
Washington refuse de reconduire l’USMCA, plongeant le commerce nord-américain dans l’incertitude
En refusant de renouveler l’accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, Washington ouvre une décennie de négociations annuelles qui menace la stabilité des chaînes d’approvisionnement continentales.
Le 1er juillet 2026, les États-Unis ont refusé de reconduire pour seize ans l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (USMCA), préférant le soumettre à des révisions annuelles jusqu’à son expiration en 2036. Cette décision, annoncée à l’issue d’une réunion virtuelle entre les trois partenaires, met fin à la certitude juridique qui prévalait depuis l’entrée en vigueur du traité en 2020, et ouvre une période de turbulences pour les échanges transfrontaliers, évalués à près de 2 000 milliards de dollars par an.
L’USMCA, négocié lors du premier mandat de Donald Trump pour remplacer l’ALENA, prévoyait une clause de reconduction tacite de seize ans si aucun pays ne s’y opposait avant la date butoir. En refusant cette extension, Washington active un mécanisme de révision annuelle qui, sauf accord unanime pour modifier les termes, maintiendra le traité en vigueur jusqu’en 2036, avec la possibilité pour le président américain de s’en retirer plus tôt. Le représentant au Commerce, Jamieson Greer, a justifié ce choix par les « lacunes » de l’accord et les déficits commerciaux persistants des États-Unis avec leurs deux voisins – 197 milliards de dollars avec le Mexique et 46 milliards avec le Canada en 2025. Les griefs américains portent également sur l’accès aux marchés agricoles (produits laitiers, maïs) et, dans le cas canadien, sur le rapprochement d’Ottawa avec les investissements chinois, perçu comme une menace pour la sécurité économique régionale.
Du côté canadien, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a affirmé que son pays abordait les discussions « en position de force » et a évoqué la poursuite des négociations sur les droits de douane sectoriels imposés par Washington sur l’aluminium, l’acier et le bois d’œuvre. Mexico, par la voix du secrétaire à l’Économie Marcelo Ebrard, a minimisé les divergences, soulignant que le nombre de plaintes américaines était passé de 54 à 14 et qu’aucun désaccord n’était insurmontable. Les milieux d’affaires nord-américains, en particulier le secteur automobile dont les chaînes d’approvisionnement traversent plusieurs fois les frontières, redoutent une dégradation du climat d’investissement. La presse australienne relève que l’intégration économique est telle qu’environ 30 % de la valeur des exportations mexicaines vers les États-Unis et 15 % des exportations canadiennes sont en réalité générées sur le sol américain, rendant les déficits commerciaux moins significatifs qu’ils n’y paraissent.
Les discussions bilatérales entre Washington et Mexico, déjà entamées, se poursuivront avec une troisième session prévue la semaine du 20 juillet. En revanche, aucun calendrier n’a été fixé pour des pourparlers formels avec Ottawa, bien que Greer ait rencontré LeBlanc. L’administration Trump a indiqué vouloir aboutir rapidement, mais l’absence d’horizon clair alimente l’incertitude. Pour les observateurs européens, ce bras de fer illustre la volonté de Washington de renégocier en position de force, quitte à fragiliser un accord que le président américain qualifiait pourtant en 2020 de « meilleur accord jamais conclu ».
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La décision des États-Unis de bloquer le renouvellement de l'USMCA est une manœuvre stratégique visant à punir le Canada pour avoir approfondi ses relations économiques avec la Chine. Bien que Pékin ne soit pas mentionné dans la déclaration officielle, le chef du commerce américain a explicitement imputé la faute à la cour que le Canada fait aux investissements chinois. Cela révèle l'intention de Washington d'utiliser les accords commerciaux comme des outils de coercition géopolitique.
Dans un revirement spectaculaire, l'administration Trump a refusé de renouveler l'accord commercial qu'elle avait autrefois salué comme 'le meilleur accord jamais conclu'. Cette décision plonge le commerce nord-américain dans une décennie de révisions annuelles, créant une profonde incertitude pour les entreprises et contredisant les vantardises passées du président. C'est une blessure auto-infligée qui expose la nature chaotique de sa politique commerciale.
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