
L’Iran quitte le Mondial invaincu mais amer, entre VAR et restrictions américaines
Invaincue mais éliminée après trois matchs nuls, la sélection iranienne dénonce un traitement inéquitable lié au conflit avec les États-Unis et salue l’hospitalité mexicaine.
Le parcours iranien dans cette Coupe du monde 2026 s’est achevé sur une élimination aussi cruelle que controversée. Troisièmes du groupe G avec trois points, les hommes d’Amir Ghalenoei n’ont concédé aucune défaite – trois nuls face à la Belgique (0-0), la Nouvelle-Zélande (2-2) et l’Égypte (1-1) – mais ont vu leur sort scellé par un enchaînement de résultats défavorables. Le scénario le plus douloureux s’est joué à Kansas City : un but algérien dans le temps additionnel face à l’Autriche leur offrait la qualification en tant que meilleur troisième, avant que l’égalisation autrichienne, dans la foulée, ne les renvoie à Tijuana. La presse iranienne, unanime, a dénoncé une « injustice historique » et réclamé une enquête de la FIFA sur ce match nul aux allures de « combinaison ».
Sur le terrain, le sort avait déjà frappé. Contre l’Égypte, un but de Shoja Khalilzadeh à la 93e minute, annulé après une révision vidéo pour un hors-jeu d’un orteil, et un penalty manqué par Mehdi Taremi ont privé le Team Melli d’une victoire qui aurait changé leur destin. Le défenseur Ramin Rezaeian, en larmes devant les journalistes, a résumé le sentiment général : « Je ne vois aucune chance dans mon équipe. » Le capitaine Taremi, lui, a qualifié le tournoi de « désastre » et pointé la responsabilité de la FIFA, incapable selon lui de résoudre les problèmes logistiques imposés par le pays hôte.
Car l’épopée iranienne s’est déroulée sous haute tension géopolitique. En guerre avec les États-Unis depuis février, la délégation a vu ses visas restreints : douze membres du staff se sont vu refuser l’entrée, et l’équipe a dû installer son camp de base à Tijuana, au Mexique, après avoir dû renoncer à Tucson, en Arizona. Les joueurs n’étaient autorisés à pénétrer sur le sol américain que la veille des matchs, avec obligation de repartir immédiatement après le coup de sifflet final. Le sélectionneur Ghalenoei a dénoncé « l’équipe la plus opprimée de toute la Coupe du monde », tandis que la fédération iranienne, dans un communiqué, fustigeait un « traitement injuste et antisportif » de la part de Washington.
Les réactions internationales ont épousé les lignes de fracture habituelles. Aux États-Unis, la chaîne conservatrice Fox News a raillé la description par ESPN d’un parcours « remarquable », tandis que des médias comme MSNBC ou Time ont souligné le caractère inéquitable des restrictions. En Amérique latine, la presse mexicaine a largement relayé les remerciements émus de la sélection iranienne envers Tijuana et le peuple mexicain, dont l’hospitalité a été saluée par des messages manuscrits laissés dans les vestiaires et par une vidéo virale du défenseur Rezaeian. Des commentateurs européens et asiatiques ont, eux, mis en cause le silence de la FIFA face à ce qu’ils considèrent comme une politisation inédite d’un événement sportif.
L’équipe iranienne a quitté le Mexique lundi soir, avec la promesse de ne pas oublier l’accueil reçu. Sur le plan sportif, cette élimination précoce laisse un goût d’inachevé pour une sélection qui n’a jamais perdu mais n’a pas su concrétiser. Elle relance surtout le débat sur la capacité de la FIFA à garantir l’équité de ses compétitions lorsque les pays hôtes sont parties à un conflit armé avec l’un des participants.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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L'Iran quitte la Coupe du monde invaincu mais éliminé, en dénonçant la conduite 'injuste et antisportive' des États-Unis en tant que pays hôte. L'équipe a dû faire face à des obstacles de visa, de longs déplacements et des difficultés logistiques, tout en exprimant une profonde gratitude envers le Mexique pour son accueil chaleureux. Le message d'adieu 'l'amitié n'a pas besoin de traduction' est devenu un symbole viral du lien avec le peuple mexicain.
La campagne iranienne s'achève sur un match nul et une élimination, la fédération critiquant ce qu'elle qualifie de traitement 'injuste et antisportif'. L'équipe, basée à Tijuana, rentrera chez elle lundi, certaines voix s'interrogeant sur la capacité de la FIFA à garantir le fair-play dans un climat de tensions politiques. La couverture reste mesurée, relevant les difficultés logistiques sans amplifier le récit émotionnel.
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