
Le 250e anniversaire des États-Unis éclaté entre deux célébrations rivales
La commémoration est scindée entre un événement trumpiste à Washington et une fête non partisane à Los Angeles, reflet d’un pessimisme national record.
La célébration du semiquincentenaire de l’indépendance américaine, le 4 juillet, s’organise autour de deux événements officiels concurrents, l’un à Washington sous l’égide de la Maison Blanche, l’autre à Los Angeles piloté par la commission bipartisane America250. Selon le magazine Time, cette scission résulte d’un décret signé par le président Donald Trump en janvier 2025 créant le groupe Freedom 250, chargé de reprendre la programmation dans la capitale fédérale, tandis que la commission créée par le Congrès en 2016 a dû se replier sur le reste du territoire.
D’après les documents internes consultés par Time, la Maison Blanche a remplacé le festival culturel prévu par la Smithsonian Institution par une « Great American State Fair » sur le National Mall, couplée à un meeting de campagne que le président qualifie de « plus spectaculaire de tous ». La présidente d’America250, Rosie Rios, a indiqué avoir recommandé ce décret pour mobiliser des agences fédérales, tout en déléguant l’organisation à Washington. Les deux structures ont mené des campagnes de promotion distinctes, y compris lors du Super Bowl, et ne coordonnent pas leurs messages.
Cette politisation a entraîné le retrait d’au moins neuf États dirigés par des démocrates et l’annulation de plusieurs artistes, qui estimaient avoir été trompés sur la nature partisane de l’événement, rapportent des médias britanniques et suédois. Les images de la fête foraine montrent une affluence clairsemée et des pannes techniques, tandis que le président continue d’en vanter le succès sur son réseau Truth Social. Un sondage Reuters/Ipsos, cité par The Independent, indique qu’un Américain sur cinq ne célébrera pas la fête nationale et que deux sur cinq doutent que le pays survive encore 250 ans.
Le contraste avec le bicentenaire de 1976 est saisissant. Le site Vox rappelle qu’en dépit d’une décennie marquée par la stagflation, la défaite au Vietnam et la démission d’un président, les Américains étaient alors trois fois plus optimistes que pessimistes quant à l’avenir. Aujourd’hui, alors que l’espérance de vie a gagné six ans et que la criminalité a reculé, 77 % des sondés estiment que les pères fondateurs seraient déçus. Des commentateurs australiens, dans le Sydney Morning Herald, soulignent que l’idéal d’équité américain a toujours été contesté par les inégalités raciales et sociales, rendant la nostalgie actuelle sélective.
Les festivités culminent ce 4 juillet avec un feu d’artifice record de 860 000 pièces à Washington, critiqué pour son coût et son impact environnemental par la presse suédoise, et un concert à Los Angeles réunissant Queen Latifah et Chris Stapleton. La fracture entre les deux comités ne devrait pas se résorber, et le débat sur le sens de la célébration continue d’alimenter les clivages politiques, le drapeau américain lui-même devenant, selon NBC News, un symbole disputé entre fierté et rejet.
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Le 250e anniversaire de l'Amérique est assombri par un profond pessimisme national et des divisions politiques, avec des célébrations rivales sur les côtes opposées et des millions de personnes qui refusent d'y participer. Le drapeau lui-même est devenu un symbole partisan, et le grand rassemblement de Trump sur le National Mall est entaché d'une faible affluence et de défaillances logistiques. Malgré des données économiques montrant une amélioration depuis 1976, un sentiment omniprésent d'injustice et de cupidité domine l'humeur publique.
Les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire avec un feu d'artifice record et un festival portant l'empreinte personnelle de Trump, avec des pièces commémoratives et des passeports spéciaux. Les critiques dénoncent le coût énorme et l'impact environnemental, mais le président reste imperturbable, promettant la plus spectaculaire fête d'anniversaire jamais organisée.
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