
Taxe numérique : Trump brandit la menace de droits de douane de 100 % contre l’Europe
Au lendemain de l’approbation d’un accord commercial transatlantique, le président américain a averti que tout pays imposant une taxe sur les services numériques aux entreprises américaines subirait des tarifs punitifs immédiats, ravivant le spectre d’une guerre commerciale.
La trêve commerciale aura été de courte durée. Le 26 juin, Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social un avertissement sans équivoque : tout pays qui instaurera une taxe sur les services numériques visant les géants américains de la technologie se verra immédiatement frappé de droits de douane de 100 % sur l’ensemble de ses exportations vers les États-Unis. Cette mesure, a-t-il précisé, primera sur tout accord commercial existant, qu’il soit en vigueur, signé ou en cours de négociation. La déclaration intervient vingt-quatre heures seulement après que les États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert définitif à un pacte négocié l’an dernier, qui plafonne à 15 % les droits de douane sur la plupart des exportations européennes.
La riposte de Bruxelles ne s’est pas fait attendre. Un porte-parole de la Commission européenne a qualifié d’« injustifiées » les mesures unilatérales américaines, rappelant que l’Union et ses États membres disposent du « droit souverain de réglementer les activités économiques sur leur territoire ». La taxe numérique, a-t-il souligné, est non discriminatoire et s’applique à toutes les grandes entreprises, quelle que soit leur origine. L’exécutif européen a promis une réaction « rapide et décisive » si Washington mettait ses menaces à exécution. Cette fermeté s’inscrit dans un contentieux plus large : les taxes sur les services numériques, absentes de l’accord commercial d’août 2025, demeurent l’un des principaux points de friction entre les deux rives de l’Atlantique.
La pression américaine ne se limite pas à l’Union. Le Royaume-Uni, qui applique depuis 2020 une taxe de 2 % sur les revenus numériques des grandes plateformes, est dans le collimateur de la Maison-Blanche, tout comme la France, dont le prélèvement de 3 % sur les géants du numérique avait déjà valu à ses vins et champagnes la menace de tarifs punitifs. Le Canada, lui, a retiré l’an dernier son projet de taxe sous la pression de Washington. L’Inde, en revanche, semble épargnée : New Delhi a déjà supprimé une partie de ses prélèvements et négocie un accord commercial avec les États-Unis. Cette géographie des exemptions dessine une stratégie américaine qui, sous couvert de réciprocité, vise à protéger les positions dominantes d’Alphabet, Meta, Amazon ou Apple, tout en fragmentant le front des pays désireux de taxer l’économie numérique là où la valeur est créée.
L’administration Trump s’appuie sur la section 301 du Trade Act de 1974, déjà utilisée pour imposer des droits de douane sur les importations chinoises, et a lancé plusieurs enquêtes visant les taxes numériques étrangères. L’OCDE plaide pour une approche coordonnée, mais les négociations multilatérales patinent. La prochaine échéance à surveiller est la date butoir du 4 juillet, à laquelle l’accord commercial UE-États-Unis doit entrer en application. D’ici là, la menace de tarifs punitifs pourrait soit accélérer la recherche d’un compromis sur la fiscalité numérique, soit précipiter une escalade protectionniste aux conséquences économiques incertaines.
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Trump lance un ultimatum à l'Europe : des droits de douane de 100 % sur toutes les marchandises si les pays de l'UE introduisent une taxe sur les services numériques. Bruxelles revendique son droit souverain de taxer les multinationales de la tech et promet une réponse ferme. Cette menace est perçue comme une nouvelle attaque contre la souveraineté européenne et une escalade de la guerre commerciale.
Les États-Unis menacent d'imposer des droits de douane de 100 % aux pays européens qui adoptent une taxe sur les services numériques, en contournant les accords commerciaux existants. Cette décision est rapportée avec détachement, soulignant une énième friction transatlantique. L'impression est que Washington utilise le levier tarifaire pour imposer ses intérêts, tandis que l'Europe cherche à taxer les géants américains de la tech.
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