
L’or sous pression face à la flambée pétrolière et aux craintes de resserrement monétaire américain
Le métal jaune a touché un plus bas de deux semaines, pénalisé par la remontée des cours du brut et des anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale, dans l’attente des chiffres de l’inflation américaine.
Le prix de l’once d’or a glissé jusqu’à 3 993,83 dollars en séance asiatique ce mardi, son niveau le plus faible depuis le début du mois de juillet, après avoir enregistré la veille une chute de près de 3 % — la plus marquée en pourcentage depuis plus d’un mois. Le repli s’inscrit dans un mouvement général de recul des métaux précieux : l’argent a cédé 1,2 % à 56,98 dollars l’once, le platine 1 % et le palladium 0,4 %, tandis que les contrats à terme sur le brut américain bondissaient de quelque 9 % pour atteindre des sommets inégalés depuis la mi-juin.
Ce décrochage trouve son origine immédiate dans l’escalade des tensions entre Washington et Téhéran. Pour la troisième nuit consécutive, l’armée américaine a mené des frappes contre l’Iran, et deux pétroliers ont essuyé des tirs dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les flux énergétiques mondiaux. La perspective de perturbations durables sur cet axe a propulsé les cours pétroliers, ravivant les craintes d’une inflation importée qui contraindrait la Réserve fédérale à maintenir une politique monétaire restrictive. Les investisseurs, notamment sur les places asiatiques et européennes, ont immédiatement réévalué leurs positions, redoutant que la hausse du coût de l’énergie ne retarde le reflux des pressions sur les prix.
Le mécanisme de transmission est classique : la flambée du brut alimente les anticipations d’inflation, ce qui pousse les rendements des obligations du Trésor américain et le dollar à la hausse. Or, un billet vert fort et des taux réels plus élevés réduisent l’attrait de l’or, actif sans rendement. Les opérateurs ont ainsi porté la probabilité d’un relèvement des taux directeurs en septembre à environ 78 %, contre 57 % une semaine plus tôt, selon l’outil FedWatch du CME. Les déclarations du gouverneur Christopher Waller, évoquant la possibilité d’une hausse « à court terme » si l’inflation restait nettement au-dessus de l’objectif de 2 %, ont conforté ce scénario.
Dans ce contexte, les marchés attendent avec nervosité la publication, ce même jour, de l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin aux États-Unis, suivie cette semaine par celle des prix à la production (PPI) et par le premier témoignage semestriel du président de la Fed, Kevin Warsh, devant le Congrès. Les salles de marchés, de Tokyo à Francfort, scruteront ces données pour jauger la marge de manœuvre de la banque centrale. Parallèlement, l’Union européenne a annoncé lundi de nouvelles sanctions ciblant le commerce de l’or soudanais, accusé de financer le conflit militaire dans le pays, une décision qui, si elle pèse sur les flux illicites, reste pour l’heure sans effet notable sur les cours mondiaux.
La séance à venir sera donc dominée par la réaction aux chiffres de l’inflation américaine. Un CPI supérieur aux attentes renforcerait la perspective d’un nouveau tour de vis monétaire et pourrait accentuer la pression sur les métaux précieux, tandis qu’une surprise à la baisse offrirait un répit à l’or. Le témoignage de Kevin Warsh constituera le deuxième jalon de la semaine, susceptible de préciser la trajectoire des taux dans un environnement géopolitique de plus en plus inflammable.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.40 | critical |
|---|---|---|
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