
Prix de la paix à Trump : 50 eurodéputés saisissent l’éthique de la FIFA
Une lettre de parlementaires européens, soutenue par l’ONG FairSquare, relance le débat sur la neutralité politique de Gianni Infantino à l’approche du Mondial 2026.
La contre-attaque est venue du Parlement européen. Lundi 29 juin, cinquante députés issus de treize pays ont adressé une lettre à la commission d’éthique de la FIFA, lui demandant d’ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles le président Gianni Infantino a décerné un « prix de la paix » au président américain Donald Trump. Le courrier, rendu public jeudi soir par l’organisation britannique FairSquare, exhorte l’instance à examiner si cette distinction inédite a été décidée par le Conseil de la FIFA, son bureau, ou de manière unilatérale par Infantino lui-même. Les signataires rappellent que le code éthique de la fédération internationale impose à son dirigeant de « rester politiquement neutre ».
L’offensive parlementaire s’appuie sur une plainte déposée en décembre dernier par FairSquare, qui accuse Infantino d’avoir violé son devoir de neutralité en favorisant Trump. L’ONG souligne que le prix, remis en novembre 2025, n’a jamais été assorti de critères ni de modalités transparents. Elle pointe également les appels antérieurs d’Infantino à attribuer le Nobel de la paix au président américain, ainsi que ses commentaires favorables à la politique intérieure de ce dernier. Jusqu’ici, seule la fédération norvégienne de football avait rejoint cette contestation, par une lettre envoyée en juin, se détachant ainsi des 211 membres de la FIFA.
L’initiative des eurodéputés – majoritairement sociaux-démocrates, libéraux et verts, emmenés par l’Irlandais Barry Andrews, la Néerlandaise Lara Wolters, le Danois Niels Fuglsang et l’Allemand Sebastian Everding – constitue, selon FairSquare, « l’intervention la plus significative de responsables politiques européens contre les abus de gouvernance au sommet du football mondial » depuis que le Parlement avait réclamé, en 2015, la démission du prédécesseur d’Infantino, Sepp Blatter. La lettre élargit le réquisitoire aux liens entre la FIFA et l’Arabie saoudite, pays hôte du Mondial 2034, et au récent contrat de sponsoring avec la compagnie pétrolière Aramco, qualifiée de « plus grand pollueur corporatif de la planète ».
Cette fronde éclate alors que le Mondial 2026 bat son plein, plaçant la FIFA sous les projecteurs de la planète. Interrogé par la presse sur d’autres polémiques, Infantino a répondu par un laconique « chill and relax », rapporte la presse italienne. La fédération n’a, pour l’heure, formulé aucun commentaire officiel sur la lettre des parlementaires, pas plus qu’elle n’avait réagi à la plainte de FairSquare. La balle est désormais dans le camp de la commission d’éthique, dont la décision pourrait peser sur la crédibilité de l’instance dirigeante du football mondial, à l’heure où se profile déjà l’attribution du prochain Mondial à un régime sous le feu des critiques.
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La FIFA mérite un prix parodique pour son hypocrisie. Alors qu'on célèbre la Coupe du monde, on oublie l'affaire de l'arbitre somalien refoulé par les États-Unis, et Infantino invite tout le monde à 'se détendre'. Le prix de la paix à Trump n'est que la dernière absurdité d'une gouvernance qui ignore ses propres règles.
Cinquante eurodéputés demandent à la FIFA d'enquêter sur Infantino pour le prix de la paix à Trump, en soutien à une plainte de FairSquare. Il s'agit de l'intervention politique européenne la plus significative contre les abus de gouvernance dans le football mondial depuis l'appel à la démission de Blatter en 2015. La lettre accuse Infantino d'avoir violé le devoir de neutralité politique.
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