
« REAL MUSIC » : le dernier message du DJ MAAHEZ, fils d’Aylín Mujica
La mort à 30 ans de Mauro Menéndez, producteur de musique électronique, a plongé sa famille et le public latino-américain dans la stupeur, ravivant le souvenir d’autres deuils médiatisés.
Dix jours avant que la nouvelle ne secoue les rédactions de Mexico à Miami, Mauro Menéndez publiait sur Instagram une série de photographies en noir et blanc. On l’y voit penché sur des synthétiseurs et des consoles, les écouteurs vissés aux oreilles, dans la pénombre d’un studio d’enregistrement. Deux mots seulement en légende : « REAL MUSIC ». Ce message, le dernier de l’artiste connu sous le nom de MAAHEZ, est devenu malgré lui l’épitaphe d’une carrière interrompue et le point de départ d’un deuil collectif.
Le 17 juillet, la presse people mexicaine et les chaînes hispanophones des États-Unis confirment le décès du jeune homme, survenu à la Barbade. Fils aîné de l’actrice cubaine Aylín Mujica — visage familier des telenovelas et de la téléréalité — et du musicien Osamu Menéndez, Mauro Menéndez avait 30 ans. Selon les informations relayées par la journaliste Mandy Fridmann, il souffrait d’une pneumonie. Sa mère lui avait demandé de renoncer à un voyage dans les Caraïbes pour assister à un match de baseball. Il est parti malgré tout. Dans la nuit, un appel a prévenu l’actrice, alors en plein tournage de l’émission Top Chef VIP à Bogotá, que son fils avait succombé, vraisemblablement à un infarctus. Aylín Mujica a quitté la Colombie dans l’heure pour rejoindre la Barbade et entamer les formalités de rapatriement du corps vers Miami, où réside la famille.
La trajectoire de Mauro Menéndez illustrait une forme de continuité artistique par-delà les frontières. Né à La Havane en 1996, il avait grandi entre Cuba et les États-Unis avant de se forger une identité sonore sous le pseudonyme MAAHEZ. Sa musique, à la croisée de la house, de la tech house et du moombahton, puisait dans les grooves latins et l’esthétique des clubs européens. Il s’était produit à Miami, Tulum ou Ibiza, et avait collaboré avec des figures de la scène électronique internationale. Ce parcours, discret mais résolu, contrastait avec l’exposition médiatique de sa mère, dont la carrière de comédienne et de présentatrice a fait d’elle une habituée des unes de la presse du cœur au Mexique et aux États-Unis.
La nouvelle a provoqué une onde de choc dans l’industrie du divertissement hispanophone. Telemundo, la chaîne qui emploie Aylín Mujica, a diffusé un message de condoléances, tandis que des personnalités comme Lupillo Rivera ou Lorena Herrera exprimaient leur soutien. Mais c’est la réaction de Maribel Guardia, actrice et chanteuse costaricienne, qui a cristallisé l’émotion. Elle-même avait perdu son fils unique, Julián Figueroa, en 2023. « Aujourd’hui je pleure avec toi, chère Aylín Mujica. Aucune mère ne devrait dire adieu à son enfant », a-t-elle écrit, évoquant une douleur partagée par « toutes les mères qui ont perdu un fils ». Ce message, largement repris, a transformé un drame privé en un récit de solidarité féminine et maternelle, amplifié par les réseaux sociaux.
Pendant ce temps, Osamu Menéndez, le père, publiait sur Facebook un texte lapidaire : « Pardonnez-moi, je ne peux pas parler, mon fils Mauro est mort cette nuit et je suis anéanti. Je suis dans l’avion pour aller chercher son corps. » La famille, qui n’a pas communiqué officiellement sur les causes exactes du décès, s’est retrouvée dispersée entre la Barbade, Miami et Mexico, unie dans une logistique funéraire transfrontalière. Reste l’image de ce studio silencieux, où un jeune homme en pleine création avait choisi de sceller sa présence au monde par deux mots : « REAL MUSIC ».
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