
SAS parie sur Airbus et Copenhague pour son expansion long-courrier
La compagnie scandinave, désormais contrôlée par Air France-KLM, commande jusqu’à 40 appareils et fait de Kastrup son hub intercontinental, au détriment de Stockholm.
Le transporteur scandinave SAS a annoncé la plus importante commande d’appareils de son histoire : jusqu’à 40 long-courriers Airbus (A330-300 et A330-900neo) pour un prix catalogue supérieur à 10 milliards de dollars. Cette décision, qui fait suite à une commande de 55 appareils régionaux Embraer l’an dernier, double la flotte long-courrier et ancre la stratégie de la compagnie dans une expansion intercontinentale au départ de Copenhague. L’investissement, rendu possible par le retour à la rentabilité opérationnelle en 2025 après une restructuration sous Chapter 11, doit générer 25 000 emplois dans la région de l’Øresund d’ici 2030, dont 4 000 dans le sud de la Suède.
Le choix de Kastrup comme hub principal redessine la géographie aérienne nordique. L’aéroport danois, qui prévoit d’investir plus de 3 milliards de couronnes par an pour agrandir terminaux et infrastructures, captera l’essentiel des nouvelles liaisons. Les élus de Malmö y voient un levier d’attractivité pour les sièges sociaux et l’emploi régional. En Suède, en revanche, des analystes du secteur soulignent qu’Arlanda se retrouve marginalisée, contraignant les voyageurs suédois à multiplier les escales à Copenhague, y compris pour des destinations européennes. La participation résiduelle de l’État danois (26 %) est perçue comme un facteur ayant orienté ce recentrage, tandis que les propriétaires français et néerlandais privilégient la rentabilité du hub.
Cette réorientation s’inscrit dans la recomposition de l’actionnariat de SAS. Depuis sa sortie de faillite en 2024, la compagnie est contrôlée par Air France-KLM (60,5 %), les États suédois et norvégien ayant cédé leurs parts. Le groupe franco-néerlandais utilise SAS pour renforcer son maillage en Europe du Nord, en contournant les hubs saturés de Paris-Charles-de-Gaulle et d’Amsterdam-Schiphol. La commande à Airbus, préféré à Boeing, consolide la standardisation de la flotte et promet une réduction de 25 % de la consommation de carburant, les appareils étant certifiés pour voler avec 50 % de carburant durable.
La concrétisation de ce plan repose désormais sur la capacité de l’aéroport de Copenhague à livrer à temps les extensions nécessaires. Le directeur général de SAS, Anko van der Werff, a reconnu que « le plus difficile est de faire fonctionner l’ensemble du système ». Les prochaines étapes incluent la confirmation du calendrier de livraison des appareils et l’annonce des nouvelles destinations long-courriers, potentiellement vers l’Afrique et l’Amérique du Sud, alors que la compagnie cherche à renouer avec son rayonnement des années 1980-1990.
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La méga-commande de SAS est saluée comme un triomphe pour la région de l'Öresund, avec des milliers d'emplois à la clé. Mais la focalisation sur Copenhague jette une ombre sur Arlanda, faisant craindre que la Suède ne soit reléguée au rang de hub secondaire, avec davantage d'escales.
La compagnie scandinave a commandé 18 Airbus A330neo pour renouveler sa flotte et étendre son réseau international. L'accord est présenté comme une décision stratégique visant à accroître la capacité long-courrier, sans aborder la concurrence entre hubs régionaux.
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