
Majorque à bout de souffle : des milliers de manifestants dénoncent le tourisme de masse
Dans les rues de Palma, la grogne contre la saturation touristique s’exprime pour la troisième année consécutive, entre crise du logement et appels à une régulation urgente.
Ce dimanche soir, la place d’Espagne à Palma s’est peu à peu remplie d’une foule dense, brandissant des pancartes artisanales où l’on pouvait lire « Mallorca overbooked » ou « Plus de capacité ». La chaleur de la Méditerranée enveloppait les milliers de participants qui, à l’appel de la plateforme Menys Turisme, Més Vida (Moins de tourisme, plus de vie), ont entamé une marche à travers le centre historique jusqu’à la cathédrale. Les organisateurs tablaient sur 40 000 personnes ; la police locale en a dénombré 25 000, un cortège compact scandant que l’île a atteint ses limites.
À l’issue du défilé, des heurts ont éclaté avec la police nationale, faisant huit blessés selon les services d’urgence, dont un photographe frappé à la tête, comme le montrent plusieurs vidéos relayées par la presse espagnole. Un député écologiste de Més per Mallorca a exigé la démission du délégué du gouvernement, dénonçant une intervention disproportionnée. Aucune interpellation n’avait été confirmée dans l’immédiat, mais ces charges policières ont ajouté une tension inattendue à une mobilisation qui se voulait d’abord l’expression d’un ras-le-bol social.
L’île, dont la population a quadruplé en vingt ans pour atteindre 1,25 million d’habitants, a vu le nombre de touristes passer de 7,5 à plus de 19 millions par an, selon des chiffres cités par la presse britannique. La crise du logement est au cœur de la colère : les locations saisonnières ont fait flamber les prix, et de nombreux travailleurs du secteur des services ne peuvent plus se loger, certains dormant dans des campervans, rapportent des médias suédois. Aux problèmes de bruit, de déchets et de congestion s’ajoute une pression sur les ressources en eau et les espaces naturels. La manifestation, programmée au pic de la saison touristique et à un an des élections régionales, portait un mot d’ordre clair : un plafonnement du nombre de visiteurs. Les activistes, précise la télévision suédoise, ne rejettent pas le tourisme en soi mais réclament une régulation qui le rende socialement et écologiquement soutenable.
Du côté des visiteurs, la perception est contrastée. Un touriste suédois interrogé par Aftonbladet dit comprendre la colère face aux excès de Magaluf, tout en rappelant que sans tourisme, l’île serait sinistrée. Le voyagiste Ving a informé ses clients de la manifestation, sans lancer d’alerte. Sur place, la plupart des vacanciers ne perçoivent ni hostilité ni agressivité, constate un reporter de TV4, même si les activistes gagnent en visibilité grâce aux médias internationaux et aux réseaux sociaux. Le graffiti « Mallorca no es ven » (Majorque n’est pas à vendre), aperçu par un habitué suédois, résume un sentiment de dépossession qui traverse une partie de la population locale, alors que l’Espagne s’apprête à battre un nouveau record de fréquentation avec plus de 100 millions de visiteurs attendus cette année.
Alors que la foule se dispersait, la chanteuse germano-majorquine Maria Hein devait entonner l’hymne de l’île, « La Balanguera », un chant qui résonne comme un attachement viscéral à une terre dont les habitants peinent à rester maîtres. La mélodie, portée par la brise marine, s’est élevée au-dessus des slogans et des charges policières, laissant en suspens la question de l’équilibre entre l’accueil et la survie d’un territoire.
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Protesters demand a limit on mass tourism to save the island.
The narrative relies on numerical data and organizers' statements, avoiding conflict details.
Any reference to police charges and injuries, present in other accounts, is omitted.
Police charged at protesters, injuring eight people, and a photographer was hit on the head.
The use of visual details and video testimony makes the narrative credible and critical of police conduct.
No voice is given to the police's reasons for the intervention, nor is the authorities' perspective mentioned.
Residents demand change because mass tourism has made the island unlivable.
The use of comparative statistics (population and tourists) creates an objective and rational argument.
The description of police charges and injuries, which could add a conflict element, is missing.
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