
L'épidémie d'Ebola Bundibugyo gagne une quatrième province congolaise et atteint l'Europe
Avec 1 274 cas et 360 décès, la flambée due à une souche sans vaccin s'étend au Haut-Uélé, tandis qu'un premier cas est confirmé en France, relançant les craintes d'une propagation internationale.
L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) a franchi deux seuils critiques en quelques jours : l'extension à une quatrième province, le Haut-Uélé, et la confirmation d'un premier cas sur le sol européen, en France. Selon les autorités congolaises, un malade a voyagé depuis Bunia, capitale de l'Ituri, vers le Haut-Uélé, région frontalière du Soudan du Sud et de la Centrafrique, où il est décédé. Le bilan officiel s'établit désormais à 1 274 cas confirmés et 360 décès, l'Ituri concentrant plus de 90 % des infections. L'Ouganda voisin a notifié 20 cas et 2 décès.
Cette flambée, la dix-septième de l'histoire du pays, est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement homologué. Détectée tardivement — les premiers décès suspects remonteraient à janvier —, elle a pu se propager de manière silencieuse, les symptômes initiaux étant souvent confondus avec ceux du paludisme. Les rites funéraires, au cours desquels les proches touchent et embrassent les dépouilles, ont constitué un vecteur majeur de transmission. Dans l'est de la RDC, l'insécurité liée aux groupes armés, dont le M23 qui contrôle des portions du Nord et du Sud-Kivu, entrave le déploiement des équipes sanitaires et la traçabilité des contacts.
Face à la menace, le gouvernement congolais a interdit les rassemblements de masse à Kinshasa et dans trois provinces limitrophes des foyers épidémiques, tout en imposant une quarantaine de 21 jours aux voyageurs en provenance des zones touchées. L'opposition dénonce une manœuvre politique visant à empêcher une marche prévue le 8 juillet contre un projet de révision constitutionnelle. En France, le médecin infecté, de retour d'un centre de traitement en Ituri, a transité par la capitale congolaise avant son rapatriement ; les autorités sanitaires françaises ont placé ses contacts en isolement. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déclenché une alerte internationale, reconnaît être « derrière le virus » et peine à évaluer l'ampleur réelle de l'épidémie, les chiffres officiels étant probablement sous-estimés.
Les prochains jours seront déterminants. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) annoncent le lancement imminent d'essais cliniques pour des antiviraux, tandis que l'OMS coordonne l'acheminement de matériel de protection et de chlore vers des structures de santé saturées. La confirmation d'un cas en France rappelle que, dans un monde interconnecté, aucun foyer épidémique n'est véritablement isolé. La capacité à contenir cette souche rare dépendra de la rapidité du diagnostic, de l'acceptation des mesures par les communautés locales et de la coopération transfrontalière dans une région minée par les conflits.
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Le monde s'était préparé à Ebola, mais pas à cette souche. Avec plus d'un millier de contaminations et un premier cas en France, l'épidémie progresse dans les provinces orientales congolaises, l'Ituri concentrant 95 % des cas. Médecins Sans Frontières prévient que la riposte reste insuffisante et que les zones reculées entraînent une sous-estimation des chiffres.
La République démocratique du Congo a interdit les rassemblements de masse dans la capitale Kinshasa et trois autres provinces pour stopper la propagation d'Ebola. Le foyer épidémique se situe actuellement dans l'est, mais les autorités redoutent qu'il n'atteigne la mégapole de 18 millions d'habitants. Le ministre de l'Intérieur a annoncé cette interdiction à titre préventif.
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