
Afrique du Sud : plus de 900 arrestations lors des manifestations anti-migrants du 30 juin
Les marches, majoritairement pacifiques mais ponctuées de violences, ont accéléré le rapatriement de milliers de ressortissants africains et ravivé les tensions diplomatiques sur le continent.
Le 30 juin 2026, des milliers de manifestants ont défilé dans les principales villes sud-africaines pour exiger le départ des migrants sans papiers, à l’échéance fixée par plusieurs groupes citoyens anti-immigration. Selon la police nationale, plus de 900 personnes ont été interpellées lors de ces 120 rassemblements, dont 108 se sont déroulés sans incident majeur. Les forces de l’ordre rapportent qu’un homme a été abattu dans le township d’Alexandra, à Johannesburg, lors du pillage de commerces tenus par des étrangers, et que deux autres personnes ont été blessées par balle dans le quartier de Hillbrow. À Durban, une enquête a été ouverte après la mort d’un ressortissant étranger qui aurait sauté du huitième étage d’un immeuble la veille des manifestations, craignant d’être pris pour cible.
Face à la montée des tensions, les autorités sud-africaines ont déployé des renforts policiers dans cinq des neuf provinces du pays et positionné l’armée « sur une base de contingence » dans certains secteurs de Johannesburg et de Durban. Le président Cyril Ramaphosa avait rencontré des meneurs du mouvement la veille des marches, tout en rappelant lors d’une allocution télévisée que seuls les agents de l’État sont habilités à faire appliquer les lois sur l’immigration. Le ministre de la Police a qualifié les protestations de « largement pacifiques », malgré des « incidents isolés de pillage » et l’arrestation de trois suspects à Hillbrow pour avoir ouvert le feu sur des manifestants.
Les groupes à l’origine de la mobilisation, comme March and March et Operation Dudula, ont annoncé leur intention de manifester chaque jeudi pendant six mois pour contraindre le gouvernement à « se débarrasser » des étrangers en situation irrégulière. Dans plusieurs zones, des manifestants ont procédé à des expulsions de domiciles, remettant les résidents présumés étrangers aux policiers pour vérification de leurs papiers. Du côté des pays d’origine, les réactions diplomatiques se sont multipliées. Le Nigeria, par la voix du conseiller présidentiel aux affaires étrangères, a exigé des enquêtes sur les violences visant ses ressortissants et l’activation sans délai du mécanisme d’alerte précoce bilatéral. Le Ghana et le Nigeria avaient déjà convoqué les hauts-commissaires sud-africains en avril et mai pour exprimer leur « mécontentement ».
Ces événements s’inscrivent dans un cycle de violences xénophobes récurrent en Afrique du Sud, où plus de 60 personnes avaient péri en 2008 lors d’émeutes contre des non-nationaux. D’après le centre de recherche African Centre for Migration and Society, deux décès liés à la xénophobie ont été recensés cette année avant la journée du 30 juin. Les gouvernements du Malawi, du Ghana et du Nigeria ont organisé le rapatriement de plusieurs milliers de leurs citoyens, tandis que des témoignages recueillis au Malawi décrivent des retours dans le dénuement et la peur. Le dossier reste ouvert : les manifestations hebdomadaires annoncées et la pression diplomatique africaine maintiennent une incertitude sur la capacité de Pretoria à contenir les violences tout en répondant aux revendications des mouvements anti-immigration.
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Coverage focuses on street protests and bandit attacks, portraying South Africa as gripped by violence and instability. Emphasis is on local suffering and the lack of effective government response. A sense of abandonment and injustice felt by the population emerges.
European coverage frames South African events as a case of regional instability with global security implications. Human rights violations and institutional fragility are highlighted, but with a detached, analytical tone. Focus is on diplomatic consequences and risk of escalation.
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