
Trump étrenne un Air Force One offert par le Qatar, entre célébration patriotique et controverse éthique
Le président américain a effectué mercredi son premier vol à bord d’un Boeing 747 offert par Doha, ravivant les critiques sur les risques d’influence étrangère et le coût pour les contribuables.
Donald Trump a inauguré mercredi 1er juillet le nouveau Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar, à l’occasion d’un déplacement à Medora, dans le Dakota du Nord, pour l’ouverture de la bibliothèque présidentielle Theodore Roosevelt. L’appareil, qui arborait une livrée rouge, blanc et bleu foncé choisie par le président, remplace temporairement les deux avions présidentiels en service depuis plus de trente ans, dans l’attente des nouveaux modèles commandés à Boeing et attendus pour 2028. Ce vol inaugural s’inscrit dans une semaine de célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, que le président républicain entend utiliser pour renforcer son message de « grandeur nationale » avant les élections législatives de novembre.
L’acceptation de ce don, officialisée en 2025 par le Pentagone, a immédiatement suscité de vives réactions dans les milieux politiques washingtoniens. Des élus démocrates comme républicains ont exprimé des réserves, relayées par plusieurs think tanks européens, quant à la constitutionnalité d’un tel cadeau et aux risques d’ingérence qu’il implique. Selon des sources au Congrès, les critiques portent autant sur le précédent créé — un chef d’État acceptant un avion de luxe d’une puissance étrangère — que sur les vulnérabilités sécuritaires potentielles d’un appareil initialement configuré pour la famille royale qatarie. L’US Air Force a certifié que l’avion répondait aux normes présidentielles après d’importantes modifications, dont le coût est estimé entre 400 millions et plus d’un milliard de dollars par des experts du secteur aéronautique.
Face aux interrogations, le président Trump a défendu l’opération en soulignant que le Qatar « nous a très bien traités » et que le coût pour les contribuables américains restait « très faible comparé à ce qu’il aurait fallu dépenser autrement ». Il a également annoncé que l’appareil serait, à l’issue de son mandat, transféré à sa future bibliothèque présidentielle de Miami, une disposition qui, d’après des analystes juridiques nord-américains, pourrait lui conférer un usage personnel après 2028. Cette controverse intervient alors que des déclarations financières récentes révèlent que les entreprises familiales de Donald Trump, notamment dans les cryptomonnaies, ont généré plus de 2 milliards de dollars de revenus en 2025, dont une partie provenant d’entités liées aux Émirats arabes unis.
Le Qatar, riche émirat gazier et médiateur clé dans les pourparlers entre Washington et Téhéran, voit son geste interprété de manière divergente selon les capitales. Dans les chancelleries européennes, on y lit une volonté de consolider une relation stratégique déjà étroite, tandis qu’au Moyen-Orient, des observateurs y voient la continuité d’une diplomatie d’influence par les dons. Le débat devrait se poursuivre au Congrès, où des commissions ont annoncé leur intention d’examiner les conditions exactes de la cession et les garanties de sécurité entourant l’appareil, alors que Boeing prévoit de livrer les deux nouveaux Air Force One définitifs au plus tôt en 2028.
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La 'tournée du patriotisme' du président a décollé à bord d'un jet de luxe offert par le Qatar, soulevant de nouvelles questions éthiques. L'ironie de célébrer la grandeur américaine dans un avion donné par un État étranger n'a pas échappé aux critiques, qui ont remis en cause la bienséance d'accepter un cadeau aussi somptueux. Le voyage en l'honneur de Theodore Roosevelt est devenu le symbole de la confusion entre enrichissement personnel et service public.
Le président américain a finalement utilisé le cadeau scandaleux du Qatar, un Boeing à 400 millions de dollars, tout en louant la générosité de l'émirat. Les observateurs russes ont relevé l'ironie d'une superpuissance incapable de s'offrir son propre avion présidentiel, contrainte de dépendre d'une petite monarchie du Golfe. L'épisode a été présenté comme un énième signe du déclin du prestige de Washington et de sa dépendance envers des mécènes étrangers.
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