
Gaza : premiers pas logistiques du plan américain, entre espoirs et blocages politiques
L’arrivée de véhicules tactiques près de Kerem Shalom marque une avancée préparatoire, alors que le désarmement du Hamas et l’avenir de l’UNRWA cristallisent les désaccords.
Le Conseil de paix (Board of Peace), initiative portée par l’administration américaine, a annoncé l’arrivée de premiers véhicules tactiques dans la zone de soutien logistique Endurance, située en territoire israélien à proximité du point de passage de Kerem Shalom. Cette étape, présentée comme le prélude au déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) dans la bande de Gaza, constitue la première matérialisation logistique d’une architecture institutionnelle encore largement théorique. Selon des sources proches du dossier, le site doit servir de base de transit pour le matériel et les personnels avant un transfert progressif vers l’enclave, sans qu’aucun calendrier opérationnel n’ait été rendu public.
Du côté palestinien, le mouvement Hamas a, par la voix de son porte-parole Hazem Qassem, exprimé l’espoir que cette arrivée marque le début d’une mission de séparation entre la population civile et les forces d’occupation israéliennes, tout en appelant à une mise en œuvre immédiate du cessez-le-feu, à la formation d’un comité national de gestion de Gaza et au retrait israélien. Toutefois, le même mouvement a vivement condamné les propositions américaines visant à exclure l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) du futur cadre de reconstruction. Pour le Hamas, une telle exclusion s’inscrit dans une stratégie israélienne d’effacement du témoignage international de la Nakba et de liquidation du droit au retour. Cette position est partagée par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui, depuis Djeddah, a réaffirmé le rôle politique, juridique et humanitaire irremplaçable de l’UNRWA, rejetant toute tentative de l’affaiblir ou de la remplacer.
Le Conseil de paix, de son côté, conditionne l’entrée dans la deuxième phase de son plan au désarmement vérifié du Hamas et à la passation du pouvoir à une autorité civile palestinienne technocratique, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Or ce comité, constitué à l’extérieur de l’enclave, n’a toujours pas pu y pénétrer, ce qui, selon des analystes de la région, soulève des interrogations sur sa légitimité et sa capacité opérationnelle. La solution de repli évoquée – l’établissement de « communautés temporaires » dans la zone verte sous contrôle israélien près de Rafah – se heurte à l’incertitude quant à l’acceptation par la population palestinienne d’un déplacement vers des secteurs sous autorité militaire israélienne. Le piège du séquençage bloque l’ensemble : Israël, d’après des sources médiatiques, refuse tout retrait sans désarmement complet, tandis que le Hamas exige au préalable des garanties internationales et le respect par Israël de la première phase de l’accord.
Dans ce contexte, des officiers marocains ont rejoint le quartier général naissant de l’ISF dans le sud d’Israël, sans que cela ne constitue un déploiement opérationnel à l’intérieur de Gaza. Le Conseil de paix, réuni cette semaine à Chypre après un atelier préparatoire au Caire, devrait prochainement saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour faire pression en faveur du désarmement du Hamas. Le dossier reste ainsi suspendu à une double équation : la résolution du différend sur le rôle de l’UNRWA, perçu par les capitales arabes et l’OCI comme un pilier intangible de la question des réfugiés, et la levée des blocages politiques qui empêchent le NCAG et l’ISF de devenir des acteurs effectifs sur le terrain.
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Les premiers véhicules tactiques du Board of Peace sont arrivés à la base logistique près de Gaza, marquant le début opérationnel de la mission de stabilisation. Le Hamas salue cette étape comme un moyen de séparer les civils palestiniens des forces israéliennes et de mettre fin aux violations. L'accent est mis sur la préparation logistique et le potentiel de la force internationale à faciliter l'aide et la reconstruction.
Le Hamas condamne avec virulence le projet américain de 'Nouveau Gaza' qui marginalise l'UNRWA, le qualifiant de tentative d'effacer le témoin historique de la Nakba. L'agence onusienne est défendue comme une bouée de sauvetage irremplaçable pour les réfugiés palestiniens, tandis que l'occupation israélienne est accusée de chercher systématiquement à la démanteler. La rhétorique est celle de la résistance et de la dénonciation de ce qui est présenté comme un complot visant à liquider les droits palestiniens.
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