
L’or subit sa pire chute trimestrielle depuis 2013, plombé par le dollar et les taux
Le métal précieux a perdu plus de 11 % en juin, les marchés anticipant un resserrement monétaire américain face à une inflation aggravée par la guerre en Iran.
Les cours de l’or ont accentué leur repli mardi 30 juin, l’once tombant sous les 4 000 dollars en séance pour la première fois depuis novembre 2025. Le métal précieux se dirige vers une perte mensuelle de 12,7 %, sa plus lourde depuis octobre 2008, et vers son plus fort recul trimestriel depuis le deuxième trimestre 2013. Les contrats à terme américains pour livraison en août cédaient 1,7 % à 3 969 dollars, tandis que l’argent, le platine et le palladium s’inscrivaient également en baisse marquée sur le mois comme sur le trimestre.
Ce décrochage résulte d’un alignement de facteurs défavorables. La vigueur du dollar, en voie d’enregistrer un deuxième gain mensuel consécutif, renchérit le métal pour les détenteurs d’autres devises. Surtout, la flambée des prix de l’énergie provoquée par le conflit iranien alimente les craintes d’inflation et, paradoxalement, éloigne les espoirs de baisse des taux de la Réserve fédérale. L’outil FedWatch du CME indique que les opérateurs attribuent désormais une probabilité de 65 % à un relèvement des taux en septembre, et anticipent trois hausses cette année. Dans ce contexte, le comportement des investisseurs a changé : selon des analystes européens, les intervenants vendent désormais lors des rebonds plutôt que d’acheter sur les replis, une dynamique qui n’avait plus été observée depuis plusieurs années.
Les lectures de cette correction varient selon les régions. Pour des analystes basés à Londres, la combinaison d’une inflation élevée, d’anticipations de taux fermes et d’un dollar fort écrase tous les facteurs haussiers traditionnellement associés à l’or. Dans les places financières du Golfe, certains observateurs tempèrent ce constat : le repli est perçu comme une phase de consolidation saine au sein d’un marché haussier de long terme, soutenu par les achats persistants des banques centrales, la diversification hors du dollar et les déficits budgétaires des grandes économies. Un analyste régional cité par la presse émiratie estime que la tendance de fond reste positive tant que les cours se maintiennent au-dessus de la zone de support des 3 700-3 800 dollars. À Téhéran, la baisse de l’once mondiale s’est répercutée brutalement sur les marchés intérieurs : le gramme d’or 18 carats a chuté de 404 000 tomans en une séance, tandis que le rial s’est raffermi face au dollar après la diffusion d’informations, démenties par l’Iran, sur la tenue de pourparlers à Doha et un possible déblocage d’avoirs iraniens.
Les investisseurs se tournent à présent vers les données de l’emploi américain – rapport ADP et chiffres non agricoles de juin – attendues cette semaine, qui préciseront la marge de manœuvre de la Fed. Parallèlement, l’évolution des discussions entre l’Iran et les États-Unis, même à l’état de rumeurs, continuera d’imprimer une volatilité significative sur les cours du pétrole et, par ricochet, sur l’ensemble du complexe des métaux précieux.
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Le cours de l'or a chuté à son plus bas niveau, poussé par les anticipations de hausse des taux américains. Sur le marché intérieur iranien, la baisse est amplifiée par la volatilité du dollar et les nouvelles politiques, comme les rumeurs d'un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis qui ont inversé la tendance. Un climat d'inquiétude règne face à l'instabilité économique et aux pressions extérieures.
L'or se dirige vers son pire mois depuis 2008, plombé par un dollar fort et une Fed déterminée. Malgré la faiblesse à court terme, les analystes conservent des perspectives positives à long terme tant que les prix se maintiennent au-dessus de la zone de support clé. Le conflit iranien a fait grimper les coûts énergétiques et l'inflation, mais le métal précieux garde des fondamentaux solides.
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