
Immobilier : la remontée des taux et le conflit iranien figent les marchés mondiaux
De la France à l’Inde en passant par le Royaume-Uni et l’Australie, la hausse du coût du crédit et les incertitudes géopolitiques provoquent un net ralentissement des transactions et une érosion des prix.
En France, le marché immobilier subit un « véritable coup d’arrêt », selon les termes du président de la Fnaim, Loïc Cantin. Les données du réseau Century 21 pour le premier semestre 2026 confirment une contraction des volumes, avec une chute de 11 000 transactions en mars et avril par rapport à l’année précédente. La cause immédiate : le renchérissement du coût du crédit, lui-même alimenté par la remontée des obligations d’État à 10 ans, dont le taux a atteint 3,61 % le 29 juin. Cette tension obligataire est directement liée à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui ravive les craintes inflationnistes et pousse les banques centrales à maintenir des conditions monétaires restrictives.
Le même choc se propage au Royaume-Uni, où la Banque d’Angleterre a enregistré en mai 56 205 approbations de prêts hypothécaires, soit le niveau le plus bas depuis décembre 2023 et une baisse de près de 10 000 unités par rapport à avril. Le crédit à la consommation a lui aussi décéléré, signe d’un attentisme accru des ménages. En Inde, les ventes de logements dans les sept principales métropoles ont reculé de 6 % au premier trimestre 2026, selon le cabinet Anarock, malgré un accord de paix intérimaire entre Washington et Téhéran. Les disparités régionales sont toutefois marquées : si Delhi, Mumbai ou Pune enregistrent des baisses sensibles, des villes comme Hyderabad, Bengaluru et Kolkata affichent une légère progression, portée par les pôles d’emploi technologiques et les corridors d’infrastructures.
En Australie, le ralentissement prend une forme particulière : les vendeurs retirent massivement leurs biens des enchères, jugeant les prix offerts insuffisants. À Sydney, le taux de retrait a grimpé à 39,5 % le dernier week-end de juin, contre moins de 10 % en janvier, selon Domain. Melbourne connaît une dynamique similaire, quoique moins spectaculaire. Les acheteurs, confrontés à la hausse des taux et aux modifications de la fiscalité sur les plus-values et l’amortissement négatif, adoptent une posture opportuniste, tandis que les propriétaires peinent à accepter la correction des valorisations. Le Premier ministre Anthony Albanese a défendu ces réformes budgétaires, estimant qu’elles rendraient le système « plus équitable » et que les prix continueraient d’augmenter, mais à un rythme moindre, selon les estimations du Trésor.
L’attention se porte désormais sur la trajectoire des taux directeurs. La Banque centrale européenne, qui doit évaluer la persistance des pressions inflationnistes liées au conflit, et la Réserve fédérale américaine tiendront leurs prochaines réunions dans les semaines à venir. Par ailleurs, la solidité de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran sera déterminante pour apaiser les marchés obligataires. En France, les professionnels anticipent une année 2026 très en deçà de l’éclaircie observée en 2025, où les ventes avaient frôlé les 950 000 unités. Les chiffres définitifs du deuxième trimestre, attendus à l’automne, permettront de mesurer l’ampleur réelle du retournement.
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Le marché immobilier est sonné par la nouvelle flambée du coût du crédit, qui érode le pouvoir d'achat des ménages. Les ventes se contractent et les prix baissent, rendant l'éclaircie de 2025 bien lointaine. Le marché est pratiquement gelé, les acheteurs potentiels battant en retraite.
Les ventes de logements dans les grandes villes indiennes ont chuté de 6 % au premier trimestre 2026, l'incertitude économique et le conflit au Moyen-Orient pesant sur la demande. Malgré un accord de paix provisoire, les répliques de la guerre et les taux d'intérêt élevés continuent de miner la confiance des acheteurs, même si les prix moyens ont légèrement augmenté.
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