilité de l’économie russe aux chocs sur les prix énergétiques intérieurs.

En Espagne, la croissance de 0,6 % au premier trimestre est confirmée, portée par la consommation des ménages, elle-même soutenue par l’apport démographique de l’immigration plus que par une hausse de la dépense par habitant. L’investissement reste atone dans un contexte d’incertitude internationale. La productivité horaire a progressé de 1 %, mais la consommation individuelle demeure inférieure de 8 % à la moyenne européenne.

La banque centrale mexicaine devrait maintenir son taux directeur à 6,50 % ce jeudi, alors que les responsables monétaires évaluent le risque d’une inflation sous-jacente encore élevée face au ralentissement économique. En Argentine, la soutenabilité du modèle exportateur sera mise à l’épreuve par la dégradation de l’emploi formel et la hausse de la morosité bancaire. En Russie, la gestion des prix des carburants constituera un indicateur avancé de la maîtrise inflationniste à court terme.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

41%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse latino-américainePresse russe et CEI
Presse latino-américaine/ Marché
PragmatismeScepticisme

L'inflation mexicaine est retombée à 3,55% début juin, s'inscrivant dans la fourchette cible de la banque centrale pour la deuxième quinzaine consécutive, portée par la baisse des prix agricoles. Pourtant, la croissance argentine de 2,3% en glissement annuel masque de profondes fractures sectorielles et sociales : tandis que l'agro-exportation et la finance bondissent, l'industrie manufacturière et le commerce de détail reculent et le pouvoir d'achat s'érode.

Presse russe et CEI/ État
ScepticismeIronie

La baisse de l'inflation mexicaine à 3,55% est accueillie avec scepticisme, car les prix des services restent rigides et l'optimisme officiel rappelle ces assurances qui précèdent souvent de mauvaises surprises. Le récit du succès semble prématuré face aux pressions persistantes sur les coûts, à l'image des démentis sur les flambées des carburants entendus ailleurs.

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jeudi 25 juin 2026

Croissance et inflation : les signaux contradictoires des économies émergentes

L’Argentine affiche une expansion tirée par les exportations mais un marché du travail dégradé, le Mexique voit son inflation refluer sans convaincre, et la Russie subit une poussée des prix des carburants.

Le produit intérieur brut argentin a progressé de 2,3 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, porté par les exportations de minerais, d’hydrocarbures et de produits agricoles. Pourtant, ce dynamisme macroéconomique masque une dégradation du marché du travail : le chômage atteint 7,8 %, contre 5,7 % à l’arrivée au pouvoir du président Milei, et l’informalité concerne désormais 44 % des actifs. La consommation privée, en hausse de 2,7 %, s’explique en partie par les dépenses des Argentins à l’étranger et par le renchérissement des services, et non par une amélioration généralisée du pouvoir d’achat. Les économistes de la région soulignent un modèle de redistribution très inégal des revenus, où les secteurs extractifs, peu créateurs d’emplois, prospèrent tandis que l’industrie manufacturière et le commerce de détail se contractent.

Au Mexique, l’inflation générale a ralenti à 3,55 % en rythme annuel durant la première quinzaine de juin, son plus bas niveau depuis octobre 2025, grâce à une chute des prix des produits agricoles comme la tomate. L’inflation sous-jacente reste toutefois à 4,12 %, et celle des services à 4,57 %, alimentée par les hausses salariales et l’activité touristique liée à la Coupe du monde 2026. Les analystes mexicains jugent cette désinflation non généralisée et mettent en garde contre la persistance des pressions dans les services, qui pourrait freiner le retour durable à l’objectif de 3 % de la banque centrale. Parallèlement, l’activité économique a rebondi de 1,2 % en avril, soutenue par la construction et les services, laissant entrevoir une expansion modérée au deuxième trimestre.

La Russie fait face à une dynamique inverse : l’inflation hebdomadaire a accéléré à 0,25 % à la mi-juin, sous l’effet d’une hausse de 3 % des prix de l’essence et de 2,7 % du diesel. Des restrictions de vente de carburant touchent jusqu’à seize régions, en raison de problèmes logistiques. Le discours officiel minimise cette poussée, mais l’inflation annualisée est remontée à 5,85 %, illustrant la vulnérabilité de l’économie russe aux chocs sur les prix énergétiques intérieurs.

En Espagne, la croissance de 0,6 % au premier trimestre est confirmée, portée par la consommation des ménages, elle-même soutenue par l’apport démographique de l’immigration plus que par une hausse de la dépense par habitant. L’investissement reste atone dans un contexte d’incertitude internationale. La productivité horaire a progressé de 1 %, mais la consommation individuelle demeure inférieure de 8 % à la moyenne européenne.

La banque centrale mexicaine devrait maintenir son taux directeur à 6,50 % ce jeudi, alors que les responsables monétaires évaluent le risque d’une inflation sous-jacente encore élevée face au ralentissement économique. En Argentine, la soutenabilité du modèle exportateur sera mise à l’épreuve par la dégradation de l’emploi formel et la hausse de la morosité bancaire. En Russie, la gestion des prix des carburants constituera un indicateur avancé de la maîtrise inflationniste à court terme.

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Presse latino-américaine/ Marché
PragmatismeScepticisme

L'inflation mexicaine est retombée à 3,55% début juin, s'inscrivant dans la fourchette cible de la banque centrale pour la deuxième quinzaine consécutive, portée par la baisse des prix agricoles. Pourtant, la croissance argentine de 2,3% en glissement annuel masque de profondes fractures sectorielles et sociales : tandis que l'agro-exportation et la finance bondissent, l'industrie manufacturière et le commerce de détail reculent et le pouvoir d'achat s'érode.

Presse russe et CEI/ État
ScepticismeIronie

La baisse de l'inflation mexicaine à 3,55% est accueillie avec scepticisme, car les prix des services restent rigides et l'optimisme officiel rappelle ces assurances qui précèdent souvent de mauvaises surprises. Le récit du succès semble prématuré face aux pressions persistantes sur les coûts, à l'image des démentis sur les flambées des carburants entendus ailleurs.

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