
Papouasie : un pilote américain tué dans l’incendie d’un avion, la guérilla revendique une attaque ciblée
Le 2 juillet, un appareil de la compagnie AMA a été détruit après son atterrissage dans la province de Yahukimo ; le groupe armé TPNPB affirme avoir exécuté le pilote pour dénoncer l’usage de vols civils à des fins militaires.
Un avion de transport régional immatriculé PK-RCY, appartenant à la compagnie indonésienne PT AMA, a été incendié le 2 juillet 2026 sur la piste de Balinggama, dans la province montagneuse de Papouasie des hautes terres. Selon les informations communiquées par le ministère indonésien des Transports, l’appareil, qui assurait la liaison depuis Wamena avec un pilote américain et sept passagers papous à bord, a perdu tout contact radio peu après avoir signalé son atterrissage. Le pilote, Nicholas F. Goselin, ressortissant des États-Unis, a été déclaré mort par les autorités aéroportuaires, sans que les causes exactes du décès ne soient confirmées dans l’immédiat.
Le groupe armé indépendantiste TPNPB (Tentara Pembebasan Nasional Papua Barat) a revendiqué l’attaque par la voix de son porte-parole Sebby Sambom. Dans un communiqué, l’organisation affirme avoir abattu le pilote et brûlé l’appareil parce que celui-ci violait l’interdiction de survol décrétée par la guérilla sur ses zones d’opération. Le TPNPB accuse les vols civils de servir au transport de troupes et de matériel militaires indonésiens vers l’intérieur de la Papouasie, et présente cette action comme un « message » adressé aux gouvernements américain et indonésien, les enjoignant d’ouvrir des négociations internationales sur le conflit.
Du côté des forces de sécurité indonésiennes, le groupement opérationnel Cartenz a confirmé la destruction de l’avion mais se refuse pour l’heure à désigner formellement les auteurs. Son porte-parole, le commissaire Yusuf Sutejo, a déclaré que les enquêteurs privilégiaient la piste d’un « groupe criminel armé » (KKB), tout en soulignant qu’aucune vérification sur place n’avait encore pu être menée en raison de l’isolement du site, perché à près de 2 300 mètres d’altitude et inaccessible par voie terrestre. Les mêmes sources policières ont rappelé que cet appareil constituait l’unique lien aérien pour les populations locales et qu’il était régulièrement utilisé pour des missions humanitaires et religieuses, rendant peu plausible l’implication de civils.
L’attaque s’inscrit dans une escalade de la violence visant l’aviation civile en Papouasie occidentale, région intégrée à l’Indonésie en 1969 à l’issue d’un référendum contesté. Depuis 2023, deux pilotes néo-zélandais ont été pris pour cible : l’un enlevé puis libéré après plusieurs mois de captivité, l’autre abattu en 2024. Les groupes armés papous, mieux équipés, multiplient les actions contre les infrastructures de transport, essentielles dans ce territoire dépourvu de réseau routier. Le TPNPB a prévenu qu’il continuerait de s’en prendre aux aéronefs civils qu’il soupçonne de soutenir les opérations militaires de Jakarta.
Les opérations d’évacuation de la dépouille du pilote, suspendues en raison de conditions météorologiques défavorables, devaient reprendre le 3 juillet. L’état des sept passagers demeurait inconnu au moment de la publication des premiers rapports. L’ambassade des États-Unis à Jakarta n’a pas réagi dans l’immédiat, tandis que les autorités indonésiennes annonçaient le déploiement d’une équipe d’investigation sur place pour recueillir des preuves et entendre d’éventuels témoins.
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Un groupe criminel armé a incendié un avion utilisé pour des missions humanitaires en Papouasie, tuant le pilote américain. Les autorités indonésiennes condamnent l'attaque comme un acte barbare contre une communauté isolée qui dépendait de cette liaison aérienne. L'enquête est en cours et la récupération du corps est entravée par le mauvais temps.
Les séparatistes papous revendiquent l'assassinat d'un pilote américain et l'incendie d'un avion civil, qualifiant l'attaque de message aux États-Unis et à l'Indonésie. Le groupe accuse l'appareil de transporter des troupes indonésiennes dans une zone de conflit. Les autorités indonésiennes n'ont pas encore confirmé la mort du pilote.
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