
Le dollar se renforce à l’échelle mondiale, les monnaies émergentes sous tension
La perspective d’un resserrement monétaire aux États-Unis et les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient propulsent le billet vert, affectant les équilibres de change de Lagos à Moscou en passant par Buenos Aires.
Le dollar américain s’est apprécié face à un large panier de devises en cette fin de mois de juin 2026, porté par la réévaluation par les marchés de la trajectoire des taux de la Réserve fédérale. L’indice dollar, qui mesure la devise contre six autres grandes monnaies, a franchi le seuil des 101 points, un niveau inédit depuis plus d’un an, tandis que les rendements des obligations du Trésor américain se tendaient. Ce mouvement reflète l’anticipation d’un tour de vis monétaire dès l’automne, les opérateurs estimant désormais probable une première hausse des taux directeurs en octobre, suivie d’une seconde au printemps 2027.
Cette dynamique a exercé une pression généralisée sur les monnaies des économies émergentes et dépendantes des matières premières. En Amérique latine, le peso argentin a franchi le seuil symbolique des 1 500 pour un dollar au guichet officiel, une dépréciation de plus de 5 % sur le mois, la plus forte depuis près d’un an. Les analystes de la région attribuent cette glissade à la conjonction d’une offre de devises agricoles en repli après la récolte, d’une demande saisonnière liée au versement des primes de milieu d’année et d’un effet de contagion du raffermissement mondial du billet vert. Le real brésilien et le peso chilien ont également cédé du terrain, tandis que le peso colombien s’est déprécié de plus de 6 % sur le mois, dans l’attente d’une décision de la banque centrale nationale qui pourrait relever ses taux de 50 points de base pour contrer l’inflation.
En Afrique, le naira nigérian a poursuivi son effritement, s’échangeant autour de 1 385 nairas pour un dollar sur le marché officiel et jusqu’à 1 395 sur le marché parallèle, un écart qui reste toutefois contenu. La roupie indienne a, elle, touché un nouveau point bas à 94,65 pour un dollar, pénalisée par une demande corporative de fin de mois et un climat d’aversion au risque. En Russie, le rouble a nettement décroché face au yuan, la devise chinoise s’appréciant de près de 25 kopecks en une séance pour atteindre 11,62 roubles, dans un contexte de réduction imminente des ventes de devises par la Banque de Russie et de baisse des prix du pétrole.
Les cours du brut, justement, ont accentué la pression sur les devises des pays exportateurs. Le Brent est retombé sous les 73 dollars le baril, en passe d’enregistrer sa plus forte chute trimestrielle depuis 2020, les investisseurs digérant les perspectives d’un apaisement progressif dans le détroit d’Ormuz et d’éventuelles discussions entre les États-Unis et l’Iran à Doha. La volatilité géopolitique reste néanmoins élevée, Téhéran ayant démenti toute négociation directe tout en confirmant l’envoi d’une délégation technique.
Les prochains jours s’annoncent décisifs. Les marchés guetteront la décision de taux de la Banque de la République de Colombie ce mardi, les chiffres de l’emploi américain attendus en fin de semaine, ainsi que l’annonce par le ministère russe des Finances des paramètres de ses opérations de change pour juillet. Ces rendez-vous détermineront si la poussée actuelle du dollar constitue un ajustement passager ou le prélude à une phase de volatilité plus durable.
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La flambée du dollar met les devises émergentes sous forte pression, le taux officiel argentin touchant la barre symbolique des 1 500 pesos et clôturant juin avec la plus forte hausse mensuelle en près d'un an. Les tensions de change s'accentuent à mesure que les flux saisonniers de dollars agricoles diminuent et que le sentiment du marché évolue, faisant craindre une volatilité accrue. Le régime de flottement administré est mis à l'épreuve et le dollar parallèle 'blue' reflète un malaise croissant chez les épargnants.
La roupie indienne s'est légèrement affaiblie face à un dollar globalement plus fort, clôturant à 94,65, sous la pression de la demande des entreprises de fin de mois et d'un sentiment d'aversion au risque. Toutefois, la baisse a été contenue par la stabilité des prix mondiaux du pétrole brut et les anticipations d'intervention de la banque centrale. Le marché des changes reste ordonné, la dépréciation étant perçue comme faisant partie d'une tendance mondiale plutôt que d'une crise intérieure.
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