
L’or subit sa pire chute trimestrielle depuis 2013, plombé par la vigueur du dollar et les anticipations de hausse des taux
Le métal précieux a perdu plus de 11 % en juin, enregistrant un quatrième mois consécutif de baisse, tandis que les investisseurs se détournent vers des actifs rémunérés dans un contexte de politique monétaire américaine restrictive.
Les cours de l’or ont clôturé la séance de mardi autour de 4 038 dollars l’once à New York, après être brièvement passés sous les 3 950 dollars, un plus bas depuis novembre 2025. Sur l’ensemble du mois de juin, le recul dépasse 11 %, ce qui constitue la plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008. Le trimestre s’achève sur une perte d’environ 13 %, la première depuis 2024 et la plus marquée depuis le deuxième trimestre 2013.
Cette dégradation s’explique d’abord par la fermeté du dollar, qui s’achemine vers un deuxième gain mensuel consécutif et renchérit mécaniquement l’or pour les détenteurs d’autres devises. Les marchés américains intègrent désormais une probabilité de 64 % d’un relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale dès septembre, selon l’outil FedWatch du CME. La posture restrictive du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, et la persistance de tensions inflationnistes alimentées par la hausse des prix de l’énergie au Moyen-Orient éloignent la perspective d’un assouplissement monétaire, ce qui pénalise un actif sans rendement comme l’or.
Les places européennes observent une fragilité inédite du marché : les analystes de Saxo Bank relèvent que les opérateurs vendent désormais les rebonds plutôt que d’acheter les creux, un renversement de comportement par rapport aux années précédentes. La Société Générale estime qu’un franchissement des 4 100 dollars serait nécessaire pour confirmer un redressement. En Chine, les autorités de régulation ont poussé plusieurs banques, dont ICBC, à restreindre l’accès des particuliers aux contrats à terme sur métaux précieux, ce qui pèse sur la demande spéculative. Les sorties de capitaux des fonds indiciels adossés à l’or se poursuivent pour le deuxième mois, tandis qu’une partie des liquidités se redéploie vers les valeurs de l’intelligence artificielle et l’introduction en bourse de SpaceX.
Les prochaines séances seront rythmées par la publication des données sur l’emploi privé (ADP) et les créations de postes non agricoles aux États-Unis, qui fourniront des indications sur la trajectoire des taux. Parallèlement, les discussions entre émissaires américains et médiateurs à Doha au sujet de l’Iran pourraient, si elles aboutissent, atténuer les primes de risque géopolitique et accentuer la pression baissière sur le métal jaune.
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Les prix de l'or ont enregistré leur pire performance trimestrielle depuis 2013. La baisse a été alimentée par les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine, dans un contexte d'inflation persistante due à la hausse des prix du pétrole.
L'or a subi un effondrement historique, enregistrant sa plus forte perte mensuelle en 18 ans. Le prix au comptant est tombé à environ 3 975 dollars l'once, et les contrats à terme à 3 988,60 dollars, soit une baisse mensuelle de 12,4 %. Cela témoigne d'un changement profond des anticipations des investisseurs concernant la politique monétaire américaine et les perspectives économiques mondiales.
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