
Renégociation du pacte minier : le Ghana, laboratoire des nouvelles exigences africaines
Alors que la production pétrolière ghanéenne chute de près de moitié depuis 2019, les négociations autour de la mine d’or de Tarkwa cristallisent la volonté des États africains de capter davantage de valeur locale, au risque de fragiliser la confiance des investisseurs.
La production de brut du Ghana a reculé pour la sixième année consécutive en 2025, tombant à 37,3 millions de barils contre 71,4 millions en 2019, selon l’Institute for Energy Security d’Accra. Ce déclin, que les analystes ouest-africains attribuent à l’absence de nouveaux accords pétroliers depuis 2018 et au vieillissement des champs offshore, a amputé les recettes publiques de plus de 16 milliards de dollars sur la période. Il illustre une dynamique plus large : la difficulté des économies extractives à transformer une rente minière en développement productif lorsque les cadres réglementaires n’incitent ni à l’exploration ni à la transformation locale.
Cette tension est au cœur des discussions sur le renouvellement du bail de la mine d’or de Tarkwa, l’une des plus importantes du pays, opérée par le sud-africain Gold Fields. Le gouvernement ghanéen a prévenu qu’il ne s’agirait pas d’une simple reconduction, exigeant des engagements d’investissement et de contenu local plus contraignants. L’attribution récente de la concession voisine de Damang à une entreprise dirigée par le frère du président Mahama a toutefois alimenté, dans les milieux d’affaires européens et chez les investisseurs miniers, la crainte d’une politisation des décisions susceptible d’éroder la prévisibilité juridique, pourtant déterminante dans un secteur où les capitaux se déploient sur plusieurs décennies.
Au-delà du Ghana, la renégociation du pacte minier traverse le continent. Des travaux de la CNUCED menés à Madagascar, en Zambie et en Namibie identifient des centaines de produits manufacturés que les pays pourraient développer en aval de leurs ressources minérales, du textile aux plastiques en passant par l’agroalimentaire. L’Angola, de son côté, a sécurisé l’extension jusqu’en 2037 de la licence du bloc 15, offrant à ExxonMobil la stabilité fiscale nécessaire pour lancer de nouveaux projets de re-développement. Cette approche, qui combine sécurité contractuelle et exigence de retombées industrielles, est perçue par les opérateurs comme un modèle plus équilibré que l’incertitude entretenue à Accra.
Les places financières et les forums miniers africains reflètent cette dualité. À la conférence African Energy Week du Cap, les dirigeants des compagnies nigérianes Oando, Seplat ou Aradel, qui ont racheté pour plus de 6 milliards de dollars d’actifs cédés par les majors, plaideront pour un financement africain des projets et une participation accrue des fonds de pension locaux. En parallèle, la Semaine minière africaine mettra en avant les projets de cuivre et de cobalt en RDC et en Zambie, où la transformation locale est présentée comme un impératif de souveraineté économique.
Le prochain jalon sera la conclusion des négociations de Tarkwa, dont l’issue sera scrutée comme un signal pour l’ensemble des juridictions minières du continent. Les décideurs ouest-africains savent que l’attractivité de leur sous-sol dépendra de leur capacité à offrir des règles stables tout en imposant une montée en gamme industrielle. La déclaration ministérielle de Lomé, qui lie résilience économique et sécurité nationale, a posé un cadre ; les contrats à venir en testeront la crédibilité.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | +0.20 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | +0.80 | aligned |
La Suède doit agir plus vite et garantir que les investissements profitent aux communautés locales, pas seulement aux multinationales étrangères.
En réduisant la question à un problème bureaucratique interne et à une potentielle exploitation par des firmes étrangères, le récit légitime les appels à la réforme et aux garanties locales, excluant le contexte mondial.
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