
"Heartstopper Forever" : les adieux doux-amers de Nick et Charlie
Le long-métrage qui conclut la série Netflix adaptée des romans graphiques d’Alice Oseman met en scène la séparation et les retrouvailles du couple, alors que l’œuvre continue de susciter engouement et censure à travers le monde.
Dans les premières minutes de « Heartstopper Forever », Charlie Spring décroche du mur de la chambre de Nick Nelson une bande de photos légèrement de travers. Les clichés, pris le jour où ils ont officialisé leur relation sur une plage anglaise, lui arrachent un sourire mélancolique : « On a l’air de bébés. » La réplique vaut autant pour les personnages que pour les acteurs, Joe Locke et Kit Connor, propulsés vers une célébrité planétaire il y a quatre ans et qui font aujourd’hui leurs adieux à ces rôles, rapporte le Los Angeles Times.
Ce long-métrage de deux heures, choisi par Netflix plutôt qu’une quatrième saison, suit Nick qui s’apprête à rejoindre l’université de Leeds tandis que Charlie, d’un an son cadet, devient le délégué général de leur lycée de garçons. La perspective d’une relation à distance provoque une rupture brutale, puis des retrouvailles. Alice Oseman, l’autrice britannique à l’origine des romans graphiques et du webcomic lancé en 2016, a voulu se concentrer sur le duo central, délaissant les intrigues secondaires pour mieux explorer ce que chacun devient sans l’autre.
Depuis son apparition en 2022, la série a été saluée pour sa représentation joyeuse et tendre de la jeunesse queer, loin des récits saturés de traumatismes. Mais cette légèreté n’a pas empêché les attaques. La presse suédoise rappelle que les albums comme la série ont été interdits ou restreints en Hongrie, en Russie, en Turquie et dans certaines régions des États-Unis. L’actrice Yasmin Finney, qui incarne une jeune femme trans, a décrit « Heartstopper » comme « une échappatoire pour les personnes queers », une formule qui, selon le quotidien Sydsvenskan, touche juste.
L’accueil du final varie selon les latitudes. La Süddeutsche Zeitung, qui qualifie la série de « peut-être la plus belle coming-of-age jamais produite par Netflix », estime que le « feu d’artifice final » n’est pas totalement réussi. En Suède, on juge le film prévisible mais fidèle à l’esprit de la saga, et l’on dénonce les attaques homophobes comme le seul comportement véritablement condamnable. En Espagne, le journal Perfil se contente de l’inscrire parmi les sorties à ne pas manquer le week-end, signe d’une œuvre devenue un repère familier du paysage audiovisuel mondial.
Au moment où le film sort, Alice Oseman achevait le sixième et dernier volume de la bande dessinée, offrant une conclusion parallèle sur papier. Ainsi, l’histoire de Nick et Charlie ne s’éteint pas tout à fait : elle migre vers les pages, comme si la photo froissée accrochée au mur pouvait encore, ailleurs, continuer de raconter la douceur d’un premier amour.
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.70 | aligned |
La fin de Heartstopper est l'épilogue logique de toute histoire de lycée : avec le diplôme, le monde scolaire se dissout et l'amour adolescent doit faire face à la réalité.
La conclusion est présentée comme un fait naturel et inévitable, utilisant le cycle de vie des histoires pour minimiser le poids émotionnel du final.
L'aspect célébratoire et nostalgique du final est omis, se concentrant plutôt sur la nature éphémère des histoires de lycée.
Nick et Charlie regardent en arrière avec tendresse : leur histoire est un voyage de croissance qui mérite un adieu sincère.
Un détail intime (la photo de travers) est utilisé pour ancrer le final dans un moment d'émotion authentique, rendant la séparation à la fois personnelle et universelle.
Toute incertitude quant à l'avenir de la relation est omise, présentant le final comme un point d'arrivée serein.
Élargis ton regard
New York : le maire Mamdani étudie l’arrestation de Netanyahou à l’ONU
12 langues · 38 sources
Depuis Economy & MarketsArgentine, Brésil, Iran, Indonésie : les économies émergentes à l’épreuve de la stabilité financière et des flux de capitaux
5 langues · 8 sources
Depuis TechnologyL’Inde, troisième nation à réussir un lancement orbital privé avec la fusée Vikram-1
4 langues · 6 sources