Se connecter
Édition de 10:00 CETmardi 30 juin 2026
311 sources · 17 langues738 briefings aujourd'hui
Justice & Droitvendredi 26 juin 2026

Kinshasa saisit la Cour internationale de justice contre Kigali pour trois décennies de conflit

La République démocratique du Congo a déposé une requête contre le Rwanda devant la CIJ, l’accusant de violations de conventions internationales dans l’est du pays.

La République démocratique du Congo (RDC) a engagé, le 26 juin 2026, une procédure contre le Rwanda devant la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction des Nations unies pour les différends entre États. Kinshasa accuse son voisin d’avoir violé plusieurs traités internationaux – notamment les conventions sur le génocide, la discrimination raciale, la torture et les droits des femmes – en menant, depuis le milieu des années 1990, des opérations militaires illicites et en soutenant des groupes armés dans l’est congolais. La requête déposée par le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, demande à la Cour d’ordonner l’arrêt immédiat des violations alléguées et d’accorder des réparations à la RDC et aux victimes civiles.

Selon les autorités congolaises, les exactions imputables à Kigali – massacres, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, déplacements forcés et discriminations ethniques – s’inscrivent dans une campagne de génocide visant principalement les Hutus réfugiés au Zaïre après le génocide des Tutsi de 1994, mais aussi d’autres communautés comme les Nyindu, Bembe, Lega, Nande, Hunde et Bashi. Kinshasa affirme que le Rwanda a déployé ses propres forces et dirigé des groupes rebelles, dont le Mouvement du 23 mars (M23), pour perpétrer ces actes. Le gouvernement rwandais n’a pas réagi dans l’immédiat, mais il a constamment nié tout soutien aux groupes armés opérant en RDC, dénonçant plutôt la présence dans l’est congolais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de « milice génocidaire » et dont il accuse Kinshasa de tolérer l’activité.

Du point de vue des chancelleries occidentales et des experts des Nations unies, la responsabilité de Kigali dans l’appui au M23 est établie de longue date. Des rapports onusiens ont documenté la présence de troupes rwandaises combattant aux côtés des rebelles, tandis que Washington a imposé, le 25 juin, des sanctions contre une raffinerie d’or basée au Rwanda, décrite comme partie d’un réseau coordonné avec le M23. Ces mesures s’inscrivent dans un effort de médiation mené par les États-Unis et le Qatar, qui peine à consolider l’accord de paix signé en décembre 2025, alors que le M23 a conquis depuis janvier de larges portions du Nord-Kivu, y compris le chef-lieu Goma.

La démarche congolaise constitue la troisième tentative de porter le différend devant la CIJ. Une première requête avait été retirée par Kinshasa en 2001 ; la deuxième, rejetée en 2006 pour défaut de compétence, le Rwanda n’ayant pas ratifié ou ayant émis des réserves sur les traités invoqués. La Cour n’a pas encore indiqué si elle se reconnaîtrait compétente cette fois-ci. L’issue de cette nouvelle saisine dépendra donc de l’examen préalable des bases juridictionnelles, alors que le conflit, enraciné dans les séquelles du génocide rwandais et la rivalité pour les ressources minières de l’est congolais, continue d’alimenter l’une des crises humanitaires les plus graves de la planète, selon les termes des Nations unies.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 1 langues

51%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse atlantique / anglosphèrePresse européenne continentale
Presse atlantique / anglosphère/ Sécurité
DétachementPragmatisme

La République démocratique du Congo a engagé une procédure devant la Cour internationale de Justice, tenant le Rwanda pour responsable de décennies de conflit et de violations présumées du droit international. Parallèlement, Washington a imposé des sanctions à une raffinerie d'or rwandaise, l'accusant de trafic de minerais provenant des zones contrôlées par les rebelles dans l'est du Congo. Ces actions soulignent un effort international coordonné pour remédier à l'instabilité persistante dans la région.

Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
DétachementPragmatisme

Kinshasa a saisi la Cour internationale de justice, accusant le Rwanda d'avoir commis des atrocités dans l'est du Congo pendant plus de trente ans. Les accusations portent sur des massacres, des actes de torture, des violences sexuelles et des déplacements forcés, les victimes étant identifiées parmi les Hutu et diverses autres communautés ethniques congolaises. Cette action en justice vise à établir la responsabilité pour des violations systématiques du droit international humanitaire.

Élargis ton regard

Lire plus
Dernières
Fossile antarctique et collections coloniales : les musées face à leur passé·Mondial 2026 : le Paraguay élimine l’Allemagne aux tirs au but, un exploit aux résonances historiques·De la Colombie aux stablecoins : la mue accélérée des paiements mondiaux·La Russie, exportateur d’hydrocarbures, contrainte d’importer du carburant·SAS parie 10 milliards de dollars sur Airbus et Copenhague, la Suède marginalisée·250e anniversaire américain : la guerre des récits historiques s’intensifie·Mondial 2026 : l’Allemagne éliminée par le Paraguay, Nagelsmann écarte toute démission·Angelina Jolie, dix ans de solitude après Brad Pitt : les confessions d’une star mondiale·Fossile antarctique et collections coloniales : les musées face à leur passé·Mondial 2026 : le Paraguay élimine l’Allemagne aux tirs au but, un exploit aux résonances historiques·De la Colombie aux stablecoins : la mue accélérée des paiements mondiaux·La Russie, exportateur d’hydrocarbures, contrainte d’importer du carburant·SAS parie 10 milliards de dollars sur Airbus et Copenhague, la Suède marginalisée·250e anniversaire américain : la guerre des récits historiques s’intensifie·Mondial 2026 : l’Allemagne éliminée par le Paraguay, Nagelsmann écarte toute démission·Angelina Jolie, dix ans de solitude après Brad Pitt : les confessions d’une star mondiale·
Màj 03:351 langue · 3 sources
3 sources|1 langue|3 min de lecture
vendredi 26 juin 2026

Kinshasa saisit la Cour internationale de justice contre Kigali pour trois décennies de conflit

La République démocratique du Congo a déposé une requête contre le Rwanda devant la CIJ, l’accusant de violations de conventions internationales dans l’est du pays.

La République démocratique du Congo (RDC) a engagé, le 26 juin 2026, une procédure contre le Rwanda devant la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction des Nations unies pour les différends entre États. Kinshasa accuse son voisin d’avoir violé plusieurs traités internationaux – notamment les conventions sur le génocide, la discrimination raciale, la torture et les droits des femmes – en menant, depuis le milieu des années 1990, des opérations militaires illicites et en soutenant des groupes armés dans l’est congolais. La requête déposée par le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, demande à la Cour d’ordonner l’arrêt immédiat des violations alléguées et d’accorder des réparations à la RDC et aux victimes civiles.

Selon les autorités congolaises, les exactions imputables à Kigali – massacres, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, déplacements forcés et discriminations ethniques – s’inscrivent dans une campagne de génocide visant principalement les Hutus réfugiés au Zaïre après le génocide des Tutsi de 1994, mais aussi d’autres communautés comme les Nyindu, Bembe, Lega, Nande, Hunde et Bashi. Kinshasa affirme que le Rwanda a déployé ses propres forces et dirigé des groupes rebelles, dont le Mouvement du 23 mars (M23), pour perpétrer ces actes. Le gouvernement rwandais n’a pas réagi dans l’immédiat, mais il a constamment nié tout soutien aux groupes armés opérant en RDC, dénonçant plutôt la présence dans l’est congolais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de « milice génocidaire » et dont il accuse Kinshasa de tolérer l’activité.

Du point de vue des chancelleries occidentales et des experts des Nations unies, la responsabilité de Kigali dans l’appui au M23 est établie de longue date. Des rapports onusiens ont documenté la présence de troupes rwandaises combattant aux côtés des rebelles, tandis que Washington a imposé, le 25 juin, des sanctions contre une raffinerie d’or basée au Rwanda, décrite comme partie d’un réseau coordonné avec le M23. Ces mesures s’inscrivent dans un effort de médiation mené par les États-Unis et le Qatar, qui peine à consolider l’accord de paix signé en décembre 2025, alors que le M23 a conquis depuis janvier de larges portions du Nord-Kivu, y compris le chef-lieu Goma.

La démarche congolaise constitue la troisième tentative de porter le différend devant la CIJ. Une première requête avait été retirée par Kinshasa en 2001 ; la deuxième, rejetée en 2006 pour défaut de compétence, le Rwanda n’ayant pas ratifié ou ayant émis des réserves sur les traités invoqués. La Cour n’a pas encore indiqué si elle se reconnaîtrait compétente cette fois-ci. L’issue de cette nouvelle saisine dépendra donc de l’examen préalable des bases juridictionnelles, alors que le conflit, enraciné dans les séquelles du génocide rwandais et la rivalité pour les ressources minières de l’est congolais, continue d’alimenter l’une des crises humanitaires les plus graves de la planète, selon les termes des Nations unies.

Divergence des sources

Justice & Droit · 3 sources · 1 langue

51%Moyenne

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Favorable17%
Neutre66%
Critique17%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 1 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse atlantique / anglosphèrePresse européenne continentale
Presse atlantique / anglosphère/ Sécurité
DétachementPragmatisme

La République démocratique du Congo a engagé une procédure devant la Cour internationale de Justice, tenant le Rwanda pour responsable de décennies de conflit et de violations présumées du droit international. Parallèlement, Washington a imposé des sanctions à une raffinerie d'or rwandaise, l'accusant de trafic de minerais provenant des zones contrôlées par les rebelles dans l'est du Congo. Ces actions soulignent un effort international coordonné pour remédier à l'instabilité persistante dans la région.

Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
DétachementPragmatisme

Kinshasa a saisi la Cour internationale de justice, accusant le Rwanda d'avoir commis des atrocités dans l'est du Congo pendant plus de trente ans. Les accusations portent sur des massacres, des actes de torture, des violences sexuelles et des déplacements forcés, les victimes étant identifiées parmi les Hutu et diverses autres communautés ethniques congolaises. Cette action en justice vise à établir la responsabilité pour des violations systématiques du droit international humanitaire.

Cette actualité est parue dans

3 sources · 1 langue

Élargis ton regard

Depuis Geopolitics & Politics

Keiko Fujimori remporte la présidence péruvienne d’une courte tête

9 langues · 29 sources

Depuis Economy & Markets

La Russie, exportateur d’hydrocarbures, contrainte d’importer du carburant

7 langues · 18 sources

Depuis Technology

WhatsApp introduit les noms d’utilisateur pour ne plus exposer les numéros de téléphone

8 langues · 29 sources

Lire plus