
Anthropic dévoile Claude Science et Sonnet 5, entre ambitions scientifiques et secousses boursières
La start-up californienne a présenté un environnement de travail pour chercheurs et un modèle d’IA plus économique, provoquant la chute de valeurs pharmaceutiques et ravivant les appels à une régulation.
L’annonce, mardi 30, par Anthropic du lancement simultané de Claude Science, un environnement de travail destiné aux chercheurs, et de Sonnet 5, un modèle d’intelligence artificielle plus abordable, a immédiatement secoué les marchés. Les titres des sociétés de découverte de médicaments ont décroché : Schrodinger a cédé jusqu’à 8,3 %, Recursion Pharmaceuticals 3,3 % et Iqvia 2,3 %. Valorée 965 milliards de dollars, la start-up californienne, qui prépare une introduction en Bourse cet automne, entend ainsi accélérer son déploiement dans les sciences de la vie, un secteur où les outils d’IA promettent de réduire les tâches répétitives.
Claude Science, proposé en version bêta aux abonnés payants, intègre plus de soixante bases de données scientifiques et des environnements de programmation comme Jupyter ou R. Il permet de visualiser des structures protéiques en trois dimensions, d’analyser des séquences d’ARN ou de planifier des expériences d’édition génétique CRISPR, tout en assurant la traçabilité complète des résultats jusqu’au code source. Parallèlement, Anthropic a révélé le lancement de ses propres programmes précliniques de médicaments, ciblant des maladies négligées que l’industrie pharmaceutique traditionnelle juge peu rentables, selon Eric Kauderer-Abrams, responsable des sciences de la vie.
Le second volet de l’annonce, le modèle Sonnet 5, répond à une double pression : la flambée des coûts de l’IA et les exigences de sécurité imposées par les autorités américaines, qui ont contraint Anthropic à restreindre l’accès à ses modèles les plus puissants, Mythos 5 et Fable 5, par crainte d’usages malveillants en cybersécurité. Sonnet 5 affiche des performances proches de celles d’Opus 4.8, le modèle grand public le plus avancé, pour un coût inférieur de 40 % après une période promotionnelle courant jusqu’au 31 août. Il se montre par ailleurs plus résistant aux injections de requêtes malveillantes, selon les évaluations internes.
Présent à San Francisco, le directeur général du laboratoire suisse Novartis, Vas Narasimhan, également membre du conseil d’administration d’Anthropic, a appelé à une régulation rapide de l’IA, estimant qu’« il serait dommage qu’une crise nous oblige à mettre en place une régulation appropriée ». Dans l’immédiat, la société a ouvert jusqu’au 15 juillet 2026 un appel à projets de recherche en biologie et sciences biomédicales, doté de crédits pouvant atteindre 30 000 dollars par projet. Les résultats seront connus le 31 juillet, pour des travaux menés de septembre à décembre 2026, tandis que l’introduction en Bourse d’Anthropic cet automne constituera un test majeur de l’appétit des investisseurs pour les valorisations de l’IA.
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Anthropic a dévoilé Claude Science, une plateforme d'IA conçue pour aider les chercheurs à rationaliser leurs travaux scientifiques. L'outil intègre l'accès à des bases de données et des logiciels d'analyse, visant à accélérer les découvertes en sciences de la vie. L'annonce met l'accent sur les avantages pratiques pour la communauté scientifique, sans tonalité alarmiste.
Le lancement d'un modèle d'IA moins cher par Anthropic a fait chuter les valeurs biotechnologiques, les marchés réagissant au potentiel disruptif de l'intelligence artificielle dans la recherche. Le nouveau modèle promet des coûts réduits et des risques de cybersécurité moindres, mais la réaction immédiate des marchés souligne la volatilité du secteur. Le récit met en lumière à la fois l'opportunité économique et les turbulences provoquées par les avancées de l'IA.
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