
Chute historique de la popularité de Poutine sur fond de crise du carburant
Tous les sondeurs russes enregistrent un recul marqué de la confiance envers le président, dans un contexte de pénuries d’essence et de frappes de drones ukrainiens.
La cote de confiance et d’approbation du président russe Vladimir Poutine a connu, durant la dernière semaine de juin, sa plus forte baisse hebdomadaire depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, selon les données publiées par l’institut public VTsIOM. L’approbation de son action a chuté de 3,5 points pour s’établir à 66,9 %, tandis que la confiance reculait de 3,4 points à 73,3 %. Cette dégradation, la plus rapide enregistrée par cet institut depuis le conflit, coïncide avec une crise d’approvisionnement en carburant qui touche l’ensemble du territoire russe, conséquence directe des frappes de drones ukrainiens contre les raffineries.
Les trois principales organisations de sondage russes – VTsIOM, le Fonds « Opinion publique » (FOM) et le centre indépendant Levada – décrivent une même tendance baissière, bien que leurs méthodologies diffèrent. Le FOM, lié à l’administration présidentielle, rapporte une approbation du travail de Poutine à 70 %, son plus bas niveau depuis février 2022. Le centre Levada, qui publie des données mensuelles, situe ce taux à 74 % en juin, contre 79 % en mai, et relève une chute de neuf points de la part des Russes estimant que le pays va dans la bonne direction. Selon des analystes russes, la modification récente de la méthode d’enquête du VTsIOM – passage d’entretiens téléphoniques à un dispositif mixte incluant du porte-à-porte – a pu atténuer temporairement l’ampleur du recul, les enquêtes en face-à-face touchant davantage une population âgée et moins connectée à l’actualité.
D’après des experts européens et des médias russes en exil, la concomitance entre l’érosion des indicateurs de popularité et la crise du carburant n’est pas fortuite. Les pénuries d’essence et de gazole, les files d’attente aux stations-service et la flambée des prix transforment une difficulté économique en épreuve de la capacité de l’État à gérer le quotidien des citoyens. Le président Poutine a reconnu publiquement l’existence de cette crise pour la première fois le 28 juin, non lors d’une allocution solennelle, mais dans un entretien accordé à un journaliste de la télévision d’État, un format que des observateurs russes interprètent comme une tentative de ne pas paraître coupé des réalités tout en évitant une exposition trop directe.
Les instituts de sondage russes et des analystes indépendants soulignent que la peur de représailles incite une large part de la population à ne pas exprimer ouvertement d’opinions critiques, ce qui rend d’autant plus significative la baisse enregistrée parmi ceux qui acceptent de répondre. Les indicateurs indirects, comme le niveau d’anxiété, confirment cette dégradation : selon le FOM, plus de la moitié des Russes perçoivent un sentiment d’inquiétude prédominant dans leur entourage, un niveau qui n’avait été dépassé qu’au moment de la mobilisation partielle de septembre 2022. Le scrutin de septembre pour le renouvellement de la Douma d’État constitue la prochaine échéance où ces dynamiques pourraient trouver une traduction politique, alors que la crise du carburant reste non résolue et que les attaques aériennes ukrainiennes se poursuivent loin du front.
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La cote de popularité de Poutine chute brutalement alors que les pénuries de carburant se propagent en Russie après les frappes ukrainiennes sur les raffineries. Les données VTsIOM montrent une baisse hebdomadaire record, soulevant des doutes sur la stabilité du soutien au Kremlin.
La cote de popularité de Poutine enregistre sa plus forte baisse hebdomadaire depuis l'invasion de l'Ukraine, selon les données officielles VTsIOM. Les pénuries de carburant et la lassitude de la guerre érodent le soutien, révélant des fissures dans le consensus soigneusement entretenu par le Kremlin.
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