
Budapest Pride : une édition caniculaire, entre héritage d’Orbán et espoir prudent
La première Marche des fiertés depuis la chute de Viktor Orbán s’est déroulée sous une chaleur record, mêlant soulagement et attentes envers le nouveau gouvernement conservateur.
Sous un soleil de plomb et des températures frôlant les 38°C, les participants à la 31e Budapest Pride ont défilé samedi 27 juin, bouteilles d’eau en main, le long d’un parcours jalonné de fontaines ouvertes par la municipalité. Partis de l’Opéra, ils ont traversé le centre-ville avant d’emprunter le pont Erzsébet, où des contre-manifestants avaient auparavant arraché et jeté dans le Danube des drapeaux arc-en-ciel hissés par la mairie.
Pour la première fois depuis seize ans, la marche n’était ni interdite ni menacée de l’être. L’an dernier, le gouvernement de Viktor Orbán avait utilisé une loi de « protection des mineurs » pour prohiber le rassemblement, provoquant une mobilisation historique de près de 200 000 personnes. Cette année, la police a autorisé le défilé sans entraves. « Avant, il y avait beaucoup de tension. Maintenant, les gens semblent plus heureux, et il y a aussi plus de personnes âgées », confiait une participante, Luca Új, citée par la presse anglo-saxonne.
Ce changement d’atmosphère tient à la défaite électorale d’Orbán en avril, remplacé par le conservateur Péter Magyar. Si les lois restreignant les droits des personnes LGBT+ – interdiction de l’adoption pour les couples de même sexe, impossibilité de changer la mention de genre à l’état civil, limitation de l’accès des mineurs à des contenus sur l’homosexualité – demeurent en vigueur, leur application s’est assouplie. La Cour de justice de l’Union européenne a d’ailleurs jugé en avril que la législation de 2021 violait le droit européen. Dans les médias d’Europe occidentale, on souligne le contraste avec l’Italie, où la Pride de Milan, le même jour, s’est tenue dans un climat politique toujours hostile, le gouvernement de Giorgia Meloni ayant récemment durci l’encadrement de l’éducation sexuelle à l’école.
La foule, estimée entre 10 000 et 25 000 personnes selon les sources, était bien moins nombreuse que l’année précédente, la canicule ayant dissuadé les plus fragiles. Mais l’humeur était à la fête et à l’espoir mesuré. « Le plus grand changement, c’est la politique du pays. Nous ressentons plus de liberté, et l’atmosphère est plus détendue », a déclaré un chimiste de 51 ans, Máté Tarnai, à l’agence Associated Press. Pour autant, les organisateurs rappellent que le nouveau gouvernement n’a pas abrogé les textes discriminatoires et que le premier ministre Magyar, qui ne s’est pas rendu à la marche, a demandé « de la patience » sur ces sujets.
Alors que le cortège se dispersait dans le parc Vérmező pour un concert en plein air, les regards se tournaient vers les ponts de la capitale, où les couleurs arc-en-ciel, un moment arrachées, flottaient à nouveau, symboles d’une normalité fragile mais retrouvée.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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In France, the heatwave led to the cancellation of the pride march, seen as a necessary public health measure. The event is portrayed as a temporary sacrifice in the face of the climate emergency.
The heatwave in Europe is analyzed in terms of economic costs and the need for adaptation, emphasizing the urgency of investments to avoid future damage. The cancellation of events like pride is just a symptom of a larger problem.
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