
Inflation : la flambée des prix du carburant ravive les attentes, de Moscou à Abuja
La hausse des prix de l'énergie, alimentée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, pousse les anticipations d'inflation à la hausse et contraint les banques centrales à la prudence.
Les anticipations d'inflation des ménages russes ont bondi à 14,7 % en juillet, leur plus haut niveau depuis mars 2022, selon une enquête de l'institut inFOM pour la Banque centrale. Cette flambée, qui contraste avec la baisse observée en juin, reflète l'impact direct de la crise du carburant provoquée par les frappes de drones ukrainiens sur les raffineries russes. La réduction des capacités de raffinage a entraîné une hausse des prix à la pompe, qui s'est rapidement répercutée sur les coûts de transport et, par ricochet, sur l'ensemble des biens de consommation.
Le choc d'offre sur le marché des carburants a ainsi ravivé les craintes inflationnistes, alors même que la Banque de Russie avait entamé un cycle d'assouplissement monétaire. L'inflation observée par la population a atteint 15,1 %, et les prévisions à cinq ans se sont dégradées. Les entreprises, de leur côté, signalent une détérioration de leur climat des affaires comparable à celle du printemps 2022, selon les enquêtes de conjoncture de la banque centrale. Cette situation place l'institution dans une position délicate à l'approche de sa réunion du 24 juillet, où une baisse des taux, un temps envisagée, semble désormais compromise.
Ce regain de tensions inflationnistes ne se limite pas à la Russie. Au Nigeria, l'inflation globale a légèrement reflué à 15,91 % en juin, mais l'inflation alimentaire s'accélère, touchant durement les États du Nord. Au Ghana, la dépréciation du cedi, alimentée par la demande de dollars pour les importations pétrolières, ravive les risques, même si la banque centrale table sur un retour à sa cible. En Colombie, les analystes anticipent une dernière hausse des taux ce mois-ci, repoussant à 2031 le retour à la normale.
Aux États-Unis, le débat au sein de la Réserve fédérale s'intensifie. Plusieurs responsables plaident pour un relèvement des taux face à une inflation sous-jacente qui pourrait atteindre 3,3 % en juin. Le conflit au Moyen-Orient est cité comme un facteur de risque majeur. La divergence entre les discours optimistes et la réalité des anticipations illustre la difficulté de piloter la politique monétaire dans un environnement de chocs d'offre géopolitiques.
Les prochaines réunions des banques centrales – en Russie le 24 juillet, aux États-Unis les 28 et 29 juillet – seront donc scrutées. Elles devraient confirmer une pause dans l'assouplissement, voire un nouveau durcissement. La capacité à ancrer les anticipations dépendra de l'évolution des conflits et de leur impact sur les marchés de l'énergie.
| Presse russe et CEI | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
La Russie enregistre un bond des anticipations d'inflation à 14,7%, le plus haut depuis 2022, et la banque centrale se prépare à relever les taux.
Elle présente les données d'une enquête officielle comme la preuve d'une poussée inflationniste inévitable, normalisant la réponse de politique monétaire restrictive.
Elle ne mentionne pas l'impact de la guerre ou des sanctions comme cause de l'inflation, attribuant la hausse uniquement à des facteurs internes comme les prix des carburants.
L'Afrique subsaharienne enregistre une inflation encore élevée mais en légère baisse, avec des devises sous pression et des obligations d'État offrant des rendements réels positifs.
Elle utilise des données statistiques officielles pour dresser un tableau d'optimisme modéré, équilibrant les risques géopolitiques avec les succès de la politique monétaire.
Elle ne discute pas des causes globales de l'inflation persistante, se concentrant exclusivement sur les dynamiques locales et les réponses des banques centrales nationales.
L'Amérique latine s'attend à une dernière hausse des taux en Colombie et la Fed se prépare à une possible augmentation, signalant la fin du cycle de resserrement.
Elle s'appuie sur des enquêtes auprès des analystes et des déclarations officielles pour construire un récit de normalisation monétaire, sans alarmisme.
Elle ne mentionne pas l'inflation mondiale comme facteur commun, traitant chaque décision comme un cas national.
L'Europe continentale dénonce le choc de guerre qui dévaste l'économie russe, avec des anticipations d'inflation en flèche et la confiance des entreprises au plus bas.
Elle relie directement l'inflation russe à la guerre et aux sanctions, utilisant un langage de crise pour délégitimer la gestion économique du Kremlin.
Elle ne reconnaît pas les améliorations de l'inflation dans d'autres pays ni les mesures de stabilisation de la banque centrale russe.
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