
Paris et Rome veulent une coalition multinationale pour prendre le relais de la Finul au Liban
La France et l’Italie annoncent le lancement d’une initiative conjointe visant à éviter un vide sécuritaire après la fin du mandat de la force onusienne, prévue pour la fin de l’année.
La France et l’Italie ont officialisé, à l’occasion du 36e sommet intergouvernemental franco-italien à Antibes, leur intention de promouvoir une « coalition multinationale » destinée à succéder à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Selon les déclarations conjointes des deux dirigeants, cette nouvelle architecture de sécurité serait élaborée en coordination avec l’Union européenne et les Nations unies, avec pour objectif affiché de renforcer la souveraineté de l’État libanais et de ses forces armées, tout en empêchant que le territoire ne devienne, selon les termes du président français, un « tremplin pour une escalade régionale ».
D’après les capitales européennes, l’initiative répond à une double préoccupation. D’une part, la Finul, déployée depuis 1978 et renforcée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, voit son mandat arriver à échéance le 31 décembre 2026, dans un contexte où la résolution 1701 du Conseil de sécurité – qui exige le désarmement du Hezbollah et son retrait au nord du Litani – n’a jamais été pleinement appliquée. D’autre part, les pressions américaines et israéliennes pour mettre un terme à la mission onusienne font craindre, selon les analyses diffusées dans les milieux diplomatiques européens, un vide sécuritaire que la coalition franco-italienne entend précisément combler. La première ministre italienne a évoqué la nécessité de garantir « une présence internationale qui évite un vide sécuritaire extrêmement dangereux ».
Le rapprochement affiché entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, après des mois de relations qualifiées de « glaciales » par la presse transalpine, donne à cette initiative une assise politique bilatérale inédite. Les deux dirigeants ont insisté sur le caractère « naturel et indispensable » de leur partenariat, tout en annonçant une série d’accords sectoriels (défense, espace, nucléaire civil, lutte contre l’immigration irrégulière). Sur le dossier libanais, Rome et Paris entendent associer « de nombreux partenaires européens mais aussi plusieurs partenaires de la région », selon les propos rapportés de la cheffe du gouvernement italien, et convoquer prochainement une conférence internationale pour définir le cadre juridique et le mandat de la future force.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional marqué par les tensions entre l’Iran et Israël, et par les interrogations sur le rôle des bases italiennes dans les opérations américaines. La controverse suscitée par les déclarations du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, au sujet de l’utilisation de ces bases pour des raids contre l’Iran, a été qualifiée par Rome de « reconstruction enthousiaste et confusionnaire ». Les autorités italiennes ont réaffirmé que leur pays n’avait pas participé au conflit et que les autorisations accordées se limitaient à des activités logistiques et techniques. Cette clarification, intervenue en marge du sommet, souligne la volonté de l’Italie de se positionner en médiateur prudent, tout en consolidant un axe franco-italien susceptible de porter une initiative européenne autonome au Levant.
La prochaine étape concrète sera l’organisation d’une conférence internationale, dont la date n’a pas encore été fixée, destinée à préciser la composition, le mandat et le calendrier de déploiement de la coalition. Les discussions devront également tenir compte de la position des États-Unis et d’Israël, qui se sont jusqu’ici montrés réticents à toute prolongation d’une présence internationale sous mandat onusien au Sud-Liban.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Iranian media report the agreement between Paris and Rome to form a multinational coalition to replace UNIFIL in Lebanon, but present it as a purely Western initiative without local input. The reporting is factual but implies skepticism about the motives behind the coalition.
Le sommet franco-italien est présenté comme une percée diplomatique, mettant en lumière le partenariat renouvelé entre Macron et Meloni. La coalition est présentée comme une étape nécessaire pour éviter un vide sécuritaire au Liban, avec l'accent sur le leadership européen et la stabilité.
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