
OpenAI propose de céder 5 % de son capital à l’État fédéral américain
La start-up derrière ChatGPT discute avec l’administration Trump d’une entrée de Washington à son capital, sur le modèle du fonds souverain de l’Alaska, pour partager les bénéfices de l’IA et désamorcer les menaces réglementaires.
L’entreprise américaine OpenAI, valorisée 852 milliards de dollars, a engagé des discussions avec l’administration Trump en vue de céder 5 % de ses actions au gouvernement fédéral, selon des informations du Financial Times confirmées par plusieurs médias internationaux. Cette proposition, encore à l’état conceptuel, marque un tournant dans les relations entre la Silicon Valley et Washington : pour la première fois, un fleuron de l’intelligence artificielle envisage de faire entrer l’État à son capital non par contrainte réglementaire, mais dans le cadre d’une négociation politique visant à sécuriser son développement.
Le mécanisme envisagé s’inspire du Alaska Permanent Fund, un fonds souverain qui redistribue chaque année aux résidents de l’État une partie des revenus pétroliers. Sam Altman, le directeur général d’OpenAI, défend l’idée que d’autres grands laboratoires américains – Anthropic, Google, Meta – pourraient également céder une participation similaire, afin de constituer un véhicule d’investissement public dont les dividendes profiteraient directement aux citoyens. L’objectif affiché est de partager les gains de la révolution de l’IA avec la population, mais les observateurs européens y voient surtout une manœuvre pour neutraliser les critiques politiques et les velléités de régulation qui se multiplient au Congrès.
Le contexte est en effet celui d’une pression croissante de l’exécutif américain sur le secteur. En juin, l’administration a ordonné à Anthropic de suspendre l’accès à ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, pour des raisons de sécurité nationale, avant de lever ces restrictions début juillet. OpenAI a de son côté reporté le lancement public de GPT-5.6 à la demande du gouvernement, limitant sa diffusion à un cercle restreint de partenaires agréés. Ces interventions, justifiées par les risques de cyberattaques et d’espionnage, ont convaincu les dirigeants de la tech qu’un alignement d’intérêts avec la Maison-Blanche était devenu indispensable, en particulier à l’approche d’introductions en Bourse que préparent discrètement OpenAI et Anthropic.
Les discussions, menées par Sam Altman avec le président Trump, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ont également impliqué le sénateur démocrate Bernie Sanders, partisan d’une participation publique bien plus large, jusqu’à 50 % des entreprises d’IA. Du côté républicain, l’idée d’une prise de participation limitée n’est pas inédite : l’an dernier, Intel avait cédé 10 % de son capital à l’État fédéral en échange d’un soutien financier, un investissement qui s’est depuis révélé extrêmement rentable. Ce précédent nourrit les spéculations sur la possibilité d’un accord, même si toute cession d’actions à l’État nécessiterait un vote du Congrès.
La prochaine étape sera donc législative. Aucun calendrier n’est fixé, mais le dépôt confidentiel des dossiers d’IPO par OpenAI et Anthropic pourrait accélérer les discussions. Les capitales européennes, qui suivent de près ces évolutions, s’interrogent sur les implications d’un actionnariat public américain dans des technologies duales, au moment où Bruxelles peaufine son propre cadre réglementaire pour l’IA.
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La proposition d'OpenAI de céder 5 % de son capital au gouvernement américain est perçue comme une concession tactique visant à désamorcer les tensions politiques et à s'assurer un traitement réglementaire favorable. Cette initiative intervient alors que Washington accélère l'élaboration de normes pour les modèles d'IA, ce qui soulève des doutes quant à un véritable partage des bénéfices ou à un simple bouclier corporatif contre un contrôle accru.
OpenAI négocie un transfert de 5 % de son capital au gouvernement américain, une démarche pragmatique visant à réduire les risques politiques et à s'assurer le soutien de l'administration. L'entreprise présente cet accord comme un moyen de partager les retombées économiques de l'intelligence artificielle avec les citoyens américains, en traitant l'État comme un partenaire commercial.
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