
Le 21e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie bloqué par les intérêts nationaux
Le veto grec sur le transport du GNL russe cristallise les résistances de six États membres, menaçant l’adoption de nouvelles restrictions.
L’adoption du 21e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie est bloquée, a rapporté le Financial Times le 20 juillet, en raison de l’opposition d’au moins six États membres. La Grèce a opposé son veto à l’ensemble du texte si l’interdiction faite aux compagnies européennes de transporter du gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers n’est pas levée. Selon des sources diplomatiques citées par Bloomberg, la Commission européenne explore désormais trois scénarios : un report de 24 mois de l’entrée en vigueur des restrictions, le retrait pur et simple de la mesure sur le GNL, ou l’abandon complet du paquet.
La position grecque est dictée par les intérêts de sa flotte marchande, en particulier ceux de l’armateur Dynagas, dont les méthaniers de classe glace sont conçus pour le projet Yamal LNG en Arctique. Athènes fait valoir, selon Interfax, que ces navires spécialisés ne pourraient être redéployés ailleurs et que leur vente forcée à des acheteurs non occidentaux ne ferait que transférer un marché lucratif sans réduire les revenus énergétiques russes. D’autres capitales ont formulé des exigences sectorielles : Berlin et Lisbonne réclament le retrait de l’interdiction d’importation de poisson russe, qui pénaliserait leurs industries de transformation ; Paris et Rome souhaitent un assouplissement des restrictions de visas pour les anciens combattants russes, invoquant les retombées sur le tourisme ; Vienne, enfin, conditionne son accord au déblocage de 2 milliards d’euros d’actifs russes gelés pour compenser l’amende imposée par Moscou à la Raiffeisen Bank.
Ces blocages illustrent, selon des diplomates européens cités par le Financial Times, un affaiblissement de « l’impératif moral » qui prévalait lors des premiers paquets. La Commission, tout en maintenant officiellement sa proposition, a reconnu par la voix de sa porte-parole Paula Pinho que les discussions avec les États membres se poursuivaient. L’analyse économique en cours, dont les résultats seront présentés le 22 juillet aux ambassadeurs des Vingt-Sept, vise à démontrer que l’interdiction de transport nuirait davantage à la Russie qu’aux armateurs grecs, car elle serait difficilement contournable par un simple changement de pavillon.
Le blocage du 21e paquet s’inscrit dans une tendance plus large de résistance aux sanctions, alors que les importations européennes de GNL russe ont atteint un record de 9,89 millions de tonnes au premier semestre 2026, selon les données de Kpler rapportées par Il Fatto Quotidiano. Parallèlement, le plafonnement du prix du pétrole russe, temporairement gelé à 44,10 dollars le baril jusqu’au 23 juillet, pourrait être prolongé indépendamment du sort du paquet global. La réunion des ambassadeurs du 22 juillet est présentée par plusieurs médias comme décisive pour l’avenir d’un dispositif que des responsables européens, cités par Lenta.ru, décrivent comme risquant de se transformer en « coquille vide » si chaque État continue d’exiger des dérogations.
| Presse russe et CEI | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
La Russie observe avec satisfaction les divisions européennes et souligne que les sanctions nuisent plus à l'UE qu'à Moscou.
Le récit russe met l'accent sur les divisions internes de l'UE comme preuve de l'échec des sanctions, utilisant le veto grec pour généraliser une crise d'unité.
Le récit russe omet que la majorité des pays de l'UE soutiennent encore les sanctions et que le veto grec ne concerne qu'une seule mesure spécifique, pas l'ensemble du paquet.
L'Italie et d'autres pays européens défendent leurs intérêts économiques, exigeant que les sanctions ne nuisent pas à leurs industries et à leur commerce.
Le récit européen se concentre sur les intérêts économiques nationaux comme raison légitime de s'opposer à des mesures spécifiques, présentant le veto comme une question pragmatique et non idéologique.
Le récit européen omet que le veto grec ne porte que sur une seule mesure et que l'UE envisage des compromis, et ne mentionne pas la position russe qui considère les sanctions comme autodestructrices.
L'UE accuse la Russie d'agression cybernétique et exige des sanctions immédiates, mais le veto grec entrave la réponse collective.
Le récit latino-américain sécurise la question, présentant le veto grec comme un obstacle à une réponse de sécurité nécessaire, sans approfondir les raisons économiques du veto.
Le récit latino-américain omet que le veto grec concerne le transport de GNL, pas les cyberattaques, et que les accusations de cyberattaques sont distinctes du paquet de sanctions.
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