
Menaces en milieu scolaire et examens sous tension : de Jakarta à Téhéran, l’éducation face à des crises multiples
Des alertes à la bombe en Indonésie aux reports d’examens en Iran, les établissements scolaires sont confrontés à des violences et à des perturbations qui interrogent la résilience des systèmes éducatifs.
Un message de menace à la bombe visant une école primaire de Jakarta, envoyé le jour de la rentrée par un parent d’élève, a déclenché le déploiement d’une unité de déminage et l’arrestation de l’auteur. Aucun engin n’a été retrouvé, mais l’incident a mis en lumière une fragilité plus profonde : la perte du sentiment de sécurité chez l’enfant, alors même que la présence paternelle lors de cette journée était censée favoriser l’adaptation scolaire. Quelques jours plus tard, à Padang (Sumatra occidental), un élève de terminale a fait exploser un engin artisanal dans son établissement, expliquant son geste par le harcèlement subi de la part de camarades. Ces deux événements, survenus en juillet 2026, illustrent une recrudescence des violences en milieu scolaire indonésien, où plus de 2 600 signalements de brimades ont été enregistrés en 2025, dont 620 cas graves.
Face à ces crises, les psychologues indonésiens préconisent une réponse structurée. Ratna Yunita Setiyani, de l’Université ‘Aisyiyah de Yogyakarta, recommande la mise en place immédiate de premiers secours psychologiques (Psychological First Aid) pour les élèves et le personnel, ainsi que la création d’une équipe d’intervention de crise associant direction, conseillers pédagogiques et psychologues. L’objectif est d’évaluer les risques de récidive chez les élèves présentant des changements de comportement, tout en déployant des programmes de prévention du harcèlement fondés sur des données probantes, comme le modèle Olweus, qui va au-delà des simples séances de sensibilisation.
La pression des examens aggrave ces tensions dans plusieurs régions. En Iran, le ministre de l’Éducation a justifié le refus d’un report national des épreuves finales, malgré la situation de guerre dans quatre provinces qui concerne environ 10 % des 1,5 million de candidats. Un report général aurait, selon lui, désorganisé le calendrier scolaire et imposé aux élèves de repasser à la fois des examens internes et des épreuves nationales de rattrapage. Les examens sont donc maintenus de manière échelonnée, avec une possibilité de report local en cas d’insécurité, et une standardisation des sujets (20 % difficiles, 60 % moyens, 20 % faciles) pour garantir l’équité. En Inde, le nouveau système à deux sessions du CBSE pour la classe de 10e a permis à environ 3,1 lakhs d’élèves de repasser l’examen : 60 % d’entre eux ont amélioré leurs résultats, portant le taux de réussite global à 96,8 %. Cette réforme, issue de la Politique nationale d’éducation 2020, vise à réduire la pression d’un examen unique.
Au Bangladesh, le débat porte sur la rigidité du calendrier : un échec à une seule matière lors des examens publics SSC ou HSC contraint l’élève à attendre une année entière pour se représenter, ce que des voix critiques assimilent à une « punition d’un an pour un jour d’échec ». Des appels émergent pour instaurer des sessions supplémentaires rapides, afin d’éviter le décrochage et la perte de confiance. En contraste, les Émirats arabes unis misent sur l’investissement culturel : le programme « Dubaï International de l’écriture », soutenu par la Fondation Mohammed bin Rashid Al Maktoum, forme de jeunes auteurs dans divers genres littéraires, de la poésie à la traduction, avec l’ambition de faire de l’écriture un pilier du développement durable. La prochaine étape à surveiller sera la mise en œuvre effective des programmes de prévention du harcèlement dans les écoles indonésiennes et l’évaluation de l’impact de la double session d’examens en Inde sur la santé mentale des élèves.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.30 | critical |
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| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
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