
Ebola : l'Afrique redoute une facture socio-économique de 3,6 milliards de dollars
Selon un rapport du PNUD, l'épidémie en RDC pourrait faire basculer 985 000 personnes dans la pauvreté et supprimer 328 000 emplois à l'échelle continentale.
L'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) depuis la mi-mai pourrait coûter jusqu'à 3,6 milliards de dollars à l'économie africaine et anéantir 328 000 emplois, selon une évaluation du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) publiée mardi. Même dans le scénario le plus optimiste, où la transmission resterait confinée à la RDC et à l'Ouganda, les pertes de produit intérieur brut réel pour la seule RDC dépasseraient le milliard de dollars, avec 55 000 suppressions d'emplois. Le rapport prévient que la crise sanitaire est en train de se muer en une urgence de développement aux conséquences durables.
La flambée est provoquée par la souche Bundibugyo du virus, contre laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni traitement éprouvé. Au 29 juin, la RDC comptabilisait 1 307 cas confirmés et 377 décès, tandis que l'Ouganda voisin a signalé une vingtaine de cas. Le risque d'extension régionale demeure élevé : le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a identifié dix pays exposés, de l'Angola à l'Éthiopie en passant par le Soudan du Sud. La confirmation d'un cas en France, chez un médecin de retour de RDC, et la possible dissémination du virus dans les provinces congolaises du Tshopo et du Haut-Uele, jusqu'ici épargnées, illustrent la porosité des frontières sanitaires.
Les canaux de transmission économiques sont multiples. Les restrictions aux déplacements, les fermetures de frontières et les perturbations des marchés informels amputent les revenus des ménages les plus vulnérables. Le PNUD qualifie le choc de « profondément régressif », les 20 % les plus pauvres subissant une baisse de consommation quotidienne de 1,76 %. Les femmes, majoritaires dans le commerce transfrontalier informel et le soin aux malades, portent un fardeau disproportionné. Au-delà des pertes directes, l'évaluation anticipe une crise sanitaire secondaire : l'interruption des services de santé maternelle et infantile pourrait entraîner 2 520 décès supplémentaires de nourrissons.
Face à cette menace, l'Africa CDC a lancé un appel d'urgence de 18 millions de dollars pour financer des essais cliniques de traitements expérimentaux, dont l'antiviral oral obeldesivir et un anticorps de Mapp Biopharmaceuticals, qui doivent débuter cette semaine à Bunia, dans la province de l'Ituri. Si le financement des études vaccinales est en grande partie assuré, celui des essais thérapeutiques reste déficitaire. Le PNUD recommande par ailleurs des transferts monétaires directs, le remplacement des fermetures de frontières par un dépistage ciblé et la mise en place de mécanismes de financement d'urgence pour préserver les services de santé reproductive. La capacité à réunir rapidement les fonds et à déployer les essais déterminera si la crise peut être contenue avant de se transformer en un choc économique et humanitaire prolongé.
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Un patient en Écosse est testé pour Ebola après avoir voyagé depuis une zone touchée, faisant craindre que le virus n'atteigne le sol britannique. Les autorités sanitaires soulignent qu'aucun cas n'est confirmé mais que des protocoles stricts sont en place. L'incident met en évidence la portée mondiale de l'épidémie au Congo, désormais la troisième plus grave jamais enregistrée.
Les Nations Unies avertissent que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo pourrait coûter à l'Afrique jusqu'à 3,6 milliards de dollars et détruire des centaines de milliers d'emplois, menaçant une catastrophe du développement. Avec plus de 1 300 infections et 377 décès, la souche Bundibugyo représente un risque économique sévère. Sans financement urgent, la crise pourrait pousser 985 000 personnes supplémentaires dans la pauvreté.
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