
L’accord Liban-Israël bute sur le refus du Hezbollah et les ambiguïtés de sa mise en œuvre
Signé le 26 juin sous l’égide des États-Unis, l’accord-cadre conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah, aussitôt jugé « nul et honteux » par le mouvement chiite.
Washington a officialisé vendredi 26 juin la signature d’un accord-cadre trilatéral entre Israël, le Liban et les États-Unis, présenté comme une étape vers une paix durable entre deux États techniquement en guerre depuis 1948. Le texte prévoit un retrait progressif de l’armée israélienne du sud du Liban, en échange du désarmement effectif des groupes armés non étatiques – en clair du Hezbollah – et du déploiement exclusif de l’armée libanaise dans des « zones pilotes ». Un annexe de sécurité, non rendue publique, détaille ce processus, tandis qu’Israël insiste sur le maintien d’une « zone de sécurité » d’environ dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé.
Les réactions soulignent l’extrême polarisation régionale. Depuis Jérusalem, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a qualifié l’accord de « succès historique » portant un « coup à l’Iran et au Hezbollah », tandis que son ministre de la défense, Israël Katz, a ordonné aux troupes de se préparer à une présence prolongée. Du côté libanais, le président Joseph Aoun y voit « un premier pas » vers la restauration de la souveraineté. Mais le Hezbollah, par la voix de son secrétaire général Naïm Qassem, a dénoncé un texte « humiliant, honteux, qui équivaut à une reddition de la souveraineté ». Le mouvement chiite a appelé au respect du mémorandum d’entente américano-iranien, signé la semaine précédente, qui prévoit un mécanisme de déconfliction incluant Téhéran mais excluant Israël. Des manifestations de partisans du Hezbollah ont éclaté à Beyrouth, et des responsables du parti ont mis en garde contre un « conflit interne » si l’armée libanaise tentait de les désarmer.
Cette contradiction entre les deux instruments diplomatiques illustre les lignes de fracture qui traversent le dossier libanais. Selon des analystes de la presse israélienne, l’accord-cadre reconnaît pour la première fois de manière explicite le droit d’Israël à maintenir une présence militaire au Liban jusqu’au désarmement des milices, ce que Téhéran et ses alliés dénoncent comme une légalisation de l’occupation. À l’inverse, des commentateurs proches du Hezbollah estiment que le gouvernement libanais, en signant cet accord sans garantie iranienne, a commis une erreur stratégique qui pourrait replonger le pays dans la guerre civile. La France, engagée de longue date au Liban, s’est dite « prête à contribuer » à la mise en œuvre, tout en rappelant la nécessité du « monopole intégral des armes par l’État libanais » et du retrait complet israélien.
La mise à l’épreuve est immédiate. Moins de quarante-huit heures après la signature, des frappes aériennes israéliennes ont visé le sud du Liban, près des localités de Deir Siryan et Taybeh, selon l’agence de presse nationale libanaise. Si l’armée israélienne justifie ces opérations par la présence de combattants du Hezbollah, elles fragilisent la crédibilité de l’accord auprès de la population libanaise. Le véritable test résidera dans le calendrier des premières zones pilotes, où l’armée libanaise devra prendre le relais des forces israéliennes. Mais sans un consensus interne sur le désarmement, ce qui suppose une confrontation avec le Hezbollah que peu d’observateurs jugent réaliste, l’accord risque de rester lettre morte, à l’image des cessez-le-feu et des résolutions onusiennes antérieures.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Netanyahu presents the deal as a historic victory that strengthens Israel and weakens Hezbollah and Iran, reaffirming Israel's right to maintain a security zone in southern Lebanon until disarmament. The strike is portrayed as a necessary defensive action against a threat.
Hezbollah's leader rejects the US-brokered deal as a humiliating surrender that legitimizes Israeli occupation and violates Lebanese sovereignty. The group vows to continue resistance until full Israeli withdrawal, dismissing the framework as null and void.
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