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Géopolitique et Politiquedimanche 21 juin 2026

L’Iran ferme à nouveau le détroit d’Ormuz sur fond d’accusations de violation de la trêve

Téhéran a annoncé le blocage du passage stratégique, imputant à Washington le non-respect du mémorandum d’entente, tandis que les négociations se poursuivent dans la plus grande fragilité.

Le commandement central des forces armées iraniennes a annoncé, samedi 20 juin, la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime, une décision présentée comme une « première réponse » à ce que Téhéran qualifie de « violation claire » du mémorandum d’entente signé le 17 juin avec les États‑Unis. Selon un communiqué diffusé par l’agence IRNA, cette mesure riposte aux attaques israéliennes contre le sud du Liban, que la République islamique assimile à une rupture du cessez‑le‑feu par Washington, incapable, à ses yeux, de contraindre son allié à respecter l’arrêt des hostilités.

Les autorités iraniennes lient explicitement la libre circulation dans le détroit — par où transite environ un cinquième du pétrole mondial — au respect intégral du mémorandum, qui prévoit une trêve de soixante jours sur tous les fronts, y compris libanais. Le quartier général de Khatam‑al Anbiya a prévenu que « si l’agression persiste, des mesures supplémentaires seront planifiées et exécutées pour obliger l’ennemi à honorer ses obligations ». En réponse, le Commandement central américain (Centcom) a affirmé que le passage sécurisé restait garanti, 55 navires marchands ayant traversé le détroit samedi avec plus de 17 millions de barils de brut. Donald Trump a, de son côté, déclaré sur Truth Social qu’aucun péage ne serait exigé durant ni après la période de cessez‑le‑feu, tout en menaçant d’imposer des taxes américaines si aucun accord définitif n’est conclu, justifiant cette éventualité par le rôle de « protecteur » régional des États‑Unis.

La crise met en lumière la fragilité de l’architecture diplomatique esquissée depuis une semaine. Alors qu’un cessez‑le‑feu entre Israël et le Hezbollah était annoncé par Washington et Jérusalem, les combats ont repris presque immédiatement : dans la nuit de vendredi à samedi, Tsahal a mené des frappes dans le sud du Liban en riposte à des tirs de roquettes du mouvement chiite, causant plus de vingt‑cinq morts. Israël maintient son engagement envers la trêve, mais revendique la légitimité de représailles. Le Hezbollah, pour sa part, assure avoir agi après une tentative d’infiltration israélienne. Les chancelleries occidentales et les marchés énergétiques observent avec inquiétude cet enchaînement de violations croisées, qui menace directement le cœur du dispositif imaginé pour désamorcer la guerre régionale déclenchée le 28 février.

Malgré cette escalade, le canal diplomatique n’est pas rompu. Les équipes de négociation iranienne et américaine — avec, pour Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le président du Parlement Qalibaf et des responsables pétroliers et bancaires — se trouvent en Suisse pour des discussions techniques dont le démarrage est prévu ce dimanche. La médiation est assurée par le Pakistan et le Qatar. Le vice‑président américain J.D. Vance, parti pour le Bürgenstock, a qualifié la situation d’« apaisée » malgré les titres alarmistes et fixé deux priorités : le programme nucléaire iranien et la consolidation du cessez‑le‑feu au Liban. Téhéran, par la voix de son porte‑parole diplomatique Esmail Baghaei, conditionne toute avancée à la mise en œuvre effective des engagements pris par l’autre partie, faute de quoi le mémorandum lui‑même serait « compromis ». Le sort du détroit d’Ormuz reste suspendu à l’issue de ces tractations sous tension.

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dimanche 21 juin 2026

L’Iran ferme à nouveau le détroit d’Ormuz sur fond d’accusations de violation de la trêve

Téhéran a annoncé le blocage du passage stratégique, imputant à Washington le non-respect du mémorandum d’entente, tandis que les négociations se poursuivent dans la plus grande fragilité.

Le commandement central des forces armées iraniennes a annoncé, samedi 20 juin, la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime, une décision présentée comme une « première réponse » à ce que Téhéran qualifie de « violation claire » du mémorandum d’entente signé le 17 juin avec les États‑Unis. Selon un communiqué diffusé par l’agence IRNA, cette mesure riposte aux attaques israéliennes contre le sud du Liban, que la République islamique assimile à une rupture du cessez‑le‑feu par Washington, incapable, à ses yeux, de contraindre son allié à respecter l’arrêt des hostilités.

Les autorités iraniennes lient explicitement la libre circulation dans le détroit — par où transite environ un cinquième du pétrole mondial — au respect intégral du mémorandum, qui prévoit une trêve de soixante jours sur tous les fronts, y compris libanais. Le quartier général de Khatam‑al Anbiya a prévenu que « si l’agression persiste, des mesures supplémentaires seront planifiées et exécutées pour obliger l’ennemi à honorer ses obligations ». En réponse, le Commandement central américain (Centcom) a affirmé que le passage sécurisé restait garanti, 55 navires marchands ayant traversé le détroit samedi avec plus de 17 millions de barils de brut. Donald Trump a, de son côté, déclaré sur Truth Social qu’aucun péage ne serait exigé durant ni après la période de cessez‑le‑feu, tout en menaçant d’imposer des taxes américaines si aucun accord définitif n’est conclu, justifiant cette éventualité par le rôle de « protecteur » régional des États‑Unis.

La crise met en lumière la fragilité de l’architecture diplomatique esquissée depuis une semaine. Alors qu’un cessez‑le‑feu entre Israël et le Hezbollah était annoncé par Washington et Jérusalem, les combats ont repris presque immédiatement : dans la nuit de vendredi à samedi, Tsahal a mené des frappes dans le sud du Liban en riposte à des tirs de roquettes du mouvement chiite, causant plus de vingt‑cinq morts. Israël maintient son engagement envers la trêve, mais revendique la légitimité de représailles. Le Hezbollah, pour sa part, assure avoir agi après une tentative d’infiltration israélienne. Les chancelleries occidentales et les marchés énergétiques observent avec inquiétude cet enchaînement de violations croisées, qui menace directement le cœur du dispositif imaginé pour désamorcer la guerre régionale déclenchée le 28 février.

Malgré cette escalade, le canal diplomatique n’est pas rompu. Les équipes de négociation iranienne et américaine — avec, pour Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le président du Parlement Qalibaf et des responsables pétroliers et bancaires — se trouvent en Suisse pour des discussions techniques dont le démarrage est prévu ce dimanche. La médiation est assurée par le Pakistan et le Qatar. Le vice‑président américain J.D. Vance, parti pour le Bürgenstock, a qualifié la situation d’« apaisée » malgré les titres alarmistes et fixé deux priorités : le programme nucléaire iranien et la consolidation du cessez‑le‑feu au Liban. Téhéran, par la voix de son porte‑parole diplomatique Esmail Baghaei, conditionne toute avancée à la mise en œuvre effective des engagements pris par l’autre partie, faute de quoi le mémorandum lui‑même serait « compromis ». Le sort du détroit d’Ormuz reste suspendu à l’issue de ces tractations sous tension.

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