
Sony tourne la page du disque : la fin programmée du jeu vidéo physique
L’annonce de l’arrêt de la production de jeux PlayStation sur support physique à partir de 2028 a provoqué une onde de choc chez les distributeurs et les collectionneurs, révélant une mutation accélérée des habitudes de consommation.
Le 1er juillet 2026, quelques heures après la publication d’un billet de blog par Sid Shuman, directeur de la communication chez Sony Interactive Entertainment, la chaîne espagnole de magasins de jeux vidéo GAME diffusait un communiqué cinglant. Le texte défendait « la liberté de prêter, de vendre, de collectionner et de choisir où acheter un jeu vidéo sans monopole », une réaction directe à la décision du géant japonais de cesser toute production de disques physiques pour les nouveaux titres PlayStation à compter de janvier 2028. Dans les boutiques madrilènes, les vendeurs voyaient s’envoler un pan entier de leur métier, celui du conseil et de l’échange autour d’un objet tangible.
L’annonce, sobrement intitulée « Important updates », précisait que tous les jeux à venir seraient exclusivement disponibles en téléchargement via le PlayStation Store ou sous forme de codes d’activation chez les détaillants. Les titres déjà commercialisés ou dont la sortie est prévue avant l’échéance de 2028 ne sont pas concernés. Selon le rapport d’activité 2025 de Sony, les ventes de logiciels physiques ne représentaient plus que 3 % du chiffre d’affaires de la marque PlayStation en 2024, tandis que les téléchargements numériques constituaient 80 % des jeux complets écoulés sur l’exercice fiscal. Le cabinet d’analyse Ampere Analysis rappelle qu’en 2013, au lancement de la PlayStation 4, le numérique ne pesait que 13 % des ventes.
Cette bascule s’inscrit dans un mouvement plus large. Quelques jours plus tôt, Rockstar Games avait confirmé que la version physique de Grand Theft Auto VI, attendu en novembre, ne contiendrait aucun disque mais un simple code de téléchargement, suscitant l’incompréhension d’une partie des joueurs. Parallèlement, Sony a annoncé la fermeture progressive des boutiques en ligne des consoles PlayStation 3 et PlayStation Vita, qui interviendra dès août 2026 au Mexique, au Honduras et au Nicaragua, puis s’étendra à l’Amérique latine et au Moyen-Orient avant une extinction mondiale en juillet 2027. Les contenus déjà achetés resteront téléchargeables, mais aucun nouvel achat ne sera possible.
Les réactions ont rapidement dépassé les frontières. En Espagne, le distributeur Meridiem s’est joint à GAME pour dénoncer une atteinte au droit des consommateurs. En Amérique latine, la fermeture anticipée des boutiques PS3 et PS Vita a ravivé le débat sur la préservation du patrimoine vidéoludique, tandis que les analystes de Niko Partners et d’Ampere Analysis estimaient que cette décision scellait le sort de la future PlayStation 6, qui serait très probablement dépourvue de lecteur de disques. Les collectionneurs, de leur côté, ont vu dans cette annonce le signal d’une raréfaction programmée : les galettes Blu-ray encore en circulation deviennent des biens finis, dont la valeur sur le marché de l’occasion pourrait grimper rapidement.
Dans les rayons des boutiques spécialisées, les derniers jeux sous blister prennent déjà des allures de reliques. Les jaquettes aux couleurs saturées, les notices et les disques gravés, qui avaient remplacé les cartouches en 1994 pour imposer la première PlayStation, s’apprêtent à rejoindre le musée des supports déchus, à l’heure où l’industrie du divertissement tout entière migre vers le cloud et le streaming.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.80 | aligned |
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| Presse russe et CEI | −0.60 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
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