
Washington et le Golfe frappent les piliers financiers du Hezbollah
Cinq entités et seize responsables visés par des sanctions coordonnées du Centre de ciblage du financement du terrorisme, dont la microfinance du Qard al-Hassan et le Trésor officieux du parti chiite.
Les États-Unis et les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont annoncé, mardi 30 juin 2025, une série de désignations conjointes contre l’infrastructure financière du Hezbollah libanais. Cinq entités – au premier rang desquelles l’association Al-Qard al-Hassan (AQAH) et le Bayt al-Mal – ainsi que seize de leurs dirigeants et cadres sont visés par ces mesures, coordonnées au sein du Centre de ciblage du financement du terrorisme (TFTC). Tous les noms figuraient déjà sur les listes noires américaines ; il s’agit de la neuvième action commune depuis la création du TFTC en mai 2017, et de la troisième sous l’actuelle administration Trump.
Selon le Trésor américain, l’objectif est de « perturber la capacité du Hezbollah à exploiter le système financier international », de protéger son intégrité et de « soutenir le peuple libanais ». Les pays du Golfe, par la voix du TFTC, affirment que les réseaux visés menacent la stabilité régionale, la sécurité internationale et le commerce mondial. En réponse, le bloc parlementaire du Hezbollah, par la voix du député Hassan Ezzedine, dénonce des sanctions destinées à « effrayer la population libanaise et à soutenir l’agression israélienne », tout en les jugeant sans effet nouveau. Depuis le sud du Liban, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a lié la présence militaire israélienne à la menace que représenterait le parti chiite, soulignant la convergence entre pression financière et maintien d’une posture de force.
Le Trésor décrit l’AQAH comme une organisation non gouvernementale de façade qui, sous licence du ministère libanais de l’Intérieur, fournit des services bancaires via des comptes-écrans et des intermédiaires, accumulant des devises fortes dont l’économie libanaise aurait un besoin urgent. Le Bayt al-Mal est présenté comme le Trésor officieux du Hezbollah, chargé de détenir et d’investir ses avoirs, et de servir d’intermédiaire avec les banques conventionnelles, sous la supervision directe du secrétaire général du parti. Parmi les individus sanctionnés figurent Ibrahim Ali Daher, chef de l’Unité financière centrale qui supervise le budget et les dépenses du Hezbollah à l’échelle mondiale, Adel Mohammad Mansour, directeur exécutif de l’AQAH, et Ahmad Mohamed Yazbeck, son directeur financier. Selon Washington, certains d’entre eux ont facilité des transferts de plus de 500 millions de dollars via des banques libanaises et américaines, en recourant à des comptes « fantômes » et à des établissements comme la Jamal Trust Bank, elle-même sous sanctions. Trois autres sociétés – Al-Khobara, Tashilat SARL et Auditors for Accounting and Auditing – sont accusées d’avoir fourni des services comptables ou des prêts au réseau.
Au Liban, ces sanctions touchent des institutions profondément ancrées dans le tissu économique de la communauté chiite, l’AQAH jouant le rôle d’un organisme de microcrédit dans un pays où le système bancaire formel s’est effondré. Dans les milieux politiques libanais, une partie de la classe dirigeante y voit une campagne de pression élargie contre « l’axe de la résistance », tandis que d’autres, proches des institutions étatiques, y lisent une étape nécessaire pour restaurer la souveraineté de l’État sur les flux financiers. Le TFTC, créé sous la première présidence Trump, institutionnalise un alignement rare entre Washington et l’ensemble des monarchies du Golfe sur le dossier du Hezbollah, malgré des priorités régionales parfois divergentes. Ces mesures interviennent alors que le Parlement libanais reste paralysé et que son président, Nabih Berri, allié chiite du Hezbollah, est pressé de clarifier sa position face à la présidence de la République et aux engagements régionaux du parti.
Le communiqué du TFTC indique que les échanges d’informations opérationnelles entre les États membres se poursuivront, sans calendrier annoncé pour de nouvelles désignations. La permanence de l’activité du Centre sous l’administration américaine actuelle suggère que la pression financière sur le Hezbollah demeurera une priorité transatlantique et golfe. Le gouvernement libanais, pris entre ses obligations internationales et les équilibres confessionnels internes, n’a pas officiellement réagi à cette troisième salve de sanctions coordonnées.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Le bloc de presse iranien ignore largement les sanctions américano-golfe contre les structures financières du Hezbollah, traitant l'histoire comme un non-événement. Au lieu de cela, il se concentre sur les questions intérieures, sous-entendant que ces actions extérieures sont sans importance ou illégitimes. Le récit suggère que le Hezbollah reste fort et que les sanctions sont une forme d'agression occidentale qui n'affectera pas l'axe de la résistance.
Le bloc de presse atlantique présente les sanctions comme une mesure nécessaire et efficace pour affaiblir le Hezbollah et ses soutiens iraniens. Il souligne la coopération entre les États-Unis et les pays du Golfe, la présentant comme une victoire pour la coalition antiterroriste. Le récit met l'accent sur l'isolement de l'Iran et du Hezbollah, et avertit de nouvelles actions.
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