
Andy Burnham esquisse un « nouveau câblage » du Royaume-Uni depuis Manchester
Le favori à la succession de Keir Starmer a dévoilé lundi un projet de décentralisation inédit, adossé à un engagement de discipline budgétaire, sans répondre aux questions de la presse.
Andy Burnham, député travailliste et seul candidat déclaré à la direction du Parti travailliste et au poste de Premier ministre, a prononcé lundi 29 juin à Manchester son premier grand discours programmatique. Il y a annoncé la création d’un « No. 10 North », une antenne du bureau du Premier ministre installée dans le nord de l’Angleterre, destinée à coordonner une vaste décentralisation des pouvoirs économiques et politiques. Tout en se réclamant du manifeste électoral de 2024, il s’est engagé à respecter les règles budgétaires en vigueur – équilibre des dépenses courantes et réduction de la dette rapportée au PIB –, un signal immédiatement salué par la stabilité de la livre sterling et des marchés obligataires, selon des analystes financiers cités par la presse britannique.
Le diagnostic posé par M. Burnham est celui d’un système politique « cassé » et d’un pays « sur-centralisé », où plus de 90 % des recettes fiscales aboutissent au Trésor londonien. Sa réponse, qu’il nomme « Manchesterisme », entend rompre avec quatre décennies d’économie du ruissellement en confiant aux régions des leviers d’action sur les services essentiels – transports, eau, énergie –, en lançant le plus grand programme de logements sociaux depuis l’après-guerre et en réindustrialisant les filières critiques (acier, défense, alimentation). Le discours, prononcé au Musée de l’histoire populaire, a été accueilli par une ovation debout de l’auditoire, composé notamment de la vice-cheffe du parti, Lucy Powell, et de plusieurs maires régionaux.
Les réactions, en Europe comme au Royaume-Uni, soulignent à la fois l’ambition rhétorique et les zones d’ombre du projet. Du côté des députés travaillistes, l’ancien secrétaire d’État à la Santé Wes Streeting a salué un retour de « l’espoir », tandis que l’aile gauche du parti, par la voix de Nadia Whittome, a regretté l’absence de précisions sur les droits des migrants, les égalités et la politique étrangère. Le Premier ministre gallois, Rhun ap Iorwerth, a prévenu qu’un « No. 10 du Nord » ne signifierait pas grand-chose pour le pays de Galles, réclamant un financement équitable et une parité de pouvoirs avec l’Écosse. La presse italienne a relevé le caractère de « monologue » d’un discours sans questions, y voyant une tentative de contrôle du message dans une course au leadership sans débat interne. En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung a rapproché la démarche du principe constitutionnel d’« égalité des conditions de vie », tandis que la Neue Zürcher Zeitung suisse a souligné l’habileté rhétorique de M. Burnham, contrastant avec le style jugé plus rigide de son prédécesseur.
Ce discours intervient une semaine après la démission de Keir Starmer, affaibli par des revers électoraux locaux et la controverse liée à la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington. M. Burnham, qui a réintégré le Parlement le 22 juin à la faveur d’une élection partielle, pourrait être intronisé Premier ministre dès la mi-juillet si aucune autre candidature n’est déposée d’ici au 16 juillet. Il n’a fourni ni calendrier de financement, ni orientation en matière de politique étrangère, de santé ou d’immigration, et n’a pas répondu aux journalistes. La prochaine étape formelle est l’ouverture des candidatures le 9 juillet, suivie de la clôture des nominations par le Comité exécutif national du parti.
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The Atlantic press describes internal Labour discussions about a possible early election after Starmer's resignation. It highlights electoral calculations, risks of losing seats, and party divisions. The tone is cautious, with pragmatic analysis of immediate political consequences.
The Arab press interprets the UK political crisis as a direct consequence of the 'curse' of Brexit, which has made the country ungovernable. The chronic instability is viewed with skepticism and a hint of irony, emphasizing how the promises of leaving the EU have led to irreversible decline.
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