
Emploi américain décevant : Wall Street respire, la Fed temporise
La création d'emplois aux États-Unis a fortement ralenti en juin, éloignant le spectre d'une hausse des taux et redonnant de l'élan aux marchés actions.
Le rapport sur l'emploi américain publié jeudi a révélé une création nette de seulement 57 000 postes en juin, bien en deçà des 110 000 à 115 000 attendus par les économistes. Ce chiffre, le plus faible depuis plusieurs mois, a immédiatement fait reculer les anticipations de resserrement monétaire : la probabilité d'une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) dès la réunion de juillet est passée de 33 % à moins de 20 %, tandis que les rendements obligataires à court terme chutaient. Les principaux indices de Wall Street ont ouvert en hausse, le Dow Jones gagnant 0,86 % et le S&P 500 0,67 % en séance.
Ce refroidissement du marché du travail intervient alors que la Fed, sous la présidence de Kevin Warsh, cherche à concilier son double mandat – stabilité des prix et plein-emploi. La baisse du taux de chômage à 4,2 %, conjuguée à une révision à la baisse des créations de mai (129 000), dessine un marché encore solide mais sans surchauffe. Les craintes d'une spirale inflationniste alimentée par la flambée des prix pétroliers, sur fond de tensions entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz, s'en trouvent atténuées. Les cours du brut ont d'ailleurs reculé après l'annonce de pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, même si aucun progrès décisif n'a été enregistré.
Du côté des investisseurs nord-américains, ce rapport est perçu comme un « chiffre idéal » qui écarte le risque d'un tour de vis monétaire sans signaler de récession. Les économistes européens, à l'image de Lombard Odier, y voient une opportunité de se repositionner sur les valeurs traditionnelles, délaissant temporairement l'engouement pour l'intelligence artificielle qui avait porté les semi-conducteurs. En Amérique latine, les analystes soulignent que la modération de l'emploi rassure la Fed sans pour autant menacer l'activité, ce qui profite aux marchés émergents. L'or, valeur refuge, a progressé de 0,7 %, tandis que l'argent et le platine enregistraient des gains supérieurs à 1,5 %.
La prochaine échéance déterminante sera la réunion de la Fed des 29 et 30 juillet, pour laquelle un statu quo est désormais largement anticipé. Les investisseurs surveilleront également l'évolution des négociations américano-iraniennes, dont l'issue pourrait faire varier les prix de l'énergie et, par ricochet, les anticipations d'inflation. Le prochain rapport sur l'emploi, attendu début août, confirmera ou infirmera la tendance à la décélération.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les faibles données sur le marché du travail américain réduisent les attentes d'une hausse des taux de la Fed. Les commentaires du président Warsh à Sintra signalent des progrès sur l'inflation, tandis que la BCE envisage une nouvelle hausse. Les marchés mondiaux des actions et des changes réagissent avec prudence.
L'or monte après que les commentaires du président de la Fed Warsh aient atténué les spéculations sur une hausse des taux. Le métal précieux gagne 1,2% pour atteindre environ 4 080 dollars l'once, prolongeant le rebond de la séance précédente. Le marché interprète les propos de Warsh comme un signe de politique monétaire accommodante.
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