
Exportations russes record, revenus en berne : le paradoxe pétrolier de juin
La Russie a exporté un volume maritime de brut sans précédent depuis 2022, mais l’effondrement des prix de l’Oural a réduit ses recettes à leur plus bas niveau depuis mars.
Les exportations maritimes de brut russe ont atteint 4,13 millions de barils par jour (Mb/j) sur les quatre semaines closes au 28 juin, un record depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, selon les données de suivi des tankers. Cette hausse de 780 000 barils par rapport au premier trimestre a contribué à maintenir l’offre mondiale alors que les flux du golfe Persique restaient perturbés par la crise du détroit d’Ormuz. Pourtant, la valeur de ces ventes a chuté : la facture hebdomadaire en devises est tombée à 1,9 milliard de dollars, un minimum depuis mars, le prix du baril d’Oural en Baltique s’étant effondré à 62,66 dollars, moitié moins qu’au début mai, dans le sillage des espoirs d’une trêve durable entre les États-Unis et l’Iran.
Ce découplage entre volumes et recettes s’explique en partie par les frappes de drones ukrainiens contre les raffineries russes. L’incapacité à traiter le brut sur place a contraint Moscou à exporter une part croissante de sa production, alimentant un engorgement inédit : 133 millions de barils stationnaient en mer fin juin, en hausse de 34 % depuis la mi-avril, avec des concentrations de tankers au large de l’Égypte et de Singapour. Les analyses des marchés asiatiques y voient le signe d’une difficulté croissante à trouver des acheteurs, la demande chinoise restant atone après le conflit avec l’Iran.
L’Inde, premier client de la Russie, a pourtant porté ses achats à un niveau record de 2,7 Mb/j en juin, contre 2,13 Mb/j en mai, selon les données préliminaires de Kpler et LSEG. Le brut russe représente désormais plus de la moitié des importations indiennes, contre 36,5 % un mois plus tôt. Les raffineurs indiens ont compensé les perturbations au Moyen-Orient en se tournant massivement vers les barils russes décotés, tout en diversifiant leurs sources vers les États-Unis, Oman, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique du Sud. Parallèlement, les Émirats arabes unis, sortis de l’OPEP le 1er mai, ont porté leurs exportations de brut et de condensats à 3,7 Mb/j, un sommet historique, en écoulant leurs stocks et en profitant de la réouverture du détroit d’Ormuz.
La reprise des flux du Golfe a créé un excédent temporaire de brut moyen-oriental sur les marchés mondiaux, les cargaisons précédemment bloquées étant libérées plus vite qu’elles ne peuvent être absorbées. Les raffineurs asiatiques, couverts pour juillet et août et entrant en période de maintenance, ne devraient pas accroître leurs achats dans l’immédiat. La prochaine échéance déterminante sera la mi-août : si la dérogation américaine autorisant les achats de pétrole iranien n’est pas reconduite, la Russie pourrait être contrainte d’offrir des rabais plus profonds pour écouler ses volumes, accentuant la pression sur ses revenus pétroliers.
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La Russie a atteint un nouveau pic d'exportations maritimes de brut, mais la chute des prix a ramené les revenus hebdomadaires à leur plus bas depuis mars. La flambée des volumes ne se traduit pas par des recettes plus élevées pour Moscou, signe d'une faiblesse sous-jacente.
Les exportations russes de brut par mer atteignent des niveaux records, mais les revenus s'effondrent sous l'effet de la baisse des prix. Les volumes sont aussi gonflés par les dégâts causés par les frappes ukrainiennes sur les raffineries, obligeant Moscou à vendre davantage de brut non transformé avec des marges réduites.
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