
Iran : l’AIEA réclame un régime de vérification « très solide », Téhéran pose ses conditions
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique a plaidé pour des inspections renforcées, alors que les signaux contradictoires de l’Iran entretiennent l’incertitude autour du mémorandum d’entente avec Washington.
Le 26 juin à Tokyo, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a estimé qu’un système de vérification « très solide » devrait être mis en place en Iran pour garantir l’absence de développement d’armes nucléaires, conformément à l’objectif affiché du récent mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran. Cette déclaration intervient alors que des « conversations initiales » ont été engagées avec les autorités iraniennes, mais que le calendrier et le périmètre des inspections restent flous.
Du côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a indiqué qu’aucun accès ne serait accordé aux installations ayant subi des frappes israéliennes et américaines en 2025 tant qu’un accord définitif ne serait pas conclu et que les sanctions ne seraient pas levées. Cette position, relayée par l’agence de presse officielle Irna, contraste avec l’interprétation américaine : selon le secrétaire d’État Marco Rubio, en déplacement à Bahreïn, tout arrangement devra comporter des limites claires et exclure, par exemple, la perception de droits de passage par l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Les capitales européennes, qui avaient été parties prenantes à l’accord de 2015, observent avec attention la crédibilité du dispositif de vérification, perçu comme un test de la volonté iranienne de transparence.
L’enjeu technique immédiat porte sur le stock d’uranium enrichi à 60 % – environ 440 kilogrammes selon les estimations de l’AIEA avant le conflit – dont la localisation exacte et l’intégrité demeurent inconnues depuis la suspension de la coopération iranienne en juillet 2025. Le mémorandum prévoit une dilution (« downblending ») de ce matériau sous supervision internationale, mais M. Grossi a évoqué la possibilité d’une exportation directe, solution plus complexe qui requerrait l’accord de Téhéran. Parallèlement, la sécurisation du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux que l’Iran avait fermée durant les hostilités, s’impose comme un volet indissociable des pourparlers, comme l’a rappelé l’attaque d’un navire ayant contraint l’ONU à suspendre l’évacuation de marins bloqués.
Le dossier nucléaire iranien est marqué par deux décennies de blocages et de cycles de négociations avortées, depuis la signature du Plan d’action global conjoint en 2015 jusqu’au retrait américain de 2018, suivi d’un enrichissement accru et de la guerre de 2025. Aujourd’hui, la fenêtre de négociation de soixante jours ouverte par le mémorandum place l’AIEA en première ligne : la reprise des inspections, que M. Grossi espère « prochaine », dépendra de la capacité des parties à s’accorder sur les sites à visiter, en particulier les installations souterraines et celles endommagées par les bombardements. Les discussions techniques doivent s’intensifier dans les semaines à venir, alors que la visite du directeur général à Téhéran, évoquée comme imminente, reste conditionnée à un feu vert politique iranien.
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L'agence atomique utilise le prétexte des inspections pour faire pression sur l'Iran, en ignorant que la priorité est la fin des sanctions. Téhéran réaffirme que les matières nucléaires n'ont pas été déplacées depuis 2025 et que l'accès des inspecteurs est subordonné à un accord plus large. La demande de Grossi est présentée comme une ingérence injustifiée, tandis que l'Iran se pose en victime respectant ses engagements.
Le chef de l'AIEA confirme l'existence d'un mécanisme convenu pour les inspections en Iran, soulignant que la présence de l'agence est essentielle pour garantir la crédibilité de l'accord. Les autorités iraniennes ont entamé des contacts préliminaires, mais les détails opérationnels seront définis lors des négociations entre Washington et Téhéran. La vérification est présentée comme une étape technique nécessaire, et non comme une prise de position politique.
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